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"David Lynch sait si bien raconter des histoires que parfois on a l'impression qu'il en raconte une, alors que ce n'est pas le cas" Roman Polanski

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25 avril 2011 1 25 /04 /avril /2011 21:30

DAVID LYNCH

David-LynchLe nom de David Lynch n’évoque pas seulement un réalisateur mais un univers unique. David Lynch est peut-être celui qui élève le plus le cinéma au statut d’art. En effet, les réalisations de David Lynch, formant son univers si particulier, sont véritablement des œuvres d’art visuelles. Le monde extraordinaire de David Lynch ne se destine donc pas à un public de masse, mais bien à un public spécifique.

Les spectateurs de David Lynch sont en partie des spectateurs qui ont aimés l’expérience vécue devant une précédente de ses réalisations. Ils sont également en partie des gens qui désirent découvrir cet univers, se faire leur propre opinion. Certains adoreront, d’autres détesteront, d’autres encore ne comprendront pas et se sentiront abusés, alors que certains aimeront ce flou inhérent et chercheront à percer le mystère.

A partir d’Elephant Man, suite à sa rencontre avec Angelo Badalamenti, Lynch prend la mesure de l’importance de la musique et les possibilités d’appuyer les effets visuels, de renforcer les émotions. Au préalable, ses films n’étaient pas seulement des expériences visuelles mais assorties uniquement d’effets sonores. Après leur rencontre, Angelo Badalamenti devient le compositeur de la musique de tous ses films à partir de Blue Velvet. Au final, la bande-son d’un film de David Lynch est un mélange de morceaux existant (jazz, rock, classique), des compositions de Badalamenti, et des effets sonores imaginés par David Lynch. Il passe en effet énormément de temps, dans un studio qu’il a aménagé chez lui, à travailler sur les sons, qu’il veut adapter à chaque image, à chaque scène. «J'ai toujours aimé le son, donc j'ai construit un studio où je peux expérimenter, et progressivement, j'ai commencé à expérimenter avec de la musique. Je ne suis pas un musicien, mais j'adore expérimenter, et essayer de faire de la musique

Ses débuts au cinéma sont en noir et blanc, un format qui permet d’accentuer les contrastes et le côté sombre du scénario. Le noir et blanc se prête particulièrement bien à Eraserhead, son premier long-métrage, l’histoire d’un homme abandonné par sa femme, qui ne supporte plus les lamentations incessantes de leur bébé « difforme ». Eraserhead, film fantastique sombre prenant place dans un décor industriel glauque, accompagné d’une bande-son créée par Lynch lui-même. 4 ans plus tard, il réalise Elephant Man, film sur la vie de John Merrick, atteint du syndrome de Protée, maladie provoquant d’importantes déformations physiques. Elephant Man remportera le César du meilleur film étranger et sera nominé 8 fois au Oscars (meilleur(e) film, réalisateur, acteur, adaptation, direction artistique, montage, musique de film et meilleurs costumes).

En 1984, il décline la réalisation du Retour du Jedi, préférant réaliser Dune. Œuvre fantastique, Dune est l’adaptation du roman du même nom de Frank Herbert. La réalisation sombre de David Lynch sera perçue comme un grand film par les uns et comme une trahison de l’œuvre originale par les autres. Lynch prend s’accapare l’œuvre, y ajoute des éléments, en transforme et en supprime de manière outrageuse. Le résultat est une œuvre visuelle réussie mais à ne pas mettre en comparaison avec le roman de Frank Herbert. Cependant, Dune sera un échec commercial.

Avec Blue Velvet, Lynch décide de repartir dans son univers et de réalisé un film avec lequel il pourrait s’exprimer, comme avec Eraserhead. Jeffrey Beaumont (Kyle McLachlan, déjà un fidèle du réalisateur), après avoir découvert une oreille dans un champ, décide de mener lui-même une enquête, accompagné de Sandy, la fille d’un inspecteur. Ses investigations vont le mener dans un monde glauque où la chanteuse Dorothy est sous l’emprise du pervers Frank Booth (Denis Hopper). "Blue Velvet s'est construit à partir de trois éléments: une chanson de Bobby Vinton […], un vieux fantasme de voyeur qui me hantait depuis longtemps (j'ai toujours rêvé de me glisser dans la chambre d'une jeune fille pour l'observer en secret pendant toute la nuit) et l'image d'une oreille coupée au milieu d'un pré...".

David Lynch réalise ensuite la série Twin Peaks, qu’il adaptera au cinéma quelques années plus tard. Entretemps, Lynch réalise Sailor et Lula, en 1990. Un des films de David Lynch les plus accessibles, convenants à un plus large public, Sailor et Lula est une histoire romantique, mêlant sexe et violence. Sailor, ex chauffeur d’un mafieux, et Lula, une jeune fille rêveuse, sont passionnément amoureux. Ils partent alors à l’inconnu, traqués par des tueurs engagés par la mère de Lula qui veut éliminer Sailor.

En 1991, Lynch adapte Twin Peaks au cinéma, série dont il est le réalisateur. Le film commence quand, dans la petite ville de Twin Peaks, une enquête s’ouvre sur le meurtre de Theresa Banks. Une année plus tard, nous suivrons les sept derniers jours de Laura Palmer, fille modèle le jour, débauchée la nuit. On navigue alors à travers ses cauchemars et hallucinations, où l’étrange côtoie l’angoisse.

Lost Highway est l’histoire de Fred Madison qui tue sa femme, pensant qu’elle le trompe. On vit alors cette histoire aux travers des différentes personnalités de Fred. Un voyage sur la Lost Highway, où de multiples questions émergent et auxquelles chacun devra trouver ses réponses. On est en plein univers Lynchien, que ceux qui s’y plaisent s’en réjouissent.

En 1998, Une histoire vraie raconte l’histoire vraie d’Alvin, qui, à 73 ans, décide de rejoindre son frère qui vient d’avoir une attaque et à qui il n’a pas parlé depuis 10 ans. Le résultat est un road movie en petit tracteur à travers plusieurs états.

Avec Mulholland Drive, on rentre dans le monde d’Hollywood et du chemin à parcourir pour être une star. Mulholland Drive est à mi-chemin entre le thriller classique et le monde énigmatique à outrance, où peut parfois nous transporter David Lynch. Après un accident, Rita (Laura Harring) a perdu la mémoire. Elle s’introduit alors chez Betty (Naomi Watts), qui va l’aider à comprendre qui elle est. Divisé en 2 parties, Mulholland Drive et ses scènes toutes plus mystérieuses les unes que les autres, avec ses dialogues captivants, nous agrippe et nous entraîne d’un bout à l’autre de l’histoire. Difficile d’ailleurs de fixer le début et la fin. Multiple seront les interprétations de l’histoire et il ne faut pas compter sur Lynch pour obtenir une réponse.

En 2006, avec Inland Empire, David Lynch renoue avec le film expérimental, comme il le dira à Laura Dern « je veux retrouver l’ambiance de Eraserhead. Je veux faire un film expérimental». En parlant du tournage, elle dira notamment : « Lorsque David m’a proposé mon rôle, il ne me l’a pas donné de scénario, seulement un indice sur l’histoire : un mariage qui bat de l’aile[…] Mon seul matériel était le monologue de 14 pages où Nikki laisse éclater sa fureur. Le tournage s’est déroulé sur trois ans, de façon sporadique. David m’appelait et me disait : « Laura, on tourne demain tu auras la scène ce soir ». Filmé en DV, la qualité d’image qui en découle nous plonge dans le monde d’Inland Empire. L’amour qui unit Nikki et Devon dans le film qu’ils tournent et celui qui naît dans la réalité va créer un flou. On ne sait jamais tout à fait si l’on assiste à une scène de l’histoire originale ou une scène du film qui y est tourné. Nikki elle-même se mélange les idées par moments et ne sais plus très bien où se trouvent les limites. On ne peut rien dire sur ce film, rien analyser. C’est avant tout un film d’ambiance, parsemé de dialogues et de scènes qui en sont dépourvues mais qui parlent d’elles-mêmes. Comme le dit David Lynch, « ce film est une expérience à vivre, comme tous les films. Celui-là est plus abstrait et laisse donc plus d’interprétations, mais il est encore possible d’y comprendre quelque chose. Ce sont les idées qui vous disent tout. Il se pourrait que la prochaine fois que j’aie des idées cela donne un film plus concret.

Lynch a remporté 2 Césars (Elephant Man et Mulholland Drive) et une Palm d’Or à Canne (Sailor et Lula), mais aucun Oscar (3 nominations)

 

Filmographie de David Lynch en tant que réalisateur :

  • Eraserhead (1976)David-Lynch-3 
  • Elephant Man (1980)
  • Dune (1984)
  • Blue Velvet (1986)
  • Sailor et Lula (1990)
  • Twin Peaks (1991)
  • Lost Highway (1997)
  • Une histoire vraie (1998)
  • Mulhollan Drive (2001)
  • Inland Empire (2006)

 

La fidélité de David Lynch envers ses différents collaborateurs et inversement et une des clés qui permet une telle qualité de création. Il y a bien évidemment Angelo Badalamenti qui compose la musique de ses films depuis Blue Velvet. Mais il y a aussi des acteurs qui sont présents de manière récurrente dans ses films, par exemple :

Laura Dern (Blue Velvet, Sailor et Lula, Inland Empire)

Harry Dean Stanton (Sailor et Lula, Twin Peaks, Une histoire vraie, Inland Empire)

Kyle MacLachlan (Dune, Blue Velvet, Twin Peaks)

Grace Zabriskie (Sailor et Lula, Twin Peaks, Inland Empire)

Jack Nance (Eraserhead, Dune, Blue Velvet, Sailor et Lula, Lost Highway)

 

David Lynch, comme dit précédemment, c'est aussi de la musique. D'abords la musique de ses films, puis des albums. Ci-après, les deux clips des deux morceaux du dernier album Good Day Today (2011), les autres morceaux de l'album étant des remix de ces deux-là, par des groupes tels que underworld et Boys Noize :

Good Day Today :

 I Know :

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Published by Dr-Strangelove - dans Réalisateurs
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