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"David Lynch sait si bien raconter des histoires que parfois on a l'impression qu'il en raconte une, alors que ce n'est pas le cas" Roman Polanski

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1 juin 2012 5 01 /06 /juin /2012 14:56

Alan Clarke

Alan-Clarke.jpgAlan Clarke nous montre la réalité telle qu'elle est, sans fioritures. Lorsqu'il attrape un problème de société, il le traite d'une manière proche du documentaire. Cela est même flagrant à la fin de The Firm. Ses films nous rappellent les épisodes de l'émission belge Strip-tease, qui nous permettait de suivre des tranches de vie, sans interventions perturbatrices des journalistes. Ce réalisme explique aussi pourquoi le happy end est rarement au rendez-vous, dans les réalisations d'Alan Clarke.

Alan Clarke fut d'abords réalisateur pour la BBC, dans les années 80. Il réalise alors des épisodes de séries TV et des téléfilms. Il passe au cinéma en adaptant Scum, un de ses téléfilms précédemment réalisé pour la BBC. Cette histoire choc, mettant en scène l'arrivée de trois adolescents dans une maison de redressement, sera reprise par Kim Chapiron, en 2010, sous le titre de Dog Pound.

En 2003, Gus Van Sant s'inspire du style d'Alan Clarke, et reprend le titre de son court-métrage Elephant, pour signer un film poignant, basé sur le drame de la fusillade de Columbine (il obtiendra notamment la Palme d'Or et le prix du meilleur réalisateur à Cannes).

Alan Clarke a surtout traité des problèmes de société, au travers de ses films, comme le hooliganisme (The Firm), le néo-nazisme (Made in Britain), la délinquance juvénile et les tentatives de "redressement" (Scum, Made in Britain).

Alan Clarke est mort d'un cancer le 24 juillet 1990, à l'âge de 54 ans. On est évidemment triste pour lui, mais on ne peut également s'empêcher d'avoir quelques regrets, quant aux films qu'il aurait encore pu réaliser, pour notre plus grand plaisir.

 

Extrait de sa filmographie :

 

The Firm (1989)

Voir l'article

Alan-Clarke-Firm-Elephant-copie-1.jpg 

Scum (1979)

Voir l'article

Alan-Clarke-Scum-copie-1.jpg 

Made in Britain (1982)

Voir l'article

Alan-Clarke-Made-in-Britain.jpg

Elephant (1989)

17 meurtres en 39 minutes, c'est ce que nous propose Alan Clarke avec Elephant, un court-métrage tourné pour la télévision. Pas de dialogue, pas d'explication, mais uniquement des moments de violence brute. C'est donc l'imagination de chacun qui construit sa propre histoire, autour de chacun de ces meurtres.

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29 octobre 2011 6 29 /10 /octobre /2011 00:35

Romero-5.jpgGeorge A. Romero

Ceux qui aiment les films d'horreur connaissent Romero, ceux qui aiment les films de zombies adorent Romero, ceux qui connaissent Romero l'aiment généralement (sinon, on n'a pas vu ses films et donc on ne le connaît pas), ceux qui ne connaissent pas Romero mais adorent les films de zombies devraient vraiment connaître Romero, etc. Mais Romero, ce n'est pas que de simples films d'horreur. C'est l'utilisation de l'horreur pour critiquer tel ou tel fait de société.

Dès ses débuts, dès sa première réalisation, dès son premier film, George A. Romero nous a offert un film qui restera à tout jamais dans les mémoires. Avec La Nuit des morts-vivants (The Night of the Living Dead), en 1968, il pose les marques, construit la base, établit une référence dans ce sous-genre du cinéma d'horreur (pour un budget de seulement 114'000 dollars). Ce film forme la première étape d'une trilogie, évoluera peu à peu en une hexalogie. Il construira cette saga de 6 épisodes, autour du thème des zombies, tout au long de sa carrière.

Night-of-the-living-dead.jpgLa Nuit des morts-vivants annonce la naissance des zombies, le début du chaos. Un remake sera réalisé en 1990 par Tom Savini, une légende du cinéma d'horreur, en tant que maquilleur et en tant qu'acteur, qui a de nombreuses fois travaillé avec Romero. Il aurait d'ailleurs dû travailler comme maquilleur sur son premier film, mais fut envoyé au Vietnam peu avant. Pour le remake de Savini, Romero tiendra les rôles de scénariste et de producteur exécutif.

Pour ce premier film, à si petit budget, tout le staff y joue un petit rôle en tant qu'acteur : Romero, le co-scénariste John A. Russo, ainsi que les producteur Karl Hardman et Russel Streiner. Hardman tient même un des rôles principaux.

Un remake sera également réalisé, en 3D, par Jeff Broadstreet, en 2006, sa première réalisation. On y retrouve notamment Sid Haig, le Capitaine Spaulding de The Devil's Reject.

Dawn-of-the-dead.jpgEn 1978, le deuxième volet de ce cycle zombiesque est réalisé avec le film Zombie (Dawn of the Dead). Film culte, qui voit un groupe de personne se réfugier dans un immense centre commercial, pour survivre face à la menace des zombies, qui ont envahi les rues. Ce film culte fera l'objet d'un excellent remake, également intitulé Dawn of the Dead, en 2004, réalisé par Zack Snyder.

Zombie fut Co-produit  par le grand Dario Argento, également co-scénariste et compositeur. Tom Savini y joue le rôle d'un motard, co-leader d'un gang, mais tient également les rôles de responsable maquillage et cascadeur. On retiendra notamment ce dialogue mythique :

Francine Parker: They're still here.

Stephen: They're after us. They know we're still in here.

Peter: They're after the place. They don't know why, they just remember. Remember that they want to be in here.

Francine Parker: What the hell are they?

Peter: They're us, that's all, when there's no more room in hell.

Stephen: What?

Peter: Something my granddad used to tell us. You know Macumba? Voodoo. My granddad was a priest in Trinidad. He used to tell us, "When there's no more room in hell, the dead will walk the earth."

Day-of-the-dead.jpgEn 1986, Le Jour des morts-vivants (Day of the Dead), qui fera l'objet d'un remake réalisé par Steve Miner en 2008, vient terminer la trilogie. Les morts-vivants ont alors envahi le monde, et il ne reste plus que quelques humains qui ont survécu au chaos. Romero y fait un caméo, en y jouant le rôle d'un zombie. Tom Savini, fidèle, est encore une fois responsable maquillage et effets spéciaux.

2005 voit la sortie d'un quatrième volet à la saga des morts-vivants de Romero, près de 20 ans après la clôture de sa trilogie initiale.  Le Land-of-the-dead.jpgTerritoire des morts (Land of The Dead) marque un tournant dans l'histoire des zombies, une petite révolution. En effet, on assiste pour la première fois à une évolution dans leur manière d'agir… et de penser. Car petit à petit, ces monstres sans cervelles se mettent à tirer des conclusions, à penser, et même à réfléchir. Ils ne se contentent plus d'avancer droit devant eux, et à continuer à marcher droit devant eux, même s'ils font face à un mur. Un type un peu plus malin comprend même comment frapper avec un objet, et devient rapidement un leader. Land of the Dead, c'est aussi un film à message politique, dénonçant le pouvoir de l'argent. Dennis Hopper est d'ailleurs excellent en maître d'une ville assiégée par les zombies, divisée par d'injustes classes sociales.

On y retrouve également celui qui a commencé sa carrière par un rôle dans Les Contes de la Crypte et qui est connu depuis 2008 pour être Le Mentaliste, Simon Baker. A ses côtés, Asia Argento, la seconde fille de Dario Argento.

Diary-of-the-dead.jpgGeorge A. Romero enchaîne ensuite, en 2007, avec Diary of the Dead - Chronique des morts vivants (Diary of the Dead). Des étudiants en cinéma, qui tournent un film en forêt, apprennent que des zombies envahissent le pays. On va alors vivre avec eux, en direct, grâce à leurs propres images, leur survie dans ce nouvel environnement hostile. Romero ajoute donc à ce cinquième volet une touche de modernité (technique) en filmant camera au poing, et en donnant l'illusion au spectateur que les images sont de vraies images retrouvées (principe lancé par des films comme Projet Blair Witch, Rec, ou Cloverfield).

Pour ceux qui se demande si Romero ne finirait pas par s'essouffler, après autant de films sur les zombies, et bien la réponse et non. Ce film remporte d'ailleurs un grand succès auprès des critiques, et du publique. A l'affiche, l'inconnue Michelle Morgan, rien à voir avec Michèle Morgan, et le non moins inconnu Shawn Roberts, déjà vu dans Le Territoire des morts. On notera les amusantes participations en guest star de Stephen King et Wes Craven (La Dernière maison sur la gauche, La Colline a des yeux 1 et 2, Freddy Chapitre 1 et 7, Scream 1, 2, 3, 4 et bientôt 5, La Musique de mon cœur, un de ses rares films qui n'est pas d'épouvante), deux autres maîtres de l'horreur.

survival-of-the-dead.jpgEn 2009, Romero nous gratifie d'un sixième et, à ce jour, dernier épisode d'une œuvre à jamais exceptionnelle, Survival of the Dead. Ce volet traite davantage de la douleur ressentie par la perte d'un membre de sa famille ou un ami, devenu zombie. En trame de fond, le combat haineux et légendaire entre deux familles qui se déchirent, piégés sur la même petite île. Au centre du conflit, les expériences de l'une des familles, visant à ramener l'humanité de proches zombifiés. Un conflit qui se termine en apothéose par une scène passablement absurde. Ce sixième volet est peut-être le moins bon de la saga, même si cela reste du Romero. On devient pourtant de plus en plus difficile avec le maître.

A part cela, une idée extraordinaire de Romero lie ses deux derniers volets. Dans Diary of the Dead, le groupe de survivants que l'on suit est arrêté par un groupe de militaires, plutôt hostiles. Ce que l'on ne sait pas encore, c'est que ces hommes feront partie des personnages que l'on suivra dans Survival of the Dead.


En dehors de sa célèbre saga "Zombie", George A. Romero a évidemment réalisé plusieurs films, principalement des histoires d'épouvante, qui vont du très bon au moins bon.

There-s-Always-Vanilla.jpg1971 : There's Always Vanilla, une comédie dramatique, l'histoire d'une rock star qui décide de tout arrêter et rentrer chez lui, à Pittsburgh.


1973 : Season of the Witch, l'histoire d'une femme qui se retrouve mêlée à la sorcellerie et au meurtre. Joan s'embourbe dans l'ennui de son rôle de femme au foyer des années 60-70. Son mari est un homme d'affaire peu communicatif, et leur fille de 19 ans est également distante. Joan Season-of-the-Witch-1.jpgdécouvre alors la sorcellerie et y prend peu à peu goût, en y trouvant un moyen de casser la monotonie du quotidien. On s'identifie rapidement à cette femme, qui s'emmerde, il faut bien le dire, et qui est à la recherche d'un peu de fun. Sa vie est morne et déprimante, jusqu'au jour où la sorcellerie entre en jeu. Romero finit par nous attraper dans ce film, non pas grâce à des scènes d'horreur explicites ou de suspens de haut vol (quoique si l'on n'aime pas les masques, il y en a une qui est pas mal), mais avec un excellent travail de montage, associé une bande-son adéquate. Season of the Witch fait partie de ce genre de films qui datent, qui n'ont pas pris de rides, ou alors de bonnes rides, qui ne portent pas préjudice. Le côté oldschool est même plutôt appréciable, du moment que l'on apprécie les modes de cette époque (habillement, coiffures, etc.). C'est par exemple dans ce genre de film que jadis l'on se rappelle qu'on fumait partout.

A voir : les scènes de rêves de Joan, qui semble sortir tout droit d'un mauvais trip sous LSD.

The-crazies-1.jpg1973 La Nuit des fous vivants (The Crazies), où la folie devient contagieuse.  Un très bon remake a été réalisé en 2010 par Breck Eisner, avec Romero en producteur exécutif.

  Martin-copie-1.jpg

1977 Martin.

Il y rencontre Christine Forrest, avec qui il se mariera et aura 3 enfants.

Knightriders.jpg1981 : Knightriders, une histoire de motards avec Ed Harris,   Tom Savini  et Stephen King  

 1982 : Creepshow : première adaptation d'un roman de Stephen King, qui tient d'ailleurs un rôle, avec Ed Harris, Ted Danson, Leslie Nielsen, Tom Savini. En 1987 : Romero est scénariste avec Stephen King, pour Creepshow 2.

monkeyshines.jpg1988 : Incidents de parcours (Monkey Shines) on s'éloigne de l'horreur pure pour ce film, qui est plutôt un film fantastique à grand suspens. Un homme paralysé à l'occasion d'être assisté, de manière expérimentale, par une petite guenon. Le fidèle compagnon va alors se révéler particulièrement jaloux. Nouveau film et nouvelle collaboration avec Tom Savini au maquillage.

1989 : co-scénariste de Darkside, les Contes de la Nuit noire, avec Michael McDowell. Darkside est un recueil de 3 histoires réalisée d'après des œuvres d'Arthur Conan Doyle, de Stephen King et de Michael McDowell, lui-même, mettant en scène notamment Christian Slater, Steve Buscemi et Julianne Moore.

1990 : il est producteur exécutif  de La Nuit des morts-vivants, le remake de Tom Savini.

Deux-yeux-malefiques.jpg1990 : Deux yeux maléfiques : l'adaptation de deux nouvelles d'Edgar Allan Poe par deux maîtres du cinéma d'horreur : Romero et Dario Argento.

 

1991 : il joue un rôle de guest star dans Le Silence des Agneaux, en interprétant le rôle d'un agent du FBI.

 

The-dark-half.jpg1993 : il réalise une deuxième adaptation d'un roman de Stephen King, La Part des ténèbres, qui raconte l''histoire d'un personnage de romans très violents, qui prend vie, lorsque son auteur décide de mettre un terme à son histoire.

bruiser.jpg

2000 : Romero revient avec un nouveau film, après 7 ans d'absence, en signant  Bruiser. Ce film reçoit un accueil mitigé. C'est l'histoire d'un homme dépassé, écrasé par son entourage (femme, patron et ami) qui se moque de lui. Il va se transformer en un tout autre homme lorsqu'il se réveille un jour avec un masque imprimé sur son visage.

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7 août 2011 7 07 /08 /août /2011 22:26

stanley_kubrick-7-copie-1.jpg

 

STANLEY KUBRICK (1928-1999)

 

 

 

 

 

 

 


Première passion, la photographie

Kubrick_roosevelt_look-copie-1.jpgPassionné de photographie, Kubrick se fait remarquer, à 16 ans, par une photo d'un vendeur de journaux dépité, à la mort du Président Roosevelt. Il vend cette photo à Look, où il sera ensuite engagé.

 

 

 

 

Premiers pas

Après avoir filmé quelques documentaires, dont l'un sur le boxer Walter Cartier, Stanley Kubrick signe son  premier long-métrage avec Fear and Desire (1953), une histoire de guerre. En 1954, il réalise Le baiser du tueur (killer's Kiss), mêlant boxe, sport qui le passionne, et gangsters. A cette époque, Kubrick n'a pas d'argent. Ce film lui permet de se faire remarquer, notamment par James Harris. Ensemble, ils fondent la société de production Harris-Kubrick. Il réalise ensemble L'ultime Razzia (The Killing), en 1956, une histoire de hold-up. Le film n'est pas un succès commercial, mais le duo se fait remarquer par la qualité du scénario.

 

 Un premier film controversé

Paths-of-Glory-copie-3.jpgEn 1957, Kubrick réalise Les sentiers de la gloire (Paths of Glory), un film antimilitariste sur la première guerre mondiale, avec notamment Kirk Douglas. Le film, très critique sur l'armée française, sera interdit en France pendant près de 20 ans. L'histoire principale est celle de 3 soldats, qui doivent être exécutés, à titre d'exemple, parce qu'un régiment à battu en retraite, lors d'une attaque sans victoire possible. C'est sur le tournage que Kubrick rencontre sa future femme, Christiane, qui joue le rôle d'une chanteuse allemande, avec qui il partagera 43 ans. La séquence où celle-ci interprète une balade allemande est parfaitement réalisée, procurrant de grandes émotions. Les soldats, extrêmement durcis par la guerre, apparaissent soudain tellement vulnérables face à cette jeune chanteuse, à la voix si douce et mélancholique. Une très belle scène. Le reste du film est une critique sévère d'une guerre qui a coûté la vie à beaucoup de soldats pour pas grand chose.

 

Spartacus, un péplum qui sort du lot

Spartacus-copie-1.jpgEn 1960, Kirk Douglas produit Spartacus, basé sur l'histoire de l'esclave du même nom, qui mena la Troisième Guerre Servile entre -73 et -71. Dès le début du tournage, Kirk Douglas insatisfait, retire la réalisation à Anthony Mann, pour la confier à Kubrick, avec qui il avait déjà travaillé pour Paths of Glory. Cela fait de lui un des rares acteurs à avoir travaillé sur plusieurs films avec Kubrick. A 32 ans et pour son deuxième film d'importance, Kubrick dirige des acteurs comme Kirk Douglas, Laurence Olivier, Jean Simmons, Peter Ustinov (Oscar du meilleur acteur dans un second rôle) ou Charles Laughton. Ce qui ennuiera beaucoup Kubrick dans ce film et que Kirk Douglas décidait tout, étant producteur. Il dira alors ne plus vouloir faire de film où il n'aurait plus le "final cut", la décision finale au montage. Le film remportera 4 Oscar

 

Des histoires toujours plus controversées, qui divisent

Lolita.jpgEn 1962, il réalise Lolita, l'adaptation d'un livre d'abord publié comme porno, car ne trouvant pas d'éditeurs au Etats-Unis et en Angleterre. Le film n'est pas fidèle au livre, mais le scénario est coécrit par l'auteur même du livre. A sa sortie, Lolita fait évidemment face à des problèmes de censure, notamment à cause des milieux catholiques influents, qui nécessiteront des coupures. Kubrick dira alors que s'il avait su qu'il serait confronté à une censure si sévère, il n'aurait pas tourné ce film. Cependant, la controverse participera au succès du film.

Il en sera de même avec Docteur Folamour (Dr. Strangelove or : How I Dr.-Strangelove-copie-1.jpgLearned to Stop Worrying and Love the Bomb), en 1964. Dr. Strangelove est une satyre incroyable et incroyablement drôle. Le Docteur Folamour est magnifiquement interprété par Peter Sellers (un des trois rôles qu'il joue dans ce film), qui signe là une deuxième collaboration de rang avec Kubrick, après Lolita. Comme la plupart de ses films, Dr. Strangelove fait parler et divise le public, mais au final, tous ses films, celui-là y compris, restent dans les mémoires et deviennent de grands classiques. A ce stade, Kubrick a acquis une liberté totale dans son travail.

 

Un film, une expérience

2001_A_Space_odyssey.gifEn 1968, Stanley Kubrick réalise 2001 : l'Odyssée de l'espace (2001 : Space Odyssey), qui n'est pas tout à fait un film, ni un documentaire, mais quelque chose comme une œuvre, une expérience de science-fiction. La réalisation est marquée par des effets spéciaux révolutionnaires pour l'époque, résultats de beaucoup d'ingéniosité et d'inventivité, qui lui vaudront l'Oscar des meilleurs effets spéciaux, l'unique dans sa carrière. Mais comme toujours, Kubrick aime prendre des risques et expérimenter, ce qui lui réussira toujours. La musique, de grands thèmes de musique classique, est utilisée comme un des éléments principaux pour raconter l'histoire, accordée parfaitement à chaque instant, indissociable de l'image. Cette utilisation remarquable de la musique est une constante chez Kubrick.

 

Encore une prise de risque

Clockwork-Orange.jpgStanley Kubrick ne cesse de prendre des risques tout au long de sa carrière, dans la manière de tourner, en repoussant les limites de ses acteurs et collaborateurs, par son inventivité, par ses expériences et par les sujets qu'il choisit. Avec Orange Mécanique (A Clockwork Orange), en 1971, Kubrick va faire face à une réaction du public qu'il n'avait pas prévue. A la suite de la sortie du film, très violent, beaucoup de méfaits, d'actes de violences, furent mis sur le dos du film, trop "inspirant", et de son réalisateur, que l'on accuse d'appel à la violence. Des attaques sont proférées contre Kubrick et sa famille qui vont jusqu'à recevoir des menaces de morts. Il décide alors, après 61 semaines à l'affiche, de retirer le film des salles britanniques. Cet acte montre également le pouvoir unique qu'avait alors Kubrick, de pouvoir retirer un film des salles, sans que les producteurs ne s'y oppose. Orange mécanique était alors le 2ème succès de la Warner, mais Stanley Kubrick avait leur soutien total (et ceux-ci savaient qu'il serait rentable à long terme).

Malcolm McDowell confia qu'il devint ami avec Kubrick pendant le tournage, et qu'il s'étonnera et sera déçu de ne plus jamais avoir de nouvelles de celui-ci après le film. Les membres du tournage d'un film de Kubrick devenaient vite proches et formaient une petite famille. Mais une fois la production terminée, les liens pouvaient être coupés au même instant.

 

Autre film, autre genre

barry_lyndon.jpgKubrick aura exploré pratiquement tous les genres et toutes les époques, et c'est un des meilleurs films prenant place au XVIIIè siècle qu'il signe avec Barry Lyndon, en 1975. La qualité du résultat, notamment visuelle, est due à l'énorme travail fournit sur l'éclairage (toujours naturel), sur l'utilisation du zoom (écrasant la perspective comme un tableau), sur la recherche de costumes. Malgré tout cet effort, Barry Lyndon n'est pas un succès commercial, mais remporte 4 Oscars.

 

Pas une mauvaise adaptation, juste un Kubrick

Shining.jpgUne œuvre de Kubrick ne peut être comparée à une autre, tout comme une adaptation de sa part ne peut être mise en rapport avec le roman initial. C'est ainsi avec lui, car ses réalisations sont uniques, par l'investissement total qu'il y dédie et la "patte" finale du réalisateur, qui font de ses films des Kubrick. Evidemment, l'adaptation cinématographique de Shining (1980), le roman de Stephen King, a déçu, voir fortement contrarié ce dernier (et certains de ses fans), qui n'a pas admis l'interprétation du réalisateur, ses choix dans les thèmes à mettre en avant et dans ceux à mettre de côté. Le film est bien loin du roman, mais peut-être est-ce plus raisonnable et plus sensé de considérer le film Shining comme une œuvre de Stanley Kubrick, et non pas comme l'adaptation du roman de Stephen King. A partir de là, plus grand-chose à reprocher à ce film à l'atmosphère particulièrement stressante. Cette sensation quelque chose de terrible va arriver est discrètement induite par une musique idéalement choisie, et par le jeu des acteurs très calme, serein.

Pendant le tournage, qui dura plus d'un an, Shelley Duval dira avoir vécu une expérience difficile, dans son jeu d'actrice (pleurer constamment, porter Danny, le garçon, ...), et sous la direction de Stanley Kubrick, très dur, repoussant sans cesse les acteurs dans leurs limites. Elle ajoutant pourtant que c'est également une expérience unique et extrêmement instructive, même si elle ne recommencerait pas.

 

La guerre d'un point de vue neutre

Full-Metal-Jacket.jpgPour Full Metal Jacket (1987), l'adaptation d'un roman The short-timers de Gustav Hasford, Kubrick coécrit le scénario avec l'auteur, comme il l'avait fait pour Lolita (Vladimir Nabokov) et Dr. Strangelove (Peter George). Le scénario est également écrit avec la participation de Michael Herr, un ancien correspondant de guerre au Vietnam. Avec Full Metal jacket, Kubrick voulait montrer la guerre sans prendre parti, contrairement à Paths of Glory, clairement antimilitariste. On voit dans une séquence du film une équipe de reporters de guerre qui film les soldats et les interroge. C'est peut-être une sorte de mise en abîme du film dans sa globalité. Un film quasi documentaire en deux parties, sur la préparation des recrues et leur immersion sur le terrain.

 

Une dernière réalisation

Eyes-wide-shut-copie-1.jpgReclus depuis 10 ans, sans accorder la moindre interview, Stanley Kubrick est l'objet de spéculations les plus farfelues et les plus blessantes. On pouvait parfois lire dans la presse que Kubrick était devenu fou. Il ne répondait pas, mais en était tout de même affecté. A cette époque, plus personne ne savait exactement à quoi il ressemblait. C'est ainsi qu'un homme, Alan Conway, a pu usurper son identité pendant une certaine période. Cette histoire est reprise dans le film Colour me Kubrick, où Conway est interprété par John Malkovitch. Il sort donc de l'ombre pour réaliser, en 1999, Eyes Wide Shut, un film sur les relations de couple comme il ne les connaît pas, lui bon père de famille, mais dont il est curieux.

Le tournage dur 14 mois, environ deux semaines par scène. C'est vraiment très long, et c'est évidemment dû à son perfectionnisme obsessionnel (il regrettait de n'avoir assez de temps pour faire plus de films), mais également aux attentes énormes qui pèse sur lui pour chaque nouveau film qu'il réalise. La sortie du film, tant attendue, le libère d'un poids gigantesque. Il meurt une semaine plus tard.

 

Le projet posthume

A.I-jpgDepuis longtemps, Stanley Kubrick a un projet qui lui tient à cœur, projet qui sortira plus tard sous le titre de A.I. Intelligence Artificielle (A.I. Artificial Intelligence). Cependant, le projet lui paraît si conséquent qu'il pense devoir collaborer avec un autre réalisateur, lui qui a toujours voulu pouvoir tout décider, de A à Z, pour ses films. Il appelle alors Steven Spielberg pour lui en parler. Le projet en reste pourtant là, car ils estiment que les effets spéciaux nécessaires seront si importants qu'il est préférable d'attendre quelques années, étant donné le développement si rapides de ceux-ci. Kubrick mourra avant de pouvoir réaliser son projet, mais Spielberg réalisera A.I. en 2001, avec comme base l'énorme travail qu'avait déjà accompli Kubrick.

 

Projet abandonné

Stanley Kubrick voulait aborder de nombreux thèmes. Il avait par exemple la volonté de faire un film sur la 2ème Guerre Mondiale. Il préparera longuement ce projet qui le tenait à cœur, basé sur le livre Wartime Lies (Louis Begley), qui se serait appelé Aryan Papers. Mais au moment où il était prêt, sortait La Liste de Schindler, de Steven Spielberg. Trouvant que les deux histoires étaient trop similaires, Kubrick abandonna le projet d'Aryan papers.

 

Source : Kubrick - A Life in Pictures, de de Jan Harlan (2001), et tous les films de SK...

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19 juin 2011 7 19 /06 /juin /2011 12:47

  FRANK MILLER

Frank_Miller.jpg Frank Miller est avant tout un dessinateur de BD. Il travaille dès l'âge de 19 ans chez Marvel Comics, puis chez DC Comics. On lui demande alors de remettre au goût du jour Batman, qu'il imagine quinquagénaire, névrosé et violent, dans The Dark Knight.

Longtemps Miller a refusé l'adaptation d'une de ses plus grandes œuvres, Sin City. Cependant, lorsque Robert Rodriguez lui montre un projet de film, Miller se laisse tenter et s'engage comme co-réalisateur.

Frank Miller commence à travailler avec le monde du cinéma sur des adaptations de ses œuvres. Il est scénariste pour Robocop 2 (1989) et 3 (1993), Daredevil (2003), puis pour 300 (2007).

Il participe ensuite plus activement en devenant co-réalisateur pour Sin City, puis unique réalisateur pour The Spirit.

 

5/5 - SIN CITY (3 histoires sombres)

sin-city.jpgPremière réalisation de Frank Miller, co-réalisé avec Robert Rodriguez et Quentin Tarantino. Sin City, comme son nom l'indique, est la ville du vice, où l'équilibre précaire est chamboulé en 3 histoires qui se croisent. Hartigan est peut-être le seul flic honnête, Marv le type le plus difficile à tuer, Nancy la plus jolie stripteaseuse, Kevin et Roark se battent pour la palme du plus vicieux. Quelques exemples parmi une ribambelle de personnalités hautes en couleurs.

Sin City, c'est aussi le rassemblement d'une meute d'acteurs  sin-city-1au jeu impeccable, pour une réalisation exceptionnelle  (dans le désordre, Bruce willis, Clive Owen, Jessica Alba, feu Brittany Murphy, Mickey Rourke, Elijah Wood, Josh Harnett, Rosario Dawson, Michael Madsen, Michael Clarke Duncan, Benicio Del Toro). C'est aussi un film parfait pour les hommes puisqu'on y trouve dans le désordre, des flingues, des bagnoles et des belles femmes. Parfois les trois se mélangent. Que du bonheur.

sin-city-2.jpgsin-city-3.jpg

 

5/5 - 300 (infériorité numérique)

300.jpg300 , réalisé par Zack Snyder en 2007, est adapté d'un comic de Frank Miller, scénariste cette fois. Zack Snyder nous livrait également une œuvre totalement surréaliste, du point de vue de l'image, des couleurs d'une beauté irréelle, et dans la manière de filmer les scènes d'action, improbables et hallucinantes.

300 raconte l'histoire de la bataille des Thermopyles, qui opposa, en -480, Léonidas, Roi de Sparte, et ses 300 meilleurs guerriers, à Xerxès ses milliers de Perses.

300-1


4,5/5 - THE SPIRIT (Duel immortel)

Réalisation par Frank Miller en 2008, The Spirit nous emmène à nouveau dans ce monde mi BD mi film que l'on découvrait avec Sin City.

Dans The Spirit, rien à voir avec le surréalisme de 300 au niveau des couleurs, on est beaucoup plus proche de Sin City, avec une réalisation en noir et blanc, marquée par des éléments clés en couleur. L'histoire est typique des comics, avec un méchant et un gentil opposés dans leur idéologie, mais également très proches par leurs origines, s'affrontant en symbolisant la lutte du Bien contre le mal. Les combats sont épiques avec des personnages quasiment immortels, le tout saupoudré d'une agréable dose d'humour.

Au casting, on retrouve notamment Samuel L. Jackson, dans le rôle d'Octopus (le méchant), Gabriel Macht, dans le rôle de The Spirit (le gentil), ainsi que Scarlett Johansson et Eva Mendes.

The-Spirit.jpg The-Spirit-2.jpg

 

De nombreuses œuvres de Frank Miller ont été, à ce jour, adaptées au cinéma, soit :

Batman (1989), de Tim Burton

Batman, le défi (1991), de Tim Burton

Robocop 3 (1993), de Fred Dekker

Spawn (1997), de Mark A.Z. Dippe

Daredevil (2003), de Mark Steven Johnson

Elektra (2004), de Rob Bowman

Batman Begins (2004), de Christopher Nolan

Sin City (2005), de Robert Rodriguez, Frank Miller et Quentin Tarantino

300 (2006), de Zack Snyder

Ronin (2007), de Sylvain White

The Dark Knight (2008), de Christopher Nolan

The Spirit (2008), de Frank Miller

Batman: Year One (2011), film d'animation de Sam Liu et Lauren Montgomery

On attend notamment, un sequel de 300, les suites 2 et 3 de Sin City.

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18 juin 2011 6 18 /06 /juin /2011 20:30

david-cronenberg.jpg

 

DAVID CRONENBERG

 

Le style : 

Réalisateur unique, il aborde des thèmes récurrents, donnant une touche particulière à ses films. Cronenberg fait partie des réalisateurs dont on sait, après avoir aimé un de ses films, qu'on appréciera le reste de sa filmographie. Ses réalisations sont si fascinantes, si particulières et si prenantes qu'à la fin d'un film, on a qu'une envie, regarder un autre Cronenberg au plus vite.

La filmographie de Cronenberg est empreinte d'épouvante liée à une évolution de la science pervertie, qui dégénère, avec une absence récurrente de "happy end".

 

Les thèmes abordés : 

Le sexe, la violence, la technologie, la biologie, la mutation ou transformation humaine, l'infection bactériologique. tant de thèmes qui reviennent de manière récurrente chez Cronenberg

 

La filmographie :

La filmographie de Cronenberg démarre par deux longs-métrages d'à peine plus d'une heure, Stéréo (1969) et Crimes of the Future (1970), réalisés avec tous deux avec très peu de moyens. Puis :

Frissons.jpg1974 Frissons (Shivers) : Dans un complexe immobilier, un virus résultant d'expériences menées par un médecin se propage à l'ensemble du complexe, transmis sexuellement. On assiste alors à une débauche où chaque individu peut être la victime des personnes infectées, devenues d'incontrôlables nymphomanes.

 

Rage-fr.jpg1976 Rage (Rabid) :A la suite d'un accident, une jeune femme est hospitalisée et subit une greffe de la peau. La femme se transforme alors en une sorte de vampire, munie d'un dard à l'aisselle, un symbole sexuel, qui lui permet de transmettre le virus. Les personnes infectées propages alors la maladie par morsure. L'épidémie se répand, échappant à tout contrôle.

 

The-Brood-copie-1.jpg1979 Chromosome 3 (The Brood) : Frank Carveth vit avec sa petite fille, Candice , alors que sa femme, Nola, est internée dans un centre psychiatrique où le psychiâtre responsable expérimente une thérapie nouvelle. Malheureusement, des effets secondaires imprévus sont à déplorer, spécialement sur Nola. ATTENTION SPOILER : qui donne naissance à des monstres par une sorte de cocon extracorporel.

 

Scanners.jpg1981 Scanners : Les scanners sont des personnes aux pouvoirs télépathiques puissants. Une société dirigée par un puissant scanner regroupe tous les autres scanners, avec le but de désorganiser le gouvernement. Ce dernier recrute alors un scanner pour infiltrer cette organisation. Cronenberg nous parle de la puissance de l'esprit sur le corp et du rejet des gens différents.

 

Videodrome-FR.jpg1983 Videodrome : Max Renn, directeur d'une petite chaîne de télévision découvre le programme Videodrome, uniquement composé de tortures et meurtres. La diffusion de ce programme a pour but de provoquer des hallucinations chez les spectateurs et de les asujetir. Film sur l'influence de la télévision, et des médias en général, sur la population, l'esprit. On retrouve des thèmes récurrents à Cronenberg tels que sexe, mutation biologique, interaction du corps et de la technologie. Videodrome marque un point de départ dans les films de Cronenberg où le personnage, élément central du film, cherche à comprendre ce qui lui arrive et qui il est. Ici, Max est le film, puisqu'il est en même temps la victime et l'acteur du programme Videodrome. Le spectateur s'identifie alors totalement au personnage, qui ressent en même temps attirance et répulsion vis-à-vis de Videodrome.

 

dead-zone.jpg1983 Dead Zone : Excellente adaptation d'un roman de Stephen King. Johnny Smith se réveille après 5 ans de coma doté d'un pouvoir exceptionnel, celui de voir le passé et l'avenir d'une personne en la touchant. Johnny est en prise avec un terrible dilemme lorsqu'il sert le candidat à la Maison Blanche et voit le chaos qui suivra son élection. Doit-il intervenir et jusqu'où.

 

The-Fly.jpg1986 La Mouche (The Fly) : Seth Brundle, biologiste de talent, est sur le point de concrétiser ses expériences relatives à la téléportation. SPOILER : l'expérience et la vie de Seth s'effondrent lorsqu'une mouche joue les intrus. L'amour entre Seth et sa compagne Veronica, parallèlement à la perte d'humanité qui découle de la transformation progressive de Seth. Le film se déroule uniquement dans l'appartement de Seth, où le spectateur est l'unique témoin de cette évolution dramatique. L'atroce transformation que subit Seth nous inspire finalement plus de pitié et de tristesse que d'épouvante. Veronica restera d'ailleurs jusqu'à la fin auprès de son amour.

 

FAUX-SEMBLANTS.jpg1988 Faux-semblants (Dead Ringers) : Les jumeaux Mantle vivent en symbiose. Tous deux gynécologues de renom, complémentaires dans leur métier, ils partagent absolument tout, se faisant passer l’un pour l’autre, notamment pour partager les femmes.

C’est une femme, Claire, qui va bouleverser l’ordre établi, créant un point de désaccord entre les jumeaux. Beverly tombe amoureux de Claire, alors que celle-ci et Elliot ne s’entendent pas. Les deux jumeaux vont alors progressivement prendre des voies divergentes.

La performance d’acteur de Jeremy Irons pour jouer les deux jumeaux, singulièrement différents dans leur comportement et leur caractère, est remarquable.

 

Le-festin-nu-copie-1.jpg1991 Le Festin nu (Naked Lunch) : Le Festin nu est une adaptation du roman du même nom de William Burroughs. Celui-ci a écrit son livre sous l’influence continuelle de drogue, mettant bout à bout des textes dans un ordre plutôt fantaisiste.

William Lee tue accidentellement sa femme, comme Burroughs. Cet acte marque un nouveau départ vers l’écriture et l'homosexualité, tous deux refoulés. Après cet incident, Lee se réfugie dans l’Interzone, centre névralgique d’une machination. Lee se rend alors compte qu’il est un agent et on lui demande de rédiger des rapports. A travers l’écriture de ses rapports, Lee, sans s’en rendre compte, écrit un chef-d’œuvre, le festin nu. Le thème de la création est abordé, ainsi que le danger de se faire posséder par ses créations. La création est alors assimilée à un virus, qui prend possession de l’auteur.

Le festin nu est une réalisation absolument extraordinaire de Cronenberg, une jouissance à l’état pur pour les fans du genre et du réalisateur.

 

M.-Butterfly-FR.jpg1993 M. Butterfly : René Calimard travaille à l'ambassade française de Pékin. Lors d'un spectacle, il tombe amoureux de la chanteuse qui interprète Madame Butterfly. Une relation amoureuse s'établit entre eux, mais Calimard ne se doute pas de la vraie nature de Song Liling. Basé sur une histoire vraie, M. Butterfly est une tragédie dramatique telle de grandes oeuvres d'opéra. La romance s'écroule lentement, tout comme le monde autour de Calimard, jusqu'à un finalement bouleversant. Comme souvent chez Cronenberg, l'homme subit une transformation et l'hallucination ou le désir prend le pas sur la réalité. Ce film marque également la deuxième collaboration entre Jeremy Irons et Cronenberg, après faux-semblants.

 

Crash-FR.jpg1996 Crash : Suite à un accident de la route, James Ballard fait la connaissance d'un cascadeur, Vaughan, qui reproduit des accidents ayant coûté la vie à des célébrités. Adapatation d'un roman de James Graham Ballard, Crash est un film haut en érotisme, mêlant sexe et mécanique. Un jeu de sexe se développe notamment autour de Ballard, sa femme, Vaughan, sa petite amie Gabrielle, sur fond de fétichisme des accident de la route.

 

Existenz.jpg1999 eXistenZ : plusieurs personnes sont réunies pour tester un nouveau jeu, eXistenZ. Les membres du groupe sont connectés via le système nerveux à un pod, entité biotechnologique leur permettant d'entrer dans le jeu, de vivre le jeu. La séance est interrompue lorsque un fanatique, opposé à l'évolution de ces jeux vue comme une mécanisation des humains, essaye de tuer sa créatrice, Allegra Geller. Sauvée par Ted Pikul. Le duo va alors devoir survivre à l'intérieur du jeu.

Dans ce film,  nous perd entre réalité et virtuelle. On en sait jamais, et les personnages non plus, si l'on est dans le réel ou dans le jeu.

On retrouve des thèmes récurrents chez Cronenberg. Lévolution et l'impact de la technologie sur les êtres humains, une mutation de biologie et de la technologie.

 

Spider.jpg2001 Spider : Après plusieurs années d'internement, Dennis alias Spider, incarné par un Ralph Fiennes excellent, se retrouve dans le quartier où il a grandi. Il alors va revivre son enfance au travers de lieux communs. Il se rappelle alors comment son père a petit à petit remplacé sa mère, pour une prostituée à la vulgarité exacerbée. Et finalement, la vérité n’est pas toujours ce qu’il n’y paraît. Cronenberg nous emmène dans les méandres de la folie, du déni et des mécanismes de défense, avec cette réalisation magnifique et extrêmement bien construite. Rien n’est laissé au hasard et tous les troubles du comportement de Dennis vont se révéler être des séquelles qui tirent leur origine son l’enfance.

 

a_history_of_violence-1.jpg2004 A History Of Violence : Pour cette réalisation, Cronenberg aborde le thème de la violence et dénonce l'omniprésence de cell-ci, dans la société. Le thème du virus et de sa propagation, connu chez Cronenberg, est repris ici représenté par la violence. La violence appel la violence.

Lorsque Tom Stall réplique de façon mortelle à des agresseurs dans son petit restaurant, celui-ci est rattrapé par son passé. Ses instincts l'entraineront à agir avec une violence sans limites, afin de protéger sa famille.

SPOILER La violence croît tout au long du film, au travers de ses personnages. Tom Stall, qui menait une vie calme, renoue avec son passé criminel, son fils qui commence à se battre à l'école (grand moment de révolte!), puis à tuer. La violence est également illustrée par les rapports sexuels de Tom et sa femme.

Cronenberg entraine encore une fois son héros dans le recherche de qui il est et de qui il veut être. Entre passé, présent et futur, entre violence et volonté de changer, quelle part de lui subsistera.

 

Eastern-Promises.jpg2007 Les Promesses de l'ombre (Eastern Promises) : Cronenberg renoue ici avec une certaine violence toutefois maîtrisée, à l’image de Nikolai Luzhin (Viggo Mortensen) qui cache une terrible violence sous des traits impassibles.

Anna Khitrova (Naomi Watts) enquête sur les circonstances curieuses de la mort d’une jeune russe. Elle se rend alors compte, trop tard, qu’elle fait face à un réseau de prostitution russe.

Naomi Watts est excellente, comme à son habitude, et l’on pourrait croire aux origines russes Viggo Mortensen et Vincent Cassel.

a_dangerous_method-6.jpg
2011 A Dangerous Method

Un film historique, sur les débuts de la psychanalyse et ses principaux fondateurs Carl Jung (Michael Fassbender) et Sigmund Freud (Viggo Mortensen), ainsi que sur les liens professionnels et sentimentaux entre Carl Jung et sa patiente Sabrina Spielrein (Keira Knightley). On y retrouve Vincent Cassel, pour une deuxième collaboration avec Cronenberg.

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25 avril 2011 1 25 /04 /avril /2011 21:30

DAVID LYNCH

David-LynchLe nom de David Lynch n’évoque pas seulement un réalisateur mais un univers unique. David Lynch est peut-être celui qui élève le plus le cinéma au statut d’art. En effet, les réalisations de David Lynch, formant son univers si particulier, sont véritablement des œuvres d’art visuelles. Le monde extraordinaire de David Lynch ne se destine donc pas à un public de masse, mais bien à un public spécifique.

Les spectateurs de David Lynch sont en partie des spectateurs qui ont aimés l’expérience vécue devant une précédente de ses réalisations. Ils sont également en partie des gens qui désirent découvrir cet univers, se faire leur propre opinion. Certains adoreront, d’autres détesteront, d’autres encore ne comprendront pas et se sentiront abusés, alors que certains aimeront ce flou inhérent et chercheront à percer le mystère.

A partir d’Elephant Man, suite à sa rencontre avec Angelo Badalamenti, Lynch prend la mesure de l’importance de la musique et les possibilités d’appuyer les effets visuels, de renforcer les émotions. Au préalable, ses films n’étaient pas seulement des expériences visuelles mais assorties uniquement d’effets sonores. Après leur rencontre, Angelo Badalamenti devient le compositeur de la musique de tous ses films à partir de Blue Velvet. Au final, la bande-son d’un film de David Lynch est un mélange de morceaux existant (jazz, rock, classique), des compositions de Badalamenti, et des effets sonores imaginés par David Lynch. Il passe en effet énormément de temps, dans un studio qu’il a aménagé chez lui, à travailler sur les sons, qu’il veut adapter à chaque image, à chaque scène. «J'ai toujours aimé le son, donc j'ai construit un studio où je peux expérimenter, et progressivement, j'ai commencé à expérimenter avec de la musique. Je ne suis pas un musicien, mais j'adore expérimenter, et essayer de faire de la musique

Ses débuts au cinéma sont en noir et blanc, un format qui permet d’accentuer les contrastes et le côté sombre du scénario. Le noir et blanc se prête particulièrement bien à Eraserhead, son premier long-métrage, l’histoire d’un homme abandonné par sa femme, qui ne supporte plus les lamentations incessantes de leur bébé « difforme ». Eraserhead, film fantastique sombre prenant place dans un décor industriel glauque, accompagné d’une bande-son créée par Lynch lui-même. 4 ans plus tard, il réalise Elephant Man, film sur la vie de John Merrick, atteint du syndrome de Protée, maladie provoquant d’importantes déformations physiques. Elephant Man remportera le César du meilleur film étranger et sera nominé 8 fois au Oscars (meilleur(e) film, réalisateur, acteur, adaptation, direction artistique, montage, musique de film et meilleurs costumes).

En 1984, il décline la réalisation du Retour du Jedi, préférant réaliser Dune. Œuvre fantastique, Dune est l’adaptation du roman du même nom de Frank Herbert. La réalisation sombre de David Lynch sera perçue comme un grand film par les uns et comme une trahison de l’œuvre originale par les autres. Lynch prend s’accapare l’œuvre, y ajoute des éléments, en transforme et en supprime de manière outrageuse. Le résultat est une œuvre visuelle réussie mais à ne pas mettre en comparaison avec le roman de Frank Herbert. Cependant, Dune sera un échec commercial.

Avec Blue Velvet, Lynch décide de repartir dans son univers et de réalisé un film avec lequel il pourrait s’exprimer, comme avec Eraserhead. Jeffrey Beaumont (Kyle McLachlan, déjà un fidèle du réalisateur), après avoir découvert une oreille dans un champ, décide de mener lui-même une enquête, accompagné de Sandy, la fille d’un inspecteur. Ses investigations vont le mener dans un monde glauque où la chanteuse Dorothy est sous l’emprise du pervers Frank Booth (Denis Hopper). "Blue Velvet s'est construit à partir de trois éléments: une chanson de Bobby Vinton […], un vieux fantasme de voyeur qui me hantait depuis longtemps (j'ai toujours rêvé de me glisser dans la chambre d'une jeune fille pour l'observer en secret pendant toute la nuit) et l'image d'une oreille coupée au milieu d'un pré...".

David Lynch réalise ensuite la série Twin Peaks, qu’il adaptera au cinéma quelques années plus tard. Entretemps, Lynch réalise Sailor et Lula, en 1990. Un des films de David Lynch les plus accessibles, convenants à un plus large public, Sailor et Lula est une histoire romantique, mêlant sexe et violence. Sailor, ex chauffeur d’un mafieux, et Lula, une jeune fille rêveuse, sont passionnément amoureux. Ils partent alors à l’inconnu, traqués par des tueurs engagés par la mère de Lula qui veut éliminer Sailor.

En 1991, Lynch adapte Twin Peaks au cinéma, série dont il est le réalisateur. Le film commence quand, dans la petite ville de Twin Peaks, une enquête s’ouvre sur le meurtre de Theresa Banks. Une année plus tard, nous suivrons les sept derniers jours de Laura Palmer, fille modèle le jour, débauchée la nuit. On navigue alors à travers ses cauchemars et hallucinations, où l’étrange côtoie l’angoisse.

Lost Highway est l’histoire de Fred Madison qui tue sa femme, pensant qu’elle le trompe. On vit alors cette histoire aux travers des différentes personnalités de Fred. Un voyage sur la Lost Highway, où de multiples questions émergent et auxquelles chacun devra trouver ses réponses. On est en plein univers Lynchien, que ceux qui s’y plaisent s’en réjouissent.

En 1998, Une histoire vraie raconte l’histoire vraie d’Alvin, qui, à 73 ans, décide de rejoindre son frère qui vient d’avoir une attaque et à qui il n’a pas parlé depuis 10 ans. Le résultat est un road movie en petit tracteur à travers plusieurs états.

Avec Mulholland Drive, on rentre dans le monde d’Hollywood et du chemin à parcourir pour être une star. Mulholland Drive est à mi-chemin entre le thriller classique et le monde énigmatique à outrance, où peut parfois nous transporter David Lynch. Après un accident, Rita (Laura Harring) a perdu la mémoire. Elle s’introduit alors chez Betty (Naomi Watts), qui va l’aider à comprendre qui elle est. Divisé en 2 parties, Mulholland Drive et ses scènes toutes plus mystérieuses les unes que les autres, avec ses dialogues captivants, nous agrippe et nous entraîne d’un bout à l’autre de l’histoire. Difficile d’ailleurs de fixer le début et la fin. Multiple seront les interprétations de l’histoire et il ne faut pas compter sur Lynch pour obtenir une réponse.

En 2006, avec Inland Empire, David Lynch renoue avec le film expérimental, comme il le dira à Laura Dern « je veux retrouver l’ambiance de Eraserhead. Je veux faire un film expérimental». En parlant du tournage, elle dira notamment : « Lorsque David m’a proposé mon rôle, il ne me l’a pas donné de scénario, seulement un indice sur l’histoire : un mariage qui bat de l’aile[…] Mon seul matériel était le monologue de 14 pages où Nikki laisse éclater sa fureur. Le tournage s’est déroulé sur trois ans, de façon sporadique. David m’appelait et me disait : « Laura, on tourne demain tu auras la scène ce soir ». Filmé en DV, la qualité d’image qui en découle nous plonge dans le monde d’Inland Empire. L’amour qui unit Nikki et Devon dans le film qu’ils tournent et celui qui naît dans la réalité va créer un flou. On ne sait jamais tout à fait si l’on assiste à une scène de l’histoire originale ou une scène du film qui y est tourné. Nikki elle-même se mélange les idées par moments et ne sais plus très bien où se trouvent les limites. On ne peut rien dire sur ce film, rien analyser. C’est avant tout un film d’ambiance, parsemé de dialogues et de scènes qui en sont dépourvues mais qui parlent d’elles-mêmes. Comme le dit David Lynch, « ce film est une expérience à vivre, comme tous les films. Celui-là est plus abstrait et laisse donc plus d’interprétations, mais il est encore possible d’y comprendre quelque chose. Ce sont les idées qui vous disent tout. Il se pourrait que la prochaine fois que j’aie des idées cela donne un film plus concret.

Lynch a remporté 2 Césars (Elephant Man et Mulholland Drive) et une Palm d’Or à Canne (Sailor et Lula), mais aucun Oscar (3 nominations)

 

Filmographie de David Lynch en tant que réalisateur :

  • Eraserhead (1976)David-Lynch-3 
  • Elephant Man (1980)
  • Dune (1984)
  • Blue Velvet (1986)
  • Sailor et Lula (1990)
  • Twin Peaks (1991)
  • Lost Highway (1997)
  • Une histoire vraie (1998)
  • Mulhollan Drive (2001)
  • Inland Empire (2006)

 

La fidélité de David Lynch envers ses différents collaborateurs et inversement et une des clés qui permet une telle qualité de création. Il y a bien évidemment Angelo Badalamenti qui compose la musique de ses films depuis Blue Velvet. Mais il y a aussi des acteurs qui sont présents de manière récurrente dans ses films, par exemple :

Laura Dern (Blue Velvet, Sailor et Lula, Inland Empire)

Harry Dean Stanton (Sailor et Lula, Twin Peaks, Une histoire vraie, Inland Empire)

Kyle MacLachlan (Dune, Blue Velvet, Twin Peaks)

Grace Zabriskie (Sailor et Lula, Twin Peaks, Inland Empire)

Jack Nance (Eraserhead, Dune, Blue Velvet, Sailor et Lula, Lost Highway)

 

David Lynch, comme dit précédemment, c'est aussi de la musique. D'abords la musique de ses films, puis des albums. Ci-après, les deux clips des deux morceaux du dernier album Good Day Today (2011), les autres morceaux de l'album étant des remix de ces deux-là, par des groupes tels que underworld et Boys Noize :

Good Day Today :

 I Know :
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12 avril 2011 2 12 /04 /avril /2011 01:42

Marc-Forster.JPGMarc Forster est un réalisateur suisse, né en Allemagne et officiant en Amérique (pas con lui). Après Loungers et Everything put together, réalisations relativement discrètes, Marc Forster signe l’excellent A l’ombre de la haine (Monster’s ball), en 2001. Un film magnifique qui permettra à Halle Berry d’obtenir l’Oscar de la meilleure actrice.

En 2003, il confirme avec Finding Neverland, biopic de la vie de l’écrivain James M. Barrie, créateur de Peter Pan. Interprété notamment par Johnny Depp, Kate Winslet et Dustin Hoffman, Finding Neverland est un tsunami sentimental, où le spectateur est renversé tour à tour par des effusions de joie et  de tristesse.

En 2005, Stay  [SPOILER]

nous entraîne dans les méandres d’un cerveau à l’agonie [SPOILER]. Une réalisation magnifique, interprétée par un excellent trio d’acteurs (Ewan McGregor, Ryan Gosling et Naomi Watts).

En 2006, avec L’incroyable destin d’Harold Crick (Stranger than fiction), Marc Forster nous livre un film au scénario original, où un homme entend dans sa tête la voix d’une romancière, plus précisément de celle qui est en train d’écrire sa vie, et sa mort.

En 2007, il réalise les Cerfs-volants de Kaboul (The Kite Runner), la dramatique histoire de deux enfants de Kaboul aux destins opposés.

En 2008, Marc Forster s’attaque à 007, redonnant un coup de neuf à James Bond en orchestrant Quantum Of Solace de la plus belle des manières.

Décidément, Marc Forster ne nous a pas encore déçu et c’est avec une confiance aveugle et avec impatience que j’attends ses prochaines réalisations, notamment World War Z, l’adaptation du roman de Max Brooks, The Runner ou encore The Jury.

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