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"David Lynch sait si bien raconter des histoires que parfois on a l'impression qu'il en raconte une, alors que ce n'est pas le cas" Roman Polanski

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16 juin 2016 4 16 /06 /juin /2016 20:14

3/5 - EVIL DEAD 2013 (un remake pas si horrible)

Il ne fait aucun doute qu'Evil Dead, l'original de 1981, sera encore et toujours culte lorsqu'on découvrira dans quelques siècles les ossements saturés en uranium de nos petits-petits-petits-petits-enfants. Qu'attendre donc, 32 ans plus tard, du remake d'un film si légendaire. C'est la première question qui vient systématiquement à l'esprit lorsqu'on entame le visionnage de ce "2013", résultat d'un investissement calculé ou d'une réelle bonne volonté de redonner un coup de jeunesse à un film devenu ancien, par ses effets spéciaux notamment.

Quand je revois le premier Evil Dead, la qualité médiocre des effets spéciaux, qui l'était beaucoup moins à l'époque, est pourtant un des éléments que je préfère. Mais l'atout majeur de ce vieux classique reste évidemment, et sans doute pour tous, le charisme incommensurable de Bruce Campbell ! Evil Dead 2013 ne possède aucun des deux. Autant dire que cela part mal !

Et pourtant, Evil Dead 2013, le premier long-métrage de Fede Alvarez, n'est pas désagréable à visionner. Celui-ci s'impose comme un bon film d'horreur fantastique, où le gore assure en solo la tête d'affiche, mais où le suspens tient son petit second rôle. Les acteurs n'apportent pas grand chose, il faut l'admettre, même si, sur la fin, Mia en jette un max, comme on dit. Un film qui satisfera sans doute bien plus ceux qui n'ont pas vu l'original.

Personnellement je ne suis pas un grand amateur de remake. Cela me fait toujours un peu peur. Je crains le jour où un monstre sans scrupule s'attaquera au Silence des Agneaux, par exemple, même si certains remakes ont toutes ma bénédiction, tel que le Dawn of the Dead de Zack Snyder (2004) que j'adore.

EVIL DEAD 2013
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20 décembre 2012 4 20 /12 /décembre /2012 16:53

3/5 - HENRY, PORTRAIT D'UN SERIAL KILLER (Une histoire plus ou moins vraie)

Henry, portrait d'un serial killer (1986) est un film qui retrace un épisode de la vie de Henry Lee Lucas, un célèbre tueur en série américain. Comme le titre le dit assez bien, cette réalisation, signée John McNaughton, fait le portrait psychologique de Lucas. De ce point de vue, Henry, portrait d'un serial killer est un des films les plus justes, voir le film qui décrit le mieux la psychologie et le comportement d'un serial killer.

Au contraire, l'histoire n'est absolument pas fidèle aux faits. On ne parle pas là de quelques libertés prises par les scénaristes (McNaughton et Richard Fire), mais bien d'un remaniement intégral de la réalité. Mais cela n'est pas grave, tout dépend ce que l'on cherche. Il est d'ailleurs à parier que la majorité des gens qui ont vu le film ne connaissait pas les faits exacts et n'a donc vu que du feu.

Henry, portrait d'un serial killer est un récit plutôt lent, dans le rythme des films des années 80. Le résultat est relativement soft, ponctuée de deux ou trois images marquantes de cadavres, mais ne sombrant jamais dans le gore. McNaughton s'est appliqué à créer une ambiance et à poser les personnages, et la suggestion a été préférée aux effusions d'hémoglobine. On pense particulièrement aux bruits quelques peu désagréables d'un corps se faisant dépecer. On imagine très (trop) bien la scène …

McNaughton signait à cette époque le premier des six films qu'il a réalisés pour le cinéma. Le septième, The Harvest, sortira en 2013. Il a notamment réalisé le sympathique Sexcrimes (1998).

Henry Lucas est interprété par Michael Rooker, un acteur qui débute alors au cinéma, mais que l'on reverra régulièrement par-ci par-là, surtout dans des thrillers, des films d'action ou d'horreur. On l'a vu ensuite dans Mississipi Burning, JFK, puis alpiniste aux côtés de Stallone dans Cliffhanger,  en flic casse-couilles dans Bone Collector et, en ce moment, dans le rôle de Merle, dans la série The Walking Dead.

Ottis Toole, est interprété par un Tom Towles qui à l'air d'avoir 20 ans de plus, quand on sait qu'il n'a que 36 ans à l'époque. On va le retrouver ensuite dans quelques bons films d'horreur comme le remake de Tom Savini de La nuit des morts-vivants et dans trois réalisations de Rob Zombie, The Devil's Rejects, Halloween et sa fausse-bande annonce Werewolf Women of the SS. Mais Towles ne se limitera pas au genre horrifique.

Une suite, Henry, portrait d'un serial killer 2, est sortie en 1996, mais a passé plus ou moins inaperçu.

Je l'ai dit au début de cet article, le film de McNaughton s'éloigne énormément de la réalité. Cette "infidélité" se termine en apothéose avec la fin du film. Mais pour en parler, il faut revenir un peu sur l'histoire d'Henry Lee Lucas et d'Ottis Toole., et passer par du spoiler, au niveau du film. Alerte donc à ceux qui seraient intéressés à voir le film, sans en connaître le dénouement et les principaux éléments.

[LOURD SPOILER/on]

Comme je le disais, la principale divergence entre le récit et les faits réels se trouve tout à la fin. Plus précisément lorsque Henry tue Ottis. Lorsque l'on interroge Ottis Toole à ce sujet, celui-ci dit que c'est impossible, que cela ne se peut pas, qu'Henry ne l'aurait jamais tué. Il faut dire qu'Ottis Toole est relativement limité et qu'il ne discerne pas bien la différence entre un film et la réalité. Toole comme Lucas ont un QI plus bas que la moyenne, comme la plupart des serial killers, aux alentours de 70-80.

[LOURD SPOILER/off]

[LEGER SPOILER/on]

Par contre, le film fait l'omission d'une des grandes caractéristiques d'Ottis Toole : son amour pour la chaire humaine et sa célèbre sauce BBQ. En effet, Ottis Toole aimait apparemment beaucoup composer ses repas avec les restes de leurs victimes.

Dans le film, Becky vient perturber la dynamique du couple Lucas-Toole. En fait, dans le contexte du film, on devrait plutôt parler de tandem, car aucune relation amoureuse n'est suggérée. Au contraire, dans la réalité, les deux hommes forment un couple homosexuel. Mais dans le film, la jeune Becky va se mettre entre les deux hommes, plus ou moins volontairement. Au début, cela pourrait être mis sur le compte d'une attirance amoureuse entre Henry et Becky, mais on verra à la fin que ce n'est pas le cas. On le pressent déjà à un moment du film où Becky lui dit qu'elle l'aime et où Lucas lui répond : "I guess I love you too", soit "j'imagine que je t'aime également". Cette finalité est cohérente avec la personnalité d'un psychopathe qui est incapable de ressentir le moindre sentiment. Il peut savoir qu'une chose est bien ou mal, parce qu'on le lui a dit, mais sans comprendre pourquoi. Un être humain n'a pas vraiment plus d'importance qu'une voiture. C'est un objet qui permet d'attendre un ou plusieurs objectifs. Ils ne montrent d'ailleurs aucun remord pour ce qu'ils font. Cela dit, Henry Lee Lucas a effectivement dit être tombé amoureux de Becky, mais on ne sait pas vraiment ce que cela signifie pour lui. A cette époque, en 1979, Lucas a 43 ans, alors que Becky n'en a que 12.

Le film n'indique pas non plus le nombre de victimes du tandem. On est conscient qu'il y en a eu plusieurs, mais sans pouvoir dire combien. Peut-être 10, ou 20. En réalité, Henry Lucas est soupçonné de 157 meurtres, dont 108 perpétrés avec Ottis Toole. Très manipulateur, Lucas va en avouer une multitude d'autres, pour ralentir les procédures judiciaires et fausser les pistes. Au final, on ne saura jamais combien de personnes ils ont tué exactement. Lucas a été jugé et condamné pour bon nombre de ces meurtres, mais beaucoup n'iront pas en procès pour des questions financières et d'images médiatiques. Surtout qu'à partir d'un moment, il devient inutile d'accumuler les peines de mort et de perpétuité.

[LEGER SPOILER/off]

 

Biographies succinctes

 

Henry Lee Lucas

Henry est né en 1936 en Virginie (USA). Son père est amputé suite à un accident de train (et pas à cause d'un camion, comme dans le film). Sa mère est une femme repoussante qui ne se lave jamais. Cela ne l'empêche pas de se prostituer. Elle écarte les jambes pour 50 cents et oblige toute sa famille à regarder.

Sa mère habille Henry comme une fille et lui laisse pousser de longs cheveux bouclés. Suite à deux accidents successifs, Henry devient borgne. Comme dit plus haut, des tests révèlent un QI en-dessous de la moyenne. Il montre deux facettes. Il est parfois souriant et sociable et parfois renfermé et terne. En prison, se révèlent chez lui des tendances homosexuelles, aussi bien passives qu'actives.

Comme évoqué dans le film, il tue effectivement sa mère, avec un couteau, alors qu'il a 24 ans. Alors qu'il purge sa peine en prison, il est transféré quelques temps en hôpital psychiatrique, après plusieurs tentatives de suicide. Il purge finalement 10 ans sur les 20 de sa condamnation. Après à peine plus de un an il retourne en prison, cette fois pour 3 an et demi. Il est condamné pour deux tentatives de kidnapping.

Contre toute attente, Henry se marie en décembre 1975. Sa femme, Betty Crawford est touchée par la manière dont il s'occupe de ses deux filles. La pauvre Betty juge mal le bonhomme, puisque celui-ci va ensuite régulièrement violer les deux fillettes.

Toute sa vie, Henry ne cesse de bouger, de déménager et de repartir sur la route. Il ne garde jamais un travail plus de quelques jours. En 1979, alors qu'il séjourne à Jacksonville (Fl), il tombe sur Ottis Toole, qu'il a rencontré par le passé, dans un bar de Pennsylvanie. Le duo est formé et la chasse va commencer.

 

Ottis Toole

Ottis est né en 1947, à Jacksonville. Son père est alcoolique et sa grand-mère est sataniste, alors que sa mère semble plutôt équilibrée. En effet, à 5 ans, sa grand-mère, une sorcière sataniste, l'emmène déterrer des cadavres dans des cimetières. Ottis est un garçon attardé (QI de 75) et très timide, toujours dans les jupons de sa maman.

Il est initié au sexe par sa sœur Drusilla, elle-même dépucelée à l'âge de 10 ans. Il est également abusé par son père, puis son beau-père. Pour en rajouter une couche, Drusilla le prostitue alors qu'il est âgé de 6 ans. C'est ce qu'on peut appeler une enfance difficile.

Très jeune déjà, Ottis Toole est obnubilé par le feu. Il ressent une profonde excitation en allumant des feux et en les observant. Evidemment, plus le feu est grand et plus l'excitation est forte. Il allume donc des incendies.

A 8 ans, Ottis commence aussi à boire beaucoup d'alcool et à prendre des drogues. A 12 ans, il est envoyé en maison de correction pour vol de bicyclette. Il est ensuite arrêté à 17 ans pour prostitution (3 mois d'emprisonnement), puis pour vol de batterie de voiture (90 jours) et encore pour vol de voiture (2 ans). Il alterne donc des périodes de liberté très courtes et des séjours en prison plus ou moins longues. A 25 ans, il a déjà 13 condamnations à son actif. A 14 ans, Ottis Toole commet son premier meurtre.

Entre temps, sa sœur Drusilla a trois enfants dont Lorraine "Becky" Powell (1967), la Becky que l'on retrouve un peu différemment dans le film. Ottis, lui, se marie, mais sa femme s'en va après seulement trois jours, à cause de ses tendances homosexuelles.

En 1974, à 27 ans, Ottis Toole part sur la route. C'est un serial killer nomade, comme Lucas, qui aime bouger.

En 1977, Ottis Toole se remarie, avec une femme de 24 ans sont ainée. Cependant, il continue à ramener des hommes dans le lit conjugal.

En février 1979, il retrouve Henry Lee Lucas, qu'il ramène chez lui et à qui il propose de rester. Ils vont alors découvrir qu'ils partagent une passion commune, celle du meurtre.

 

Lucas et Toole

Lorsqu'ils tuent, les deux hommes sont souvent accompagnés de Becky et de son frère Franck Jr. Les cadavres sont régulièrement violés par les deux hommes. Ottis aime également cuir de la chair au barbecue et la déguster avec sa sauce maison, devenue célèbre de manière quelque peu macabre. Cela dit il affirme qu'elle est bonne sur toutes les viandes. Ils prétendent aussi avoir tué de nombreuses victimes pour une secte appelée The Hand of Death (La main de la mort), mais dont on ne trouva jamais aucune trace.

Après la mort de Drusilla, Becky part sur la route avec Lucas. Toole se sent alors totalement abandonné. Pour compenser, il tue et allume des incendies. A la fin 1982, Lucas est intercepté seul par la police. Il est soupçonné pour le meurtre d'une vieille femme pour laquelle il a travaillé avec Becky. Becky est quant à elle introuvable.

Il avoue, en 1983, avoir tué beaucoup de gens, dont Becky Powell. Il avoue une centaine de crimes, avant de se rétracter pour ne garder que celui de sa mère. Il sera ensuite jugé et condamné à de multiples peines. En 1998, George Bush Jr commue sa peine de mort à la perpétuité, une étonnante décision dans un état comme le Texas, pro peine de mort. La raison fut que le témoignage de Lucas manquait de preuves.

Toole est quant à lui déjà en prison à ce moment-là, à cause de deux complices incendiaires qui l'ont dénoncé. Après les aveux de Lucas, il confirme ses dires et signes ses propres aveux. Il est lui aussi jugé et condamné à des peines de mort et de réclusions à perpétuité. Il est mort en 1996, au pénitencier de Florida State Prison, pas du bras vengeur de la justice, mais suite à une maladie du foie liée au sida. Lucas est lui mort d'une crise cardiaque, dans sa cellule, en 2001.

 

Sources :

Le livre noir des serial killers, Stéphane Bourgoin, Grasset (2004)

Les serial killers sont parmi nous, Stéphane Bourgoin, Albin Michel (2003)

Deux livres que je conseille fortement pour tous ceux qui s'intéressent aux tueurs en série, comme d'ailleurs tous les livres de Stéphane Bourguoin sur le genre.

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18 décembre 2012 2 18 /12 /décembre /2012 23:09

3/5 - CASINO ROYALE (Version de 1967)

En citant Casino Royale, on a tous en tête le James Bond sorti en 2006, où l'agent secret du MI6 est interprété pour la première fois par Daniel Craig. Cette réalisation de Martin Campbell fut produite par EON Productions, soit la société qui a produit toutes les adaptations officielles des romans de Ian Fleming.

Mais la plupart des gens ne connaissent pas la première version de Casino Royale, sortie en 1967. Plus précisément, c'est en fait la deuxième version puisqu'une première est sortie à la télévision en 1954, sous la forme d'un épisode de la série Climax!. James Bond était alors interprété Barry Nelson et Le Chiffre par Peter Lorre (M le maudit). Pour revenir au film de 1967, cette version, dirigée par pas moins de 6 réalisateurs (un non crédité), est hautement parodique. Le thriller d'espionnage est totalement tourné en dérision. L'humour est parfois un peu dépassé, à notre époque, mais pas tant que ça. On y reconnaît un mélange d'humour anglais et américain, faisant généralement ni l'un ni l'autre preuve d'une grande finesse. Par moments, cela devient réellement n'importe quoi.

Dans l'histoire, James Bond est sollicité par M et 3 autres représentants de la France, des Etats-Unis et de la Russie pour sortir de sa retraite et combattre Le Chiffre. Cependant, il refuse, même alors que c'est la Reine qui le demande. M fait alors exploser le château de Sir James Bond pour l'obliger à réintégrer le MI6. Malheureusement le pauvre M périt dans cette tentative. A quelque chose malheur est bon, puisqu'à la suite de cette mort tragique, Bond reprend du service, prenant la tête des Services Secrets de sa Majesté.

Comme sa vie est en danger, il invente un stratagème imparable. Dorénavant, tous les agents secrets se nomment James Bond et ont comme code 007.

Le vrai Bond est interprété par David Niven, soit l'acteur qu'aurait voulu Ian Fleming pour incarner son héros. Ce Bond est bien différent de celui que l'on connaît. C'est un Bond vieillissant, qui bégaye, insensible aux belles femmes et estimant que tous les gadgets utilisés par les services secrets sont ridicules.

Le film est plutôt décousu est irrégulier, à cause du nombre de réalisateurs. Il y a aussi Peter Sellers qui disparaît soudainement du récit. Cela est dû au fait qu'on ait parfois du se priver de lui à cause de ses absences répétées. Par contre, tout se finit en apothéose, avec une scène parfaitement burlesque. On y voit notamment des paras indiens, il faut comprendre peaux rouges, dont les parachutes sont en fait des tipis. Les renforts américains sont également représentés par une horde de cowboys, alors que les français le sont par un Jean-Paul Belmondo habillé en légionnaire. Autant dire du grand n'importe quoi ! Enfin, cela pourrait paraître loufoque si l'on n'avait pas rencontré plus tôt Mata Bond, la fille de James Bond et de Mata Hari ainsi que son neveu Jimmy Bond, alias le Dr Noah.

A l'affiche de ce film totalement dingue, un casting tout aussi fou. Il réunit certains des tous grands du cinéma. Cela va des rôles principaux (David Niven, Peters Sellers, Ursula Andress, Woody Allen) aux seconds rôles (Orson Wells, Deborah Kerr) en passant par des apparitions en guest stars (John Huston, William Holden, Jean-Paul Belmondo, Jacqueline Bisset). Il faut dire que le budget était particulièrement élevé pour l'époque, puisqu'il était d'environ 12 mio de $. En comparaison, les adaptations officielles Opération tonnerre (1965) et On ne vit que deux fois (1967) avaient des budgets de 5'600'000 $ respectivement 9'500'000 $. Les 12 mio de Casino Royale ne seront dépassés qu'à partir du 10ème James Bond, L'espion qui m'aimait (14 mio $), en 1977. Pour comparer des chiffres incomparables, ne serait-ce que parce qu'ils sont séparés de près de 50 ans, le budget estimé pour la version de Casino Royale de 2006 était de 150 mio de dollars.

Pour l'anecdote, la suissesse Ursula Andress parodie une franchise à laquelle elle a déjà participé, 5 ans plus tôt, dans le premier épisode de la saga, James Bond 007 contre Dr. No.

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3 décembre 2012 1 03 /12 /décembre /2012 22:34

3/5 - L'EXORCISME D'EMILY ROSE (surnaturel ou rationnel ?)

L'exorcisme d'Emily Rose est un film réalisé en 2005, par Scott Derrickson.

Avec cette histoire contée au procès, devant la cour, Derrickson nous présente l'exorcisme d'une manière totalement neutre. Du début à la fin, la mort d'Emily Rose nous est racontée, par chacune des parties, tantôt d'un point de vue médical et cartésien, tantôt d'un point de vue spirituel et religieux. En assistant à un procès, on bénéficie d'une double argumentation quant à la réelle version des événements. Nous penchons alors par alternance en faveur de la thèse médicale ou en faveur de celle faisant intervenir des puissances occultes. On se prend alors volontiers au jeu. Ce film à l'avantage de mettre à l'épreuve nos croyances et notre crédulité. Il nous montre aussi qu'un même événement peu revêtir deux explications totalement opposées selon ses croyances et sa vision des choses. A la fin, chacun tirera donc les conclusions qui lui plaisent le plus.

Cette histoire est totalement plausible puisqu'elle est en fait tirée d'un fait divers authentique,  l'histoire d'Anneliese Michel (1951 - 1976). Dans les années 70, cette allemande a subi plusieurs exorcismes, à l'âge de 24 ans, alors qu'on la supposait possédée. En 68, un médecin lui diagnostiqua une épilepsie, expliquant ses crises de tremblement, suivies d'hallucinations. Cinq ans plus tard, ses parents, très pieux, demandèrent la pratique d'un exorcisme à plusieurs prêtres qui refusèrent, en préconisant de s'en tenir au traitement que la jeune fille suivait. L'exorcisme fut finalement accordé en 75. Anneliese disait que des démons l'empêchaient de manger, insultait tout le monde, hurlait à longueur de journée, mangeait des insectes, brisait des crucifix et j'en passe. Elle pratiqua également la génuflexion, l'acte de se mettre à genoux, jusqu'à ce que ceux-ci se brisent.

Contrairement au film, on pratiqua sur Anneliese au moins un exorcisme par semaine, pendant plus d'une année ! Lorsqu'elle mourut, à 25 ans, les deux exorcistes et les parents furent inculpés d'homicide par négligence, pour être allés à l'encontre des prescriptions des médecins, qui avaient diagnostiqué une épilepsie accompagnée de schizophrénie. Les symptômes collaient effectivement parfaitement avec une schizophrénie très prononcée. Ils furent condamnés à 6 mois de prison, mais au final, aucune des deux thèses ne fut réellement prouvée.

En 2006, Requiem, de l'allemand Hans-Christian Schmid, retraça également les faits de cette triste histoire.

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9 octobre 2012 2 09 /10 /octobre /2012 09:59

Black Christmas

Une trame identique mais une manière de la présenter très différente, pour l'original et le remake, séparés de 32 ans. Une maison d'étudiantes est prise d'assaut par un maniaque, à la veille de Noël. Des coups de téléphone anonymes du tueur alimentent le sentiment d'insécurité grandissante des jeunes étudiantes. Et au fur et à mesure, les morts se succèdent.

 

3/5 - L'original (1974)

Réalisé par Bob Clark (qui n'a pas vraiment d'autres œuvres marquantes à son actif)

Beaucoup plus politiquement incorrect, ce film des années 70 est marqué par bien plus de provocation.

De l'horreur plus suggérée, plus de tension. La transmission de l'horreur est principalement basée sur des sons agressifs, alors que le visuel est suggéré.

Bob Clark prend du temps pour poser l'histoire et les personnages. Quand au rôle important de la police, celui-ci est totalement supprimé dans le remake.

Ce Black Christmas comporte des scènes plus réfléchies, comme celle du meurtre sur fond de cœur d'enfants, chantant gaiement des comptines de Noël devant la maison.

Avec également plus de subtilité. On ne voit jamais vraiment le monstre psychotique, même à la fin, et on ne saura jamais qui c'est.

 

Avec Margot Kidder, que l'on verra ensuite endosser le rôle de Loïs Lane, dans Superman (I, II, III et IV).

 

Le remake (2006) : voir BLACK CHRISTMAS 2/2

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23 juin 2012 6 23 /06 /juin /2012 23:53

3/5 - LE CHOC DES TITANS (Dieux contre humains)

Dans le registre mythologique, avant Les Immortels, évoqué précédemment, il y a eu Le Choc des Titans (Clash of the Titans), un an plus tôt, en 2010. La même année, Percy Jackson faisait une intrusion dans la mythologie, puisque le gamin est le descendant de Poséidon. Le film est l'adaptation d'une série de 5 livres mêlant la mythologie grecque à la vie d'un jeune garçon de notre époque. Même si ces histoires relèvent surtout du conte pour enfants, elles font tout de même référence à la mythologie.

Pour revenir au Choc des Titans, ce film est beaucoup plus fidèle que Les Immortels, même s'il est entaché d'une bonne dose de romance (comme si cela était nécessaire de romancer de la mythologie !). Par exemple, le personnage Lo (Gemma Arterton) ajoute essentiellement une dimension romantique. Elle et Persée finissent forcément par tomber sous le charme l'un de l'autre. Le Choc des Titans prend aussi quelques largesses par rapport à la vie de Persée.

Persée est effectivement le fruit de l'union entre le Dieu Zeus et l'humaine Danae, ce qui fait de lui un demi-Dieu. Mais ensuite, lui et sa mère furent jetés à la mer par son grand-père Acrisios, et non pas par son beau-père, le roi Acrisius. Dans la mythologie, Polydectès, qui les recueille, envoie Persée tuer la Gorgone, en espérant qu'il n'en revienne pas et qu'il puisse ainsi séduire Danae. Dans le film, il doit tuer le Kraken, pour sauver la ville d'Argos, la vie d'Andromède, fille du roi Cépheus et de Cassiopée, et empêcher Hadès de prendre le contrôle de la Terre. Le film s'inspire donc fortement de la trame narrative mythologique, tout en transformant certains des principaux éléments de l'histoire.

Si l'on arrête de comparer Le Choc des Titans à la mythologie et que l'on se contente de le considérer de manière isolée, celui-ci se situe dans la lignée des bons films du genre, avec ses monstres fantastiques, ses Dieux, et ses humains grands aventuriers et grands guerriers.

Le rôle de Persée est soutenu par Sam Worthington, découvert pour ma part en 2009, dans Terminator renaissance et Avatar. L'Olympe est dirigé par Liam Neeson (Zeus), alors que Ralph Fiennes (Hadès) règne en Enfer.

Le Choc des Titans est une réalisation du français Luis Leterrier. Il signe là un cinquième long-métrage après des films d'action comme Le Transporteur, Le Transporteur II, Danny The Dog et The Incredible Hulk, bien mieux que le Hulk de 2003.

A noter que ce Choc des Titans est un remake du film du même nom, de 1981.

En 2012, est sortie la suite, La Colère des Titans., réalisé par Jonathan Liebesman (Massacre à la tronçonneuse - Le commencement, The Killing Room, World Invasion: Battle Los Angeles). Les trois acteurs principaux (Worthington, Neeson et Fiennes) reprirent leur rôle, pour cette suite réussie.

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21 juin 2012 4 21 /06 /juin /2012 20:48

3/5 - LES IMMORTELS (Libertés esthétiques sur la mythologie)

Quand Tarsem Singh s'attaque à la mythologie grecque, cela donne un résultat très très beau, mais un film pas vraiment fidèle. Selon la mythologie, les Titans on bien été emprisonnés dans le Tartare. Cependant, le Tartare n'est pas un mont, mais un gouffre aussi profond que la distance qui sépare la surface de la Terre au ciel. Mais ceci n'est que le prénom, car Hypérion ne les a pas libérés. Hypérion qui n'est d'ailleurs pas roi d'Héraklion, au contraire de Minos, mais un Titan, fils d'Ouranos et de Gaia, et père d'Hélios, le dieu du Soleil. Quant à Thésée, s'il est un des plus grands rois d'Athènes et un des plus fameux héros de l'Attique, il n'a jamais combattu Hypérion. Le film s'inspire en fait très librement de plusieurs mythes qu'il entremêle et modifie. On retrouve par exemple des éléments de l'affrontement entre Thésée et le Minotaure, ici faussement représenté par un malabar masqué d'une tête de Taureau grillagée. Le masque d'Hypérion, lui, fait penser à un mélange de Sauron (Le Seigneur des Anneaux) et de l'étrange vision de Donnie Darko. Quant à Phèdre, elle est un doux mélange entre la Phèdre de la mythologie et l'oracle de Delphes. Là, la Pythie rentrait en transe et dispensait des paroles confuses qui étaient interprétées par des prêtres. Celles-ci sont plutôt bien représentées dans le film 300 (Zack Snyder, 2006), lorsque Leonidas va consulter l'Oracle, au début de l'histoire. Phèdre fut effectivement prise comme épouse par Thésée, mais leur union fut moins romantique que dans le film, puisque celle-ci du le partager avec sa sœur Ariane.

On est donc très loin de la mythologie, on va même jusqu'à la bafouer, on s'en moque en fait, peut-être sous prétexte que ce ne sont que des croyances. Qu'à cela ne tienne, Les Immortels est un film visuellement très esthétique, comme tous les films du réalisateur indien (The Cell, The Fall, Blanche-Neige). Tarsem Singh insiste toujours sur les couleurs, leur pureté, leur intensité, et le résultat est agréable.

Mais alors, qu'en retire-t-on, à par cette beauté subjective, ce plaisir pour les yeux ? Et bien pas grand-chose, mais cela peut suffire. Et finalement, ceux qui ne s'intéressent pas à la mythologie, ou qui ne la connaissent pas, ne se formaliseront sans doute pas des libertés prises par les scénaristes. On notera que ce n'est parce que l'on porte un nom à consonance grecque que l'on connaît ses classiques de la mythologie, puisque le scénario est signée par les frères Parlapanides.

A l'affiche, Mickey Rourke par vraiment impressionnant en Roi Hypérion, Freida Pinto (Phèdre) découverte dans Slumdog Millionaire, Henry Cavill (Thésée) découvert dans la série Les Tudors, Luke Evans (Zeus) qui avait déjà interprété Apollo dans Le Choc des Titans (2010) et John Hurt en guest star.

Les Immortels (Immortals), réalisé par Tarsem Singh, en 2011.

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13 juin 2012 3 13 /06 /juin /2012 09:04

3/5 - AGITATOR (Dispute familiales)

Agitator (Araburu tamashii-tachi) est un excellent film se déroulant exclusivement dans le monde des yakuzas, un thème récurrent de la filmographie de Takashi Miike (Graine de Yakuza, Rainy Dog, Bird People in China, Blues Harp, Ichi the Killer, Graveyard of Honor, ...). On le sait ou on l'apprend, la vie d'un yakuzas est un mélange d'ultraviolence, d'honneur et d'esprit de clan.

L'équilibre dans la hiérarchie des clans, réunis en famille, est très fragile. Il suffit d'un rien pour que le sang se mette à couler et qu'une guerre décime les rangs. Le motif principal pour se battre n'étant pas l'argent, mais la réparation d'un honneur bafoué. C'est ainsi que tout va basculer dans Agitator. L'escalade de la violence devient vite incontrôlable, malgré des tentatives de jeux de pouvoir et d'alliances.

Agitator (2001), de Takashi Miike.

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11 juin 2012 1 11 /06 /juin /2012 14:28

3/5 - GIRLFRIEND EXPERIENCE (La vie d'une escort girl)

Girlfriend Experience est un film réalisé en 2009, par Steven Soderbergh (Traffic, Ocean's Eleven, Contagion), qui parle de la vie de Christine, ou Chelsea, escort girl. On l'accompagne dans une tranche de sa vie, au travers de différentes discussions. Des discussions qu'elle a avec une amie, son petit ami, un journaliste ou tout simplement avec ses clients. Car au final, son métier ressemble plus à celui d'une psychologue qu'à celui d'une prostituée. Ses clients, hommes d'affaires riches, profitent des instants passés avec Chelsea pour se décharger émotionnellement. Ils lui parlent de leurs différents problèmes, après être allé voir un film au cinéma, et avant de coucher. Christine joue le rôle de la petite amie que l'on voit régulièrement. Tantôt elle reçoit les confessions de ces hommes, tantôt c'est elle qui se confie.

Christine est une femme comme les autres, avec des sentiments. Comme lorsqu'elle tombe amoureuse d'un client, ce qui la pousse à remettre en cause sa relation avec son conjoint. Girlfriend Experience est le portrait d'une femme émotionnellement fragile, en recherche d'amour, et qui accorde un peu trop facilement sa confiance.

Le film est marqué par une très belle photographie, dans les couleurs, le cadrage. Il est composé de scènes courtes, qui ne sont pas liée dans un ordre chronologique. L'essentiel est exprimé par les dialogues, omniprésents tout au long du film, et qui sont très agréables. Girlfriend Experience, comme souvent chez Soderbergh, est construit quasiment comme un documentaire. Les dialogues sonnent comme des témoignages. Le spectateur s'immisce dans la vie de Christine Brown de manière très discrète, afin d'y récolter un maximum d'authenticité. Cela se ressent par le point de vue de la caméra. On observe les scènes de loin, de derrière une vitre, en contre-plongée. On a sans arrêt l'impression d'être caché, d'être réellement présent, mais sans que les personnages ne puissent nous voir.

L'année 2009 marque un tournant dans la carrière de la star du X Sasha Grey. Pendant cette année, elle tourne ses premiers films hors du cinéma X, avec Girlfriend Experience et le mauvais film d'épouvante Smah Cut. Sa première apparition dans le cinéma hollywoodien remonte en fait même à 2007, avec Homo Erectus, une médiocre comédie potache à l'américaine. Elle apparaît ensuite dans 2 ou 3 films pas vraiment connus et joue son propre rôle dans plusieurs épisodes de la série Entourage, en 2010.

On la retrouvera bientôt dans Skinny Dip, dans lequel elle interprète une femme qui a soif de vengeance, après la mort de son petit-ami. On la retrouvera aux côtés d'icones du cinéma d'exploitation telles que Danny Trejo, Michelle Rodriguez, Pam Grier, Brigitte Nielsen, ou encore Bill Moseley.

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20 avril 2012 5 20 /04 /avril /2012 16:49

3/5 - LA DERNIERE TENTATION DU CHRIST (Conte d'antant)

Pourquoi regarder un film datant de 1988 et retraçant la fin de la vie de Jesus, lorsque l'on ne croit absolument pas en Dieu, aux textes bibliques, et que l'on a même une certaine aversion pour (presque) tout ce qui caractérise les religions ? C'est la question que je me suis posée, moi qui refuse toute aliénation, individuelle ou collective, toute soumission aveugle, et qui condamne le dicta des chefs religieux, soi-disant plus en connexion avec le tout-puissant que le croyant lambda débordant de foi. Je respecte ceux qui croient en quelque chose, même si ce n'est pas mon cas, mais ne crois ni à l'authenticité des textes bibliques, ni à la relation privilégiée que revendiquent les religieux de métier, et encore moins qu'un Dieu miséricordieux attache de l'importance à la grandeur et à l'opulence des lieux de culte.

Mais je m'éloigne du sujet et de la question initiale : Pourquoi regarder La dernière tentation du Christ ?

Premièrement, parce que réalisateur est Martin Scorsese, un des Dieux du cinéma, justement. La liste des films de Scorcese que l'on a envie de citer est interminable : Taxi Driver, Raging Bull, La Valse des pantins, Les Affranchis, Les Nerfs à vif, Casino, Gangs of New York, Aviator, Les Infiltrés, Shine a Light, Shutter Island, Hugo Cabret, … et pour ne citer que les plus connus. En 2010, il a également réalisé le premier épisode de la série Boardwalk Empire.

Deuxièmement, pour en apprendre un peu plus sur l'histoire biblique, mais d'une façon ludique. En tout cas plus ludique que de lire la Bible. Cela dit, il est bien précisé que le film est basé sur le livre de l'écrivain grec Nikos Kazantzakis, intitulé La Dernière tentation, et non pas sur les textes sacrés.

Voilà donc déjà deux bonnes raisons de se lancer. Il ne m'en a pas fallu plus. J'ai vu et je ne sais ma foi pas quoi penser de La dernière tentation du Christ, une sorte de road movie biblique, ou plutôt spirituel.

Jésus (Willem Dafoe) est un homme tourmenté. Celui qui fabrique des croix pour les romains entend sans cesse Dieu s'adresser à lui. Il se présente en premier lieu comme un révolutionnaire. Contrairement à Judas (Harvey Keitel) qui veut lutter contre les romains par les armes, Jésus veut lui changer l'homme. Il aspire à ce que les violents et les riches, modifient leur comportement par Amour, au profit des pauvres et des malades. Il se découvre un talent d'orateur. C'est par ses discours d'Amour qu'il arrive à réunir des fidèles autour de lui. Il a des idées bien arrêtées et arriver à convaincre son entourage. En fait, le Messie s'apparente à une sorte de hippie avant l'heure, croyant à l'Amour universel et à sa force bénéfique.

Il a d'ailleurs des hallucinations, qui ne sont en l'occurrence pas provoquées par des stupéfiants en tous genres, mais par un jeûne de plusieurs jours. Pour l'instant rien de surnaturel, et encore moins de divin. Par contre, ces apparitions (son cœur, sous la forme d'un lion, Satan sous celle d'une flamme ardente), diminuent sa foi en l'Amour et l'incite à prendre la hache pour se battre.

Personnellement je ne peux comparer ce film avec la Bible, tant mon ignorance du texte n'a d'égal que mon désintérêt. Je le juge simplement sur le peux que j'y connais, sur l'histoire en tant que conte, et sur la manière dont elle est racontée par Scorcese.

Quoi qu'il en soit, Jésus réalise tout de même quelques miracles. Il commence par soigner un aveugle (ou peut-être que celui-ci avait juste les yeux encroûtés après une longue nuit de sommeil). Ensuite, il change de l'eau en vin (mais il est tout a fait plausible que le vin manque parce que l'organisateur de la fête en a bien assez bu, et qu'il s'est trompé sur le contenu de deux cruches). Puis, il ressuscite Lazare. Là encore, on a pu croire qu'il était mort, alors qu'il était inconscient, ou qu'il avait fait un arrêt cardiaque temporaire. Non mais stop, que l'on m'arrête, je blasphème de manière outrancière. Tout ce que je soutiens, c'est qu'une explication raisonnable est sûrement imputable aux miracles attribué à Jésus de Nazareth. Peut-être ont-ils tout simplement été inventés pour ajouter quelques lettres de noblesse à son CV, afin de lui donner encore plus de crédit.

Finalement, Scorcese nous le présente comme un homme, tout simplement. Pas un surhomme. Un homme qui veut servir Dieu, mais qui ne sait pas vraiment ce qu'il doit faire. Jusque sur la croix, Jésus est tiraillé entre le désir d'être un homme comme les autres, avec une vie paisible, une femme et des enfants, ou être le Messie, et mourir pour son Dieu. Personnellement je retiendrai ce message de Jésus : "peu importe la vérité, seul ce que les gens croient compte". Je pense que cette phrase définit parfaitement la notion de foi. Pour moi, les écritures religieuses sont à considérer comme des contes. Des histoires avec des idéologies, que l'on a réussi à vendre, siècles après siècles, peut-être parce qu'elles donnent tout simplement de l'espoir.

A l'affiche, on retrouve un grand Willem Dafoe (Platoon, Sailor & Lula, Animal Factory, Spider-Man), dans le rôle de Jésus, soutenu de près par Harvey Keitel (Thelma & Louise, La Leçon de Piano, Reservoir Dogs, Pulp Fiction), dans le rôle de Judas. On retient également les présences remarquées d' Harry Dean Stanton (Paul) et de David Bowie (Ponce Pilate).

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Pour la petite histoire, Scorcese est de ces réalisateurs qui témoignent une certaine fidélité avec ses acteurs. Ceux qui ont le plus tourné avec lui sont :

Harvey Keitel : débute sa carrière cinématographique avec I call first, Mean Streets, Alice n'est plus ici, trois films de Scorcese, puis dans Taxi Driver, La dernière tentation du Christ.

Robert de Niro : Mean Streets, Taxi Driver, New York, New York, Raging Bull, La Valse des pantins, Les Affranchis, Les Nerfs à vif, Casino,

Leonardo DiCaprio : Gangs of New York, Aviator, Les Infiltrés, Shutter Island et prochainement The Wolf of Wall Street (2013).

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