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"David Lynch sait si bien raconter des histoires que parfois on a l'impression qu'il en raconte une, alors que ce n'est pas le cas" Roman Polanski

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3 janvier 2013 4 03 /01 /janvier /2013 17:31

5/5 - BLOOD FREAK (histoire d'horreur à la morale chrétienne)

1972, réalisé par Brad F. Grinter et Steve Hawkes. Steve Hawkes, n'est pas seulement co-réalisateur mais également le scénariste, le producteur et l'acteur principal. Ce croate d'origine, né Steve Sipek, a déjà joué un pseudo tarzan dans les films espagnols Tarzán en la gruta del oro et Tarzán y el arco iris, à l'image de Johnny Weissmuller, dont il est fan. Dans son film Blood Freak, il campe le premier rôle, celui d'une sorte d'Elvis qu'on dirait tout droit sorti de Bollywood. Le pauvre biker se retrouve transformé en dindon, à cause d'une expérience effectuée par des scientifiques relativement underground. En fait, le fin mot de l'histoire nous révèle que la vérité est légèrement différente. Mais n'en disons pas plus! Cela gâcherait tout le plaisir!

Tout commence par un discours qui se caractérise par son incohérence et sa vague argumentation pro-chrétienne-anti-drogue. Il nous est dispensé par un moustachu assis à un bureau, fumant sa clope et argumentant d'une manière tout ce qu'il y a de plus solennelle. On est immédiatement capté par le côté oldschool de l'image VHS altérée, accompagnée de ses lignes horizontales parcourant l'écran de haut en bas.

Blood-Freak-2.jpgUne fois le discours introductif, dénué de sens et d'une quelconque utilité, passé, on pense que le sermon est terminé et que l'on va enfin assister à de l'horreur. On se doute bien que l'on ne va pas se vomir dessus, comme c'est parti, mais on s'attend au moins à quitter la séance de catéchisme. Et bien non! Car alors qu'on pensait que le personnage principal était un biker badass, c'est en fait à un tout autre genre que l'on a affaire. Notre pseudo Elvis est en fait un ancien drogué repenti qui prône en permanence l'abstinence totale. A ses yeux, une taffe sur un joint est synonyme de comportement relevant du plus grand danger. Bref, notre loubard s'avère être un rabat-joie de première.

Il fait la rencontre d'Angel, en panne sur l'autoroute, qui porte bien son nom, puisque la jeune femme est une catholique convaincue. Contrairement à sa sœur Ann, qui elle préfère la drogue, la came, consommée en compagnie de son ami/dealer Jim, lors de soirées de débauches immondes et dégueulasses. Herschell (Elvis), qui devient Richard en français, est perdu face à ces deux femmes. Angel représente ses convictions, mais c'est pourtant d'Ann dont il tombe amoureux. La situation est terrible pour lui.

Blood-Freak.jpgPuis, tout s'enchaine. Il craque et tire une taffe sur un joint. En fait, c'est Ann qui joue sur la corde sensible en mettant en doute le courage de Richard. Le biker attrape alors le joint et lui démontre qu'il ose! Dans la foulée, deux scientifiques, travaillant dans le laboratoire underground du père des deux femmes, proposent à Richard de participer à une expérience. Tester de la viande de dinde , avant de pouvoir la commercialiser. Un des scientifiques use des mêmes ruses que la jolie Ann en lui disant que "du reste il ne lui semble pas être du genre à avoir peur de quoi que ce soit, de toute façon". En contrepartie, ils pourront lui fournir de la drogue ou plutôt "juste un extra ajouté au bonus". Le pauvre Richard accepte et va vivre un véritable enfer. L'homme-dindon est né.

Mince, j'ai peut-être réussi à faire croire à une vraie histoire. En fait, le scénario est totalement fou et dénué de sens. Il parait extrêmement probable que les scénaristes avaient un amour pour les drogues qui contraste avec la morale du film. Mais attendez... nous aurions alors affaire à du deuxième degré! On peut en tout cas l'espérer pour ses créateurs.

Mais la plus grande part de la richesse de Blood Freak ne réside ni dans le scénario, ni dans le look seventies des acteurs moustachus, mais dans ses doublages absolument hors norme. Des doublages complètement surréalistes et peut-être (sans doute, oui!) à moitié improvisés. Ils sont interprétés par des doubleurs qui imaginent nécessaire d'articuler chaque syllabe distinctement, de manière à former des dialogues totalement dénués de naturel. Le paroxysme de la jouissance de l'esprit nous traverse jusqu'au bout des orteils, lorsque des dindons sont doublés par des humains. Les doublages de Blood Freak sont tou simplement et certainement les pires que l'on puisse trouver, en dehors de l'amateurisme, et encore. Evidemment, dans le présent contexte cette nullité sans borne est synonyme d'éclats de rire et de sentiments de bonheur particuliers. Autant dire que c'est à voir absolument.

Blood-Freak-1.jpgLes textes de Blood Freak peuvent se résumer en une rhétorique abracadabrantesque faisant l'apologie de l'église face au fléau de la drogue. Autant dire que c'est très drôle.

Et on peut encore dire un grand Merci à toute l'équipe de doubleurs francophones qui ont fait un travail qui participe nettement à propulser Blood Freak dans la catégorie des plus grands nanars. Spécial remerciement pour CE dialogue :

- Vous n'allez pas me croire. C'est fouuu… c'eeest comme dans Star Trek, ou comme dans Le retour des Gudies.

- Ah ah ah. Jim, il est là, mais il est parmi les Gullies. T'as sniffé de l'opium ou quelque chose récemment ? J'pense que tu f'rais un fameux Gullies!

Mais au fait, qu'est-ce qu'un Gudies, ou un Gullies ??! Ce n'est pas faute d'avoir cherché et toute théorie sera la bienvenue. Mes compagnons de visionnage et moi-même en avons déjà torpillé une première, la référence au Goonies. Les doubleurs auraient improvisé. La fille fait alors référence à Star Trek ou au retour des Goonies. Mais elle fourche un peu sur le titre et dit Gudies au lieu de Goonies. Quant au moustachu, ne connaissant pas le film, il répète en disant Gullies au lieu de Gudies au lieu de Goonies. Théorie qui pourrait être acceptée si l'on faisait abstraction du fait que Les Goonies date de 1985 alors que Blood Freak a été réalisé en 1972. De plus, Le retour des Goonies n'existe tout simplement pas. Et plouf, dans l'eau!

J'ajouterais encore que, pour les fans de Steve Hawkes, celui-ci a joué dans 2056 Escape from Zombie Island, en 2012.

 


Démonstration de rire par deux acteurs de génie 

 


Une scène d'anthologie du nanar d'horreur
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10 novembre 2011 4 10 /11 /novembre /2011 11:32

3,5/5 - MEGA SHARK vs GIANT OCTOPUS

(Nanar au pays des poissons ou comment a-t-on osé ?)

Film surréaliste tant pas la médiocrité des effets spéciaux, des dialogues et de tout le reste. Les scènes où des bateaux de l'armée sont attaqués sont mes préférées. Aucune cohérence entre les images n'a été jugée indispensable. On passe de vue aériennes statiques d'un bateau militaire, à des prises de vue sous marines d'un requin en passant par des images du poste de commandement, avec ses néons roses et bleus, décors digne d'un film d'épouvante des années 80. Et puis les tirs du bateau, tentant de tuer le requin, ou plutôt le mégalodon, ne sont même pas dirigés dans la bonne direction. Bref, on atteint des sommets, ou plutôt des gouffres de médiocrité, et le pire c'est que c'est totalement assumé par les producteurs. The Asylum, c'est aussi des techniques basse-classe comme nous montrer, sans aucun scrupule, 3 fois le même plan, parfois 10, comme par exemple l'œil de la pieuvre.

Quant aux expériences que pratiquent les trois chercheurs, alors là, on comprend pas du tout à quoi elles servent. En tout cas, à partir d'une dent, du mélange de 3-4 couleurs dans des éprouvettes, du traitement par logiciel de on ne sait quelles mesures, la conclusion est évidemment que le monstre marin est un mégalodon !

Mega Shark vs Giant Octopus, c'est aussi la présence de grands acteurs. Enfin surtout un. Le grand, le fameux, l'unique : Lorenzo lamas. Ben si, vous vous rappelez, le rebelle qui se balade avec un sac de couchage sur l'avant de sa moto et son pote Bobby Sixkiller (qui s'appelle en fait Branscombe Richmond, ce qui n'est pas mal non plus) ?! Lorenzo Lamas, c'est aussi un Monsieur série TV, avec pas moins de 15 apparitions ou rôles récurrents dans des série TV, en plus du Rebelle, cette immense série.

Franchement, il faut oser, mais c'est finalement la plus grande qualité des productions Asylum, ils osent. Et en plus, tout ceci est réalisé à très faibles coûts. Oui enfin encore heureux !

 

Des effets spéciaux impressionnants

MEGA-SHARK-vs-GIANT-OCTOPUS-6.jpg

Des expériences hyper pointues, qui consistent à mélanger des couleurs

MEGA-SHARK-vs-GIANT-OCTOPUS-2.jpgMEGA-SHARK-vs-GIANT-OCTOPUS-3.jpg

Des acteurs de talent, mettant toutes leurs émotions dans leur rôle

MEGA-SHARK-vs-GIANT-OCTOPUS-7.jpg

 

Un petit extrait

 


 

 

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