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"David Lynch sait si bien raconter des histoires que parfois on a l'impression qu'il en raconte une, alors que ce n'est pas le cas" Roman Polanski

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4 février 2017 6 04 /02 /février /2017 12:34

HER

4/5 - HER (amour authentique et virtuel)

Il y a tant et si peu à dire de Her. J'y repense depuis plusieurs jours et je sais qu'il restera bien placé dans un coin de ma tête, à hauteur d'yeux, dans la bibliothèque, par exemple. Her m'a touché par sa profonde sincérité et par la sincérité absolue des personnages ; Theodore (Joaquin Phoenix), bien sûr, mais également Samantha. Car jusqu'à la fin, les paroles de cet OS (système d'exploitation), sublimées par la voix enveloppante de Scarlett Johansson, sont pleine de vie et de sentiments. Elles sonnent juste et on doit sans cesse se rappeler que la voix qui sort de l'oreillette de Theodore appartient à un programme informatique.

Her nous fait nous interroger sur l'intelligence artificielle, mais surtout sur les mécanismes de l'amour. C'est très troublant de voir Theodore ressentir de la jalousie vis-à-vis de Samantha, pour un être qui n'existe pas, serait-on tenté de dire. Et pourtant cette voix existe belle et bien. Elle répond répond à chaque question de manière improvisée, elle pose à son tour des questions personnelles, elle exprime des sentiments, des avis, des désirs, etc. Tout ce qui manque à Samantha, ou plutôt à Theodore, c'est une présence physique.

Leur amour est ainsi un amour platonique, un amour purement émotionnel. Bien sût, ils font tout de même l'amour, comme des amoureux séparés font l'amour par téléphone. L'amour physique, si vital, finit toujours par s'imposer d'une manière ou d'une autre. Jouissance, reconnaissance, bonheur, on ne saurait se passer des plaisirs et des sentiments qu'il procure.

Le thème des sentiments vrais est également abordé par le travail de Theodore : écrire des lettres pour le compte de gens que l'on imagine maladroits en écriture plutôt que paresseux. Theodore est un nègre de la correspondance intime et il excelle dans ce rôle. On est admiratif à la lecture de ses textes plein dont les belles tournures expriment à merveilles les sentiments les plus difficiles à communiquer. Pourtant, si l'on recule de trois pas pour agrandir son champs de vision, nous avons affaire là à un créateur de faux sentiments, à un faussaire émotionnel, le même qui aspire à une relation honnête et authentique.

Plus tard, Her nous montre comme l'état amoureux peut modifier notre perception des choses, mais également comme on peut subitement devenir aveugle ou naïf d'une certaine manière. Mais je n'en dirais pas plus. Parce que l'on connaît tous ce que c'est d'être amoureux, peut-être à différents degrés, mais surtout parce que Her doit se voir en en connaissant le moins possible avant. Chaque minute se découvre avec curiosité. On se laisse emporter dans cette histoire d'amour qui se vit sans se poser de questions et c'est assez marquant.

Sorti en 2013, Her est signé par l'américain Spike Jonze (réalisation et scénario), à qui l'on doit Being John Malkovitch et Adaptation, mais également des clips pour des groupes comme Bjork, Fatboy Slim, Chemical Brothers, Beastie Boys ou encore REM. On lui doit notamment Sabotage des Beastie Boys et le merveillex Weapon of Choice de Fatboy Slim, avec Christopher Walken.

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17 juillet 2016 7 17 /07 /juillet /2016 18:53

4/5 - FAUX REPORTAGES

Pour ceux qui n'aiment pas regarder de vrais reportages, le cinéma propose régulièrement et parfois avec beaucoup de talent de faux reportages. En voici trois qui valent le détour :

CHONICLE (2012) - Ados super-héros

Pas facile d'être ados et encore moins facile de développer dans le même temps des super-pouvoirs. C'est ce que découvre trois adolescents. Chacun intègre ses nouveaux pouvoirs à sa manière, selon son caractère, sa vie de famille ou encore sa popularité à l'école. Nous suivons cette tranche particulière de leur vie essentiellement grâce à la récente volonté d'Andrew de filmer tout ce qu'il vit.

Depuis quelques années, le cinéma est littéralement submergé par les super-héros : Thor, Captain America, Superman, Batman, etc... Mais Chronicle apporte un regard nouveau. Les films classiques du genre abordent toujours le sujet avec beaucoup de sérieux. Le Bien et le Mal s'affrontent, et chaque histoire met en jeu la survie du monde. L'apprentissage. Pas le temps de rigoler donc et l'apprentissage des super-héros, lorsqu'il est traité, s'apparente à un entrainement pour vaincre le plus rapidement possible les forces du Mal.

Dans Chronicle, Max Landis s'intéresse humainement aux conséquences de l'apparition de tels pouvoirs sur des ados. Evidemment, qu'au premier abord ils s'en amusent, ils en explorent les possibilités pour leur propre jouissance, sans penser une seconde à les utiliser pour sauver le monde, c'est bien naturel. Tout en s'amusant, ils s'entrainent et ces pouvoirs prennent alors toujours plus de place et influence autant leur développement personnel.

3 faux reportages

WHAT WE DO IN THE SHADOW (2014) - vampires super-casse-couilles

Qui ne s'est jamais demandé quelle pouvait être la vie de quatre vampires en colocation de nos jours ? What we do in the Shadow nous en offre une vision.

Ce film néo-zélandais, signé Jemaine Clement et Taika Waititi, nous invite dans la maison de quatre vampires et nous offre le privilège de suivre leur vie au quotidien. Viago (Waititi), Vladislav (Clement), Deacon et Petyr ont tous un profil bien différent, à commencer par leur âge, ce qui ne facilite pas la cohabitation. Petyr a tout de même 8000 ans ! Mais, malgré quelques querelles que toutes les personnes qui cohabitent connaissent, l'ambiance est plutôt bon enfant. On apprendra tout de même que la vie de vampire n'est pas aussi rêvée qu'on pourrait le penser. Impossible, par exemple, d'aller en boîte de nuit sans être invité à y entrer !

What we do in the Shadow est un documentaire totalement absurde à prendre au 32e degré. Si cet humour est le vôtre, vous passerez un sacré bon moment avec cette bande de charlots. De préférence à voir à plusieurs pour rire encore plus. La réalisation est parfaite, allant jusqu'au bout de l'idée. On retient également les géniales illustrations servant à la présentation des personnages. Sans oublier la narration de Viago et sa touchante timidité. Tout simplement génial.

3 faux reportages

THE VISIT (2015)

Deux enfants, Becca et Tyler, vont passer une semaine chez leur grands-parents qu'ils n'ont jamais vu, leur mère ayant coupé les ponts il y a plusieurs années. Becca veut faire un reportage sur ses grands-parents et c'est donc au travers de deux caméras que l'on vit toute l'histoire.

Autant certains films du genre m'ont carrément donné mal au crâne, tel Cloverfield, l'effet caméra au poing de la présente réalisation de M. Night Shyamalan est plus qu'agréable à visionner.

Un malaise s'installe progressivement dès l'arrivée de Becca et de Tyler chez leurs grands-parents. Des épisodes toujours un peu plus bizarres se succèdent, faisant grimper le suspens par petites touchent. Les deux vieux ont toujours une bonne explication à donner, mais il y a vraisemblablement quelque chose qui cloche dans cette maison. Mais il ne fait pas en dire plus...

On y découvre deux bons acteurs, particulièrement la jeune australienne Olivia DeJonge. Les grands-parents sont quant à eux aussi parfaitement chaleureux que flippants. Une bonne réalisation de M. Night Shyamalan après quelques réalisations pas bien terribles. J'étais personnellement resté sur un Phénomènes bien décevant.

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17 juillet 2016 7 17 /07 /juillet /2016 18:52

4/5 - INSAISISSABLES, NOW YOU SEE ME (Piégés)

On aime tous être surpris par un tour de magie, être bluffé par un dénouement qu'on ose à peine soupçonner et qui nous laisse la bouche grande ouverte. On aime tout autant être pris au dépourvu au moment du dénouement d'une histoire, au cinéma comme ailleurs. Lorsque les inattendus se répètent tout au long de l'histoire, le plaisir n'est que plus grand. Now you see me nous offre les deux en même temps : la magie au cinéma, avec la magie du cinéma. La réalisation est signée par le français Louis Leterrier, qui s'est fait connaître dès 2002 avec Le Transporteur, puis plus tard avec L'incroyable Hulk (2008) et Le Choc des Titans (2010).

Le cinéma nous a habitué depuis toujours aux cambriolages de haut vol, parfois hyper ingénieux, avec des films comme Topkapi (1964), L'Affaire Thomas Crown (1968), Ocean's Eleven (2001) ou Braquage à l'italienne (2003). On est généralement totalement absorbé et captivé pendant la phase de visionnage, mais ensuite, avec un peu de recule, le doute s'installe parfois quant à la crédibilité de l'histoire, tant le déroulement est complexe. Dans Insaisissables, on abandonne tout complexe, puisque des prestidigitateurs tels que David Copperfield et plus récemment Criss Angel et Dynamo, explosent toutes limites du raisonnable en faisant disparaître la Statue de la Liberté ou en échangeant les jambes de deux individus. Les prestidigitateurs nous font voir des choses si incroyables que tout devient possible et qu'un film comme Insaisissables paraît soudain tout-à-fait crédible.

Le casting n'est pas étranger à cette belle réalisation. Dans le désordre : Jesse Eisenberg, Woody Harrelson, Michael Caine, Morgan Freeman, Mélanie Laurent. Pas mal quand même, surtout si on ajoute le caméo de José Garcia, dont les américains ont surement été moins sensibles que nous francophones. Difficile de réunir plus d'acteurs aussi charismatiques. La réalisation est belle, le scénario est fort bien ficelé, Insaisissables offre un pur moment de plaisir.

Insaisissables
Insaisissables
Insaisissables
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21 mai 2016 6 21 /05 /mai /2016 20:32

1 VOL 3 FILMS

A l'heure d'aujourd'hui, la distance San Francisco - Heathrow laisse encore le temps pour regarder quelques films. Je me suis personnellement arrêté à trois, avant d'échouer à la deuxième place du classement du Trivial Poursuit de l'avion ; un jeu vraisemblablement peu abordé. Sur ces trois films, deux étaient proposés par la United Airlines - The Big Short et The Blind Side - alors que le troisième avait été mis sur le PC avant le voyage - Kingsman : The Secret Service.

A noter que, simple hasard, les deux premiers sont des adaptations de romans du même auteur : Michael Lewis

THE BIG SHORT (2015)

Titre Français : The Big Short : le Casse du siècle

Cote IMDB : 7,8/10 - Ma cote : 4/5

On a beaucoup entendu parler des subprimes, il y a quelques années ; de la crise des subprimes, les prêts hypothécaires à (hauts) risques. On en a globalement compris les conséquences, mais pas grand chose de la dérive financière qui en est la cause. Les seules personnes à avoir tout compris, sur les rouages de l'infernale machine qui a fait perdre leur foyer à des milliers de gens, sont sans aucun doute ceux du milieu de la finance ; et encore, pas sûr qu'ils tous compris.

Comme dit au début de l'histoire, le monde de la finance utilise volontairement des termes que le quidam ne comprends pas, à la manière des politiciens, afin de donner l'impression qu'ils sont les seuls à pouvoir faire ce qu'ils font. The Big Shot propose donc une vulgarisation efficace des manipulations financières qui ont permis, de manière frauduleuse, aux banques et plus précisément aux personnes les mieux placées au sein de ces institutions, de faire des bénéfices gigantesques. Super pour eux, pourrait-on se dire, sauf que la plupart du temps lorsque des personnes s'enrichissent d'autres en pâtissent. Dans ce cas précis, c'est de millions de familles dont on parle, qui ont perdu leur maison ou leur emploi. Des gens dont ont a totalement abusé de leur confiance.

Cette adaptation du roman de Michael Lewis, signée Adam McKay, est un parfait "subprimes pour les nuls". Tout au long de l'histoire, des termes et autres mécaniques financières nous sont alors expliquées à coup de métaphores, tantôt par le chef Anthony Bourdain, tantôt par l'économiste Richard Thaler et l'actrice et chanteuse Selena Gomez. Même si le sujet ne fait pas partie de mes favoris à la base, j'y ai pris beaucoup de plaisir. Les prestations des Christane Bale, Steve Carell, Ryan Gosling ou encore Brad Pitt sont excellentes, même si ce dernier est relativement discret. Plus que ces deux "protégés", interprétés par Finn Wittrock (American Horror Story) et John Magaro.

THE BLIND SIDE (2009)

Titre Français : The Blind Side - l'éveil d'un champion

Cote IMDB : 7,7/10 - Ma cote : 3.5/5

Une belle histoire, bien jouée par la plupart des acteurs, mais une histoire relativement clichée, même si elle est tirée d'une histoire vraie. C'est pour moi ce qui fait en partie remonter un peu la cote.

Peu de surprise donc dans ce film, où le schéma est ma fois très classique. C'est une critique négative pour les plus à la recherche d'originalité, tel que je le suis, mais le film est dans l'ensemble réussi et abouti. La générosité dont fait preuve Leigh Anne Tuohy, parfaitement interprétée par Sandra Bullock, suscite même quelques émotions. L'actrice sera d'ailleurs récompensée par l'Oscar de la meilleures actrice pour ce rôle (2010).

KINGSMAN : THE SECRET SERVICE (2014)

Titre Français : Kingsman : Services Secrets

Cote IMDB : 7,8/10 - Ma cote : 3.5/5

Dans ce film réalisé par Matthew Vaughn, les Kingsmen, un service secret britannique indépendant du gouvernement, recrutent un jeune relativement à la dérive, dont le père fut avant lui agent au sein de cette même organisation. Alors que son mentor est interprété par Colin Firth, le rôle du méchant est lui joué par un toujours aussi charismatique Samuel L. Jackson, zozotant et extravaguant pour l"occasion.

Kingsman est un film d'espionnage moderne, qui réunit tous les éléments du genre : un méchant mégalomane, des espions bien entraînés, des gadgets, tels que le briquet-grenade, beaucoup d'action, etc. Kingsman joue adroitement sur les stéréotypes, sans en mettre trop. La dose d'humour est maîtrisée, les personnages sont équilibrés et les scènes de combat sont visuellement plutôt agréables.

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14 décembre 2012 5 14 /12 /décembre /2012 15:10

4/5 - STALAG 17 (humour dans un camp de prisonniers)

Stalag 17 (1953), signé Billy Wilder, nous raconte une tranche de vie dans un stalag, un camp de prisonnier de guerre, dans l'Allemagne nazie. L'histoire est prise à la légère et l'humour prend le pas sur l'horreur, une manière d'exorciser les traumatismes dus à la guerre. Le scénario de Stalag 17 est basé sur la pièce de Donald Bevan et Edmund Trzcinski, jouée à Broadway entre 1951 et 1952.

Après la seconde Guerre Mondiale, les films relatant ce sombre épisode de l'histoire sont légions. Mais, comme le dit le narrateur au début du film, rares sont ceux qui le font avec humour et vu depuis un camp de prisonniers. La plus grande majorité fait la part belle à l'héroïsme des soldats américains, face à la cruauté des allemands.

Tout commence lorsqu'une tentative d'évasion échoue. Les prisonniers ont construit un tunnel qui va d'un baraquement jusqu'au-delà des limites du camp. Malheureusement, les deux hommes qui l'empruntent sont attendus à la sortie par des gardiens allemands. L'entrée du tunnel se situe sous le poêle du baraquement. A coup sûr un clin d'œil au tunnel Harry, qui permit l'évasion de 76 pilotes du Stalag Luft III, le 24 mars 1944. Cette évasion réussie sera aussi une source d'inspiration pour des films comme La grande évasion (The Great Escape, 1963). La suite du film est une suite de déconvenues concernant les plans des prisonniers. Les allemands semblent toujours au courant de ce qui se trame dans le camp. Mais qui donc est la taupe ?

Les principaux ingrédients de Stalag 17 sont des personnalités singulières, des épisodes abracadabrants et des gardiens allemands un peu trop sympas. On se régale de l'inventivité des prisonniers, qui trouvent mille ruses pour s'organiser et résister à leur détention. Mais cette vision quelque peu récréative de la guerre, plus précisément de la vie dans un camp de prisonniers, est entachée par les interventions du mouchard. Les plans qui foirent un à un sonnent comme un rappel à la réalité et à la dureté de la situation.

A l'affiche, on retrouve notamment William Holden, dans le rôle du Sergent Sefton (Le pont de la rivière Kwaï, La horde sauvage, La tour infernale) et Peter Graves (le fameux Jim Phelps de la série Mission Impossible), à peine reconnaissable pour les plus jeune d'entre nous, dans le rôle du Sergent Price.

A noter que malgré le ton du récit à tout point de vue semblable et quelques autres ressemblances, la série TV Hogan's Heroes (1965-1971) n'a officiellement rien à voir avec le film de Billy Wilder. L'une des ressemblances entre Stalag 13 et Stalag 17 est la présence d'un Sergent Schultz. En parlant de Schultz, en France, Hogan's Heroes (littéralement Les héros de Hogan) pris deux titres différents. Tout d'abord Stalag 13, à son arrivée sur Canal + en 1987, puis étonnamment rebaptisée Papa Schultz, lors de sa diffusion sur M6. Etonnamment car le Sergent Schultz n'est pas forcément le personnage central de la série.

Petit pied de nez aux tortionnaires nazis, dans Stalag 13, trois acteurs juifs jouent le rôle d'officiers allemands. Werner Klemperer, par exemple, le Colonel Klink, qui a fuit l'Allemagne avec ses parents avant la guerre, pour se réfugier aux Etats-Unis. Klemperer a ensuite combattu pendant la guerre aux côtés des américains. Le français Robert Clary (Caporal LeBeau), né Widerman, a quant à lui vécu l'horreur des camps de concentration étant enfant. Après la guerre il partit aux Etats-Unis pour faire avancer sa carrière d'artiste.

Stalag-17.jpg Stalag-17-1-copie-1.jpg

Un schéma du tunnel Harry du Stalag Luft III :

Stalag-Luft-3-tunnel-Harry-2.jpg

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26 novembre 2012 1 26 /11 /novembre /2012 14:18

4/5 - LA SOUPE AU CANARD (Comédie hautement burlesque)

Cinématiquement parlant, c'est avec La soupe au canard (Duck Soup) que j'ai personnellement découvert les Marx Brothers. Dès la première seconde, on pénètre dans un univers totalement loufoque. Absurde, mais non dénoué de subtilité. Les Marx Brothers se distinguent à cela d'un autre grand nom du comique de l'époque, le duo Laurel et Hardi. Leur humour était principalement basé sur un visuel très caricaturé, puisque le duo a pendant très longtemps dû jouer sans le son, qui n'existait pas encore au cinéma. Les deux compères au physique emblématique usaient notamment de celui-ci pour déclencher le rire. Les Marx Brothers, eux, ont pu immédiatement bénéficier du son, ce qui leur permit de mettre en valeur leurs textes, remplis de jeux de mots et d'autres traits d'esprit. Quand à Charlie Chaplin, autre grande figure du comique de l'époque, il a, depuis le début des années 20, arrêté de jouer des courts-métrages humoristiques. C'est alors qu'il réalise ses long-métrages les plus connus : Le Kid (1921), La ruée vers l'or (1925), Les lumières de la ville (1931), Les temps modernes (1936), Le dictateur (1940), ou encore Les feux de la rampe (1952). Son humour est emprunt de beaucoup de sentimentalisme social et de revendications. Après Les temps modernes, son dernier film muet et le dernier du personnage Charlot, il survivra au cinéma parlant, contrairement à d'autres. Pourtant il n'approuvait pas cette évolution, préférant s'exprimer intégralement par sa gestuelle.

Pour revenir aux Marx Brothers, La soupe au canard, datant de 1933, fut réalisé par Leo McCarey. La même année sortait King Kong (Merian C. Cooper et Ernest B. Schoedsack, non crédités), L'homme invisible (James Whale), Les quatre filles du Docteur March (George Cukor), ou encore Le testament du Docteur Mabuse (Fritz Lang). Cette comédie mettant aux prises deux chefs d'états fictifs relève évidemment de l'absurde. Mais l'histoire est surtout le file rouge d'une épopée comique, où s'alternent les logorrhées, absurdes mais bourrées de finesse, de Rufus T. Firefly (Groucho Marx), les dialogues non moins loufoques et pimentés d'un fort accent italien de Chicolini (Chico Marx) et les facéties, terriblement agaçantes mais originales et drôles, de Pinky (Harpo Marx). Ce dernier ne fait absolument pas une seule chose de manière sensée de tout le film. Chaque mot qui lui est adressé est pris en dérision. Chaque geste est détourné. Chaque situation est tournée au ridicule. On a l'impression d'être comme dans un rêve, où l'on veut courir mais que les jambes ne suivent pas. Bref, on perd rapidement pied et on finit par se laisser balader par Pinky.

Un moment d'humour classique donc et dont on a plus l'habitude. A voir pour les adeptes du burlesque.

A noter que figure également la présence de Zeppo Marx, plus en retrait.

marx brothers - duck soupLa-soupe-au-canard.jpg

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2 octobre 2012 2 02 /10 /octobre /2012 17:55

4/5 - Deux classiques de "flics contre truands" à revoir :

24 ans d'écart pour deux films qui abordent le sujet de manière totalement différente, mais avec autant de qualités.

 


french-connection.jpgFRENCH CONNECTION (1971)

Le film fait référence à la French Connection - la filière française, qui désigne l'ensemble des réseaux d'exportation d'héroïne depuis la France vers les Etats-Unis (environ de 1900 à 1972), représentant la majorité de la consommation de cette drogue.

Un classique de film de truanderie.

Des poursuites mythiques en voiture comme à pied.

De longues et minutieuses filatures, dans les coins et recoins de Brooklyn.

Un combat des plus stratégiques. Chaque camp, flics et trafiquants, dispose ses pions comme dans une partie d'échec. Au final, le plus malin et le plus consciencieux sera gagnant.

 

Une réalisation de William Friedkin (L'Exorciste, Le convoi de la peur), avec :

  • Gene Hackman (Superman, Mississippi Burning), ou Jimmy "Popeye" Doyle, un flic discrédité, mis en doute par ses collègues. 
  • Roy Scheider (Marathon Man, Le convoi de la peur), ou Buddy Russo, un co-équipier fidèle.  
  • Fernando Rey (1492: Christophe Colomb, French Connection II), ou Alain Charnier, un type malin, qui a toujours une longueur d'avance sur ses poursuivants.

French Connection ne rafla pas moins de 5 Oscars, en 1972 :

  • Meilleur film (qi revient toujours au producteur, ici Philip D'Antoni)
  • Meilleur acteur (Gene Hackman)
  • Meilleur réalisateur (William Friedkin)
  • Meilleur montage (Gerald B. Greenberg)
  • Meilleur scénario adapté (Ernest Tidyman)

 

 

The-Usual-Suspects-movie-poster.jpgTHE USUAL SUSPECTS (1995)

Une construction haletante, passionnante.

Un déroulement génial et inattendu.

Des acteurs complémentaires, tous particuliers.

De très bons dialogues.

 

 

Une réalisation de Bryan Singer (Un élève doué, X-Men, Walkyrie), avec :

  • Gabriel Byrne (Miller's Crossing, Spider)
  • Kevin Spacey (L.A. Confidential, American Beauty)
  • Stephen Baldwin (le dernier des 4 frères Baldwin)
  • Benicio del Toro (Traffic, 21 Grams)
  • Kevin Pollak (Casino, Middle Men)
  • Pete Postlethwaite (Alien 3, Les Virtuoses)

The Usual Suspects remporta 2 Oscars, en 1996 :

  • Meilleur acteur dans un second rôle (Kevin Spacey)
  • Meilleur scénario original (Christopher McQuarrie)
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26 septembre 2012 3 26 /09 /septembre /2012 12:54

4/5 - L'ASSASSINAT DE JESSE JAMES PAR LE LACHE ROBERT FORD (Un western pas comme les autres)

Il suffit de lire le titre de cette histoire pour savoir comment ce la va finir. Et pourtant, on prend du plaisir à accompagner Jesse James et Robert Ford, dans les méandres du bout de chemin qu'ils vécurent côte à côte.

Jessie James (Brad Pitt) est un des hors-la-loi les plus connus au monde. Il a multiplié les vols à main armée avec ses quatre grands frères, depuis des années.

Bob Ford (Casey Affleck) est quant à lui le cadet d'une fratrie de trois garçons. Depuis son plus jeune âge, il est passionné par la personne de Jesse James. Il lit et relit ses aventures, relatées de manière très romancée dans des livres de poche.

Un jour, accompagné de son frère Charley (Sam Rockwell), il arrive à approcher les frères James et a même l'honneur de mener une attaque de train avec eux. Il est même ensuite autorisé à passer quelques jours aux côtés de son héro, ce que Ford voit comme une aubaine pour l'observer. Car, tout comme Jessie James, on se demande quelles sont les intentions de Ford. C'est ainsi que, réfléchissant tout haut, James s'adressant à Ford, dit :"je me demande si tu essaies de me ressembler ou si tu essaie d'être moi". A la longue, Ford commence d'ailleurs à agacer James qui le chasse.

A cette période, les frères James décident de se ranger et de vivre du fruit de leurs anciens méfaits. Mais Jessie ne tient pas longtemps dans l'inactivité et il recommence à monter des coups avec les frères Ford, Robert et Charley.

Pensant que Jessie finira par les tuer, son frère et lui-même, un jour, Robert tire littéralement dans le dos de James. Peut-être veut-il également lui éviter se de faire prendre par les autorités. D'après ses propres aveux, c'est aussi pour beaucoup la récompense de 10'000 dollars, qui motive son geste.

Il l'assassinera ensuite plus de 800 fois au théâtre, reproduisant la scène avec son frère Charly dans le rôle de James. Jamais on n'avait répété un acte de lâcheté aussi souvent. Après sa mort, le hors-la-loi fut reconnu comme une sorte de Robin des Bois, victime de Robert Ford, reconnu pour son immense lâcheté.

L'assassinat de … est un beau western très proche de l'authentique histoire de Jesse James et des frères Ford. Un western qui ne montre pas vraiment de magnifiques panoramas, qui ne fait pas la chasse aux indiens et qui ne se termine pas avec un duel final époustouflant. L'assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford est un biopic de la fin de la vie de Jessie James, qui met surtout l'accent sur les rapports humains et sur l'esprit de plus en plus torturé de James. Celui-ci va petit à petit sombrer dans une paranoïa destructrice. Brad Pitt est excellent dans sa peau, comme il l'a déjà été dans le passé, pour interpréter des personnages quelque peu instables (L'Armée des 12 singes, Fight Club, par exemple). L'histoire est narrée par une voix off, une personne indépendante du récit. Cela confère au film une dimension plus réelle, proche du documentaire, et donne au spectateur des éléments subjectifs de l'histoire. De manière plus anecdotique, on apprécie, l'apparition furtive de Nick Cave, en chanteur de bar, récitant les louanges de Jessie James.

Sur la tombe de James, sa mère fit écrire l'épitaphe suivante : "In Loving Memory of my Beloved Son, Murdered by a Traitor and Coward Whose Name is not Worthy to Appear Here", soit "A la mémoire de mon fils bien-aimé, assassiné par un traitre et un lâche, dont le nom ne mérite pas d'apparaître ici".

L'assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford (2007) est une réalisation du néozélandais Andrew Dominik, qui signe également le scénario, adapté du roman de Ron Hansen. Dominik réalise là son second film après Chopper (2000). En décembre sortira son troisième long-métrage, le thriller Cogan - la mort en douce (killing them softly), avec notamment Brad Pitt, Ray Liotta ou James Gandolfini.

l-assassinat-de-jesse-james-par-le-lache-robert-ford-the-as.jpg

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30 août 2012 4 30 /08 /août /2012 21:36

4/5 - THE EXPENDABLES 2 (Les héros de notre enfance)

Extraordinaire, drôlissime, génial, trop cool, encore mieux que le premier. The Expendables 2 ou comment réunir tous les gros durs, les héros de notre enfance. The Expendables 2, c'est retrouver, dans le même film, Rambo, Terminator, John McClane, deux Universal Soldiers, James Braddock, The One et le Transporteur.

The Expendables, qu'on peut traduire par remplaçable, ou par sacrifiable, pour une troupe. Quoiqu'il en soit, les Expendables sont bel et bien des hommes qui n'ont peur de rien et dont tout le monde se fout.

Le film commence sur l'exécution rapide et propre d'une mission au Népal, totalement jouissive. Nos héros ont de la gueule, ils sont surarmés, ça pète dans tous les sens, les méchants se prennent des bastosses qui les propulsent à 10 mètres ou leur arrachent un membre ou deux. Bref, c'est bon et on se marre ! Le ton et le rythme sont donnés.

Pour le reste, c'est un pur film d'action qui nous est servi. Un film d'action réunissant les meilleurs du genre. On ne sait trop, jusqu'à la fin, de quelle importance sera le rôle de chacun. Bruce Willis, Schwarzie et Chuck Norris ont des rôles qui vont bien au-delà de l'apparition en guest star, au contraire de Jet Li. Pour ravir le spectateur, plusieurs répliques cultes de ces légendes ont été judicieusement placées.

Church (Bruce Willis) réapparaît pour demander à Barney (Stallone) et son équipe de s'acquitter d'une dette. Ils doivent aller récupérer une boîte, perdue lors du crash d'un avion, en Albanie. Tout se passe comme prévu jusqu'au moment où ils veulent repartir. Une bande armée leur subtile la boîte, tue l'un des leurs et s'enfuit en hélicoptère. A leur tête l'impitoyable Villain (Jean-Claude Van Damme). L'équipe des Expendables crie alors vengeance et part à la poursuite de Villain. De plus, on apprend que la boîte contient un ordinateur dans lequel se trouve un plan localisant des réserves de plutonium datant de l'URSS.

Au final, on ouvre de grands yeux et on s'émerveille devant tous ces acteurs qui ont incarné l'action pure pendant notre jeunesse. Les trop jeunes n'y verront peut-être qu'un simple film d'action comme on en voit souvent. Mais le public averti restera scotché de la première à la dernière minute. Quand le film se termine après (seulement) 1h40, on a plus qu'à espérer un numéro 3.

A la tête de ce Expendables 2, Simon West à la réalisation, connu pour des films comme Les Ailes de l'enfer (1997), Le déshonneur d'Elisabeth Campbell (1999), ou encore Tomb Raider (2001). Pas grand-chose à retenir entre 2001 et Expendables 2, à par un film d'épouvante un peu nul et qui ne fait pas peur (Terreur sur la ligne) et un film d'action avec Jason Statham (Le Flingueur). Au scénario, le polyvalent Sylvester Stallone, associé à Richard Wenk, sans grande référence.

The-Expendables-Sylvester-Stallone-copie-1.jpgThe-Expendables-Arnold-Schwarzenegger.jpgThe-Expendables-Bruce-Willis.jpg

The-Expendables-Jason-Statham.jpgThe-Expendables-Chuck-Norris.jpgThe-Expendables-Jean-Claude-Van-Damme.jpg

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25 juin 2012 1 25 /06 /juin /2012 16:59

4/5 - BLADE RUNNER (Film noir de science-fiction)

Blade Runner (1982) est l'œuvre sombre de Ridley Scott, encore plus sombre que son film précédent : Alien. Il nous dresse le portrait d'un futur ténébreux, plongé en permanence dans la nuit. Les rues sont presque uniquement éclairées par des lumières artificielles, comme des panneaux publicitaires géants. Tout semble d'ailleurs un peu artificiel. La plupart des animaux sont des faux, des "robots". Le film se termine dans un immeuble déserté et en ruine, où l'orage est presque aussi perceptible à l'intérieur qu'à l'extérieur. Blade Runner est vraiment un film d'ambiance. La force des décors, de la photographie et de la musique nous plonge dans les méandres de cette histoire noire.

Dans le cinéma de science-fiction, Blade Runner est un peu l'anti-Terminator. Dans Terminator, les machines se rebellent et tentent d'exterminer tous les humains. Dans Blade Runner, cinq robots se révoltent pour la vie. Issus de la dernière génération, les Nexus 6 sont "plus humains qu'un humain", comme le clame leur créateur : ils sont dotés de sentiments. Et c'est finalement ce côté humain qui va se révéler le plus dangereux. Car ils vont s'insurger contre leur durée de vie, que l'on a limitée, par sécurité, à 4 ans. Les méchants ne le sont donc pas tant que ça au final. Ils représentent le besoin humain de pouvoir et de manipulation.

Voir, ou plus certainement revoir Blade Runner est aussi l'occasion de revenir sur la carrière d'Harrison Ford, qui est quand même un sacré acteur. Dans sa filmographie, Blade Runner se situe au milieu de sa plus grande période. Avant, on l'avait déjà vu dans des films comme Star War (1977), Apocalypse Now (1979), L'Empire contre-attaque (1980) et Les Aventuriers de l'arche perdu (1981), interprétant des personnages aussi mythiques que Han Solo et Indiana Jones. On le retrouve d'ailleurs dans la foulée dans les suites Le Retour du Jedi (1983) et Indiana Jones et le temple maudit (1984). Après plusieurs films, dont le troisième volet de la saga Indiana Jones, il incarne à nouveau un personnage célèbre du cinéma, le Dr. Richard Kimble, dans Le Fugitif. La suite est moins fameuse, avec du bon (Apparences, un bon thriller fantastique) et du moins bon (6 jours, 7 nuits, une romance légère), jusqu'au pire (Air Force One, un film d'action au patriotisme ridicule). En 2008, il reprend le rôle d'Indiana Jones, presque 20 plus tard, dans un épisode de trop, d'une saga jusque là parfaite (alors qu'un n°5 est prévu ; ça fait peur). En 2012, il intègre le casting de Cowboys et Envahisseurs (Cowboys & Aliens), où des extra-terrestres attaquent le Far West.

Blade Runner

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