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"David Lynch sait si bien raconter des histoires que parfois on a l'impression qu'il en raconte une, alors que ce n'est pas le cas" Roman Polanski

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10 mai 2012 4 10 /05 /mai /2012 22:11

4/5 - TAXIDERMIE (trois histoires pour trois générations)

Taxidermie, sorti en 2006, est un film estampillé (ex-)URSS, réalisé par le hongrois György Pálfi. Taxidermie est divisé en trois parties, racontant l'histoire de trois générations d'hommes. Le petit-fils, Lajos, nous raconte une tranche des histoires de son grand-père et de son père. Il termine par sa propre histoire, celle d'un taxidermiste. György Pálfi explore la nature humaine au travers de ces trois histoires, d'une manière qui se situe entre l'art et l'horreur. Trois histoires qui finalement n'en forment qu'une grande.

Le premier, Vendel Morosgoványi (Csaba Czene), est l'ordonnance, soit l'esclave, d'un officier de l'armée, à la fin de la deuxième guerre mondiale. Le pauvre aide de camp vit dans une cabane alors que l'hiver est glacial. Il se réchauffe alors avec ses rêves et ses fantasmes. En le voyant effleurer la flamme d'une bougie avec ses lèvres, on se rend compte que l'on rentre dans le domaine de l'étrange. Surtout qu'il le fait de manière répétée, ressentant apparemment  une certaine excitation, une jouissance. Et puis l'on se rend compte que cet homme est tellement en manque de femme, que le voyeurisme et ses multiples masturbations insolites ne lui suffisent plus. Son désir est si fort, qu'il finit par se donner du plaisir dans un tas de chair porcine, confondu avec un vagin. Glauque, bizarre, déviant, c'est ainsi que l'on débute avec cette première histoire. Morosgoványi finira quand même par toucher une femme, celle de son officier. Elle enfantera Kálmán, un bébé affublé d'une queue de cochon.

Son fils, Kálmán Balatony (Gergely Trócsányi), est un sportif un peu particulier. Ce champion de concours alimentaires est considéré comme un héros national, une gloire de l'union soviétique. Que ce soit un concours de soupe, de tête pressée ou de caviar les règles sont les mêmes. Interdit de manger-vomir-manger (la méthode romaine). Par contre, il va de soi que  la purge est de mise une fois le concours terminé. Adulés, ces hommes et ces femmes pratiquent néanmoins un sport dangereux, qui comporte des risques non négligeables pour la santé. Contrairement à son père, Kálmán est comblé en amour, puisqu'il rencontre une autre championne de nourriture, Gizella (Adél Stanczel). Mais le rêve de Kálmán est avant tout d'être champion olympique, aux jeux de Los Angeles. Malheureusement, à son grand désespoir, ceux-ci seront boycottés par les pays de l'Est. Gizella donne ensuite naissance à Lajos.

Le petit-fils, Lajos Balatony (Marc Bischoff), est taxidermiste, "sculpteur de matériel organique". Talentueux et reconnu, ce succès ne lui suffit pourtant pas. Ce qu'il désire est subsister pour l'éternité. Pour atteindre son rêve, il a imaginé une manière plutôt originale. Son œuvre ultime est tout simplement stupéfiante. A côté de cela, il s'occupe encore de son père. Celui-ci est devenu totalement obsédé par la nourriture. Au point qu'il avale des barres chocolatées sans ôter l'emballage d'aluminium, afin de les ingurgiter à un rythme plus élevé. Et il est devenu si gros qu'il ne peut plus se lever. C'est donc à Lajos de venir nourrir les chats sportifs de son père, que celui-ci nourrit avec des plaques de beurre pour les entrainer. La situation déborde de pathétique.

Pour illustrer son propos, György Pálfi emploie des images marquantes, parfois choquantes, tirées d'une imagination extrêmement fournie et un peu tordue. Le réalisateur s'est totalement lâché. Comme lorsque Morosgoványi se fait surprendre par une poule en train de se masturber au travers d'un mur de sa cabane de planche. Egalement lorsque ce même Morosgoványi laisse échapper de son sexe une flamme gigantesque, tout en éclatant de rire. Ou encore le final scotchant, la dernière œuvre de Lajos. Inutile de préciser qu'il vaut mieux visionner Taxidermie après avoir mangé. Il faut dire que l'on peut se douter de ce qui nous attend avec des sujets comme le sexe frustré, la compétition de nourriture et la taxidermie.

Pour s'exprimer, György Pálfi utilise aussi bien la personnalité que le physique de ces trois hommes. Il est intéressant de constater que chacun possède une caractéristique physique en lien avec  sa personnalité. Vendel a un bec de lièvre, ce qui ne l'avantage pas par rapport à l'attrait des femmes. Kálmán naît avec une queue de cochon et toute sa vie s'empiffrera "comme un porc". Lajos a un teint cadavérique, le comble pour un taxidermiste.

Dans ce film, György Pálfi ne cesse de nous surprendre et de nous faire passer par toutes sortes d'émotions : dégoût, compassion, horreur. Quoiqu'il en soit, s'il utilise des images parfois choquantes ou dures, ce n'est pas de manière gratuite, mais pour appuyer les critiques qu'il adresse, notamment à l'encontre de la période communiste.

 

Deux sites à visiter pour poursuivre le sujet :

 

Le site du film Taxidermie. Un site très bien fait, extrêmement riche en informations se rapportant aux sujets traités dans le film : l'histoire de la Hongrie autour de la deuxième guerre mondiale, les concours de nourriture, la taxidermie. Le site illustres également de nombreux sujets associés : records en tous genres, mythologie, œuvres de Gunther von Hagens, art contemporain ayant pour sujet le corps humain ou animal, …). Ce site est très bien construit et est abondamment illustré (photos, musiques) : http://www.taxidermia.hu/indexfr.htm

 

Fédération internationale de compétition de nourriture (International Federation of Competitive Eating) : www.ifoce.com

 

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Taxidermie-2

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10 mai 2012 4 10 /05 /mai /2012 21:42

La flambée des acteurs de cinéma dans des séries télévisées

 

Ces dernières années, la qualité et le nombre des séries TV se sont progressivement élevés. En parallèle, le nombre d’acteurs de cinéma s’appropriant des rôles majeurs dans des séries a également progressé, inversant l’ordre logique des événements, qui voudraient, apriori, que des acteurs du petit écran passent au grand.

Cependant, cela n’est pas vraiment nouveau. On se rappelle Roger Moore qui, au début de sa carrière, après quelques films, a joué dans Ivanohé (1958) et The alaskans (1959), puis dans Le Saint (1962) et Amicalement Vôtre (1971), deux séries mythiques. Amicalement vôtre dont il partage d’ailleurs l’affiche avec Tony Curtis, autre acteur de renom. On peut aussi citer, par exemple, Lee Van Cleef, dans L'Homme au Katana (1984), ou Michael J. Fox, dans Spin City (1996).

 

Dans le registre des acteurs qui se sont faits connaître ou qui ont eu des rôles dans des séries TV, au début de leur carrière, et qui ont ensuite percé dans le cinéma, on peut citer :

 

[acteur - série (année de la première saison)]

James garner - Maverick (1957), série adaptée au cinéma en 1994, avec Mel Gibson dans le rôle titre.

Richard Chamberlain - Le Jeune docteur Kildare (1961)

Michael Douglas - Les Rues de San Francisco (1972)

Nick Nolte - Le Riche et le pauvre (1976)

Robin Williams - Mork and Mindy (1978)

Pierce Brosnan - Les Enquêtes de Remington Steele (1982)

Alyssa Milano - Madame est servie (1984), qui n’a quand même pas fait des merveilles depuis.

Bruce willis - Clair de lune (1985)

Ed O'Neill, Christina Applegate - Marié, deux enfants (1987)

Johny Depp - 21 Jump Street (1987)

John Goodman - Roseanne (1988)

Will Smith - Le prince de Bel-Air (1990)

David Duchovny - X-files (1993)

George Clooney - Urgence (1994)

Jennifer Aniston, Courteney Cox, Matthew Perry, David Schwimmer, Lisa Kudrow et Matt Leblanc, avec plus ou moins de réussite - Friends (1994)

Jessica Alba - Les nouvelles aventures de Flipper le dauphin (1995)

Jessica Biel - 7 à la maison (1996)

Sarah Michelle Gellar - Buffy contre les vampires (1997)

James Van Der Beek, Joshua Jackson, Katie Holmes - Dawson (1998)

Eric Balfour - Six Feet Under (2001) et 24 heures chono (2001)

 

L’apparition d’acteurs de cinéma dans des séries TV a toujours été une tradition, pour le plus grand plaisir des spectateurs. Cependant cela se limitaient, le plus souvent, à des rôle de guest star, le temps d’un ou de quelques épisodes. Ce qui est relativement récent est le nombre toujours croissant d’acteurs de cinéma qui se sont laissés séduire par un rôle majeur dans une série TV. Ci-dessous, une liste chronologique non exhaustive :

 

[acteur - série (année de la première saison)]

Telly Savalas - Kojak (1973)

Burt Reynolds - Un privé nommé Stryker (1989), Evening Shade (1990)

Roy Scheider - SeaQuest, police des mers (1993)

Chuck Norris - Walker, Texas ranger (1993)

Michael J. Fox - Spin City (1996)

James Gandolfini - Les Sopranos (1999)

Martin Sheen - A la Maison Blanche (1999)

Charlie Sheen - Spin City (2000), Mon Oncle Charlie (2003)

Kiefer Sutherland - 24 Heures Chrono (2001), The Confession (2011)

Vincent D'Onofrio - New York Section Criminelle (2001), dont le rôle de « baleine » dans Full Metal Jacket restera inoubliable.

John C. McGinley - Scrubs (2001), qui a tout de même débuté avec Platoon et Wall Street.

James Caan - Las Vegas (2003), inoubliable dans Misery.

Kathy Bates - Six Feet Under (2003), également inoubliable dans Misery. Elle apparaît dans 10 épisodes de la série (2003-2005), et en réalise 5 (2001-2003). Elle apparaît ensuite dans bon nombre de série, avant de jouer le rôle titre de la série Harry's Law (2011). Elle sublime enfin la série American Horror Story (2013-2016).

James Cromwell - Six Feet Under (2003), 24 heures chrono (2007), il s'est fait connaître par des séries TV, et a fait énormément d'apparitions dans des série, pendant toute sa carrière.

Meryl Streep, Al Pacino - Angels in America (2003)

Gary Sinise - Les Experts Manhattan (2004)

Bill Pullman - Révélations (2005)

Glenn Close - The Shield (2005), Damages (2008)

Patricia Arquette - Medium (2005)

Ray Liotta - Dossier Smith (2006)

Alec Baldwin - 30 Rock (2006)

James Woods - Shark (2006)

Bill Paxton, Bruce Dern (le père de Laura Dern), Grace Zabriskie et Harry Dean Stanton - Big Love (2006)

Jeff Goldblum et Madeleine Stowe - Raines (2007)

Bruce Campbell - Burn Notice (2007)

Tom Berenger - October Road (2007)

Donald Sutherland - Dirty Sexy Money (2007)

Holly Hunter - Saving Grace (2007)

Christian Slater - Mon Meilleur Ennemi (2008), Forgotten (2009), Breaking In (2011)

Harvey Keitel - Life on Mars (2008)

Gabriel Byrne - En Analyse (2008)

Ron Perlman - Sons of Anarchy (2008)

Laurence Fishburne - Les Experts Las Vegas (2008)

Tim Roth - Lie to Me (2009)

Robert Carlyle - Stargate Universe (2009)

Patrick Swayze - The Beast (2009)

Rebecca Romijn - Eastwick (2009)

Ian McKellen - Le prisonnier 2009 (2009)

Laura Dern - Enlightened (2010)

Steven Seagal - True Justice (2010)

Steve Buscemi - Boardwalk Empire (2010)

Elijah Wood - Wilfred (2011)

Madeleine Stowe - Revenge (2011)

Jessica Lange - American Horror Story (2011-2015)

Jim Caviezel - Person of Interest (2011)

Sean Bean - Game of Thrones (2011)

Sam Neill - Alcatraz (2012)

Andie MacDowell - Jane By Design (2012)

Jennifer Love Hewitt - The Client List (2012), une série qui fait suite au téléfilm du même nom, de 2010, porté par la même actrice. L'histoire d'une femme qui en vient à se prostituer dans un salon de massage, pour faire face à la crise dont traverse sa famille.

Angelica Huston - Smash (2012)

Lawrence Fishburn - Hannibal (2013)

Kathy Bates - American Horror Story (2013-2016)

John Malkovitch - Crossbones (2014)

Matthew McConaughey - True Detective (2014)

Woody Harreslon - True Detective (2014)

Colin Farell - True Detective (2015)

Vince Vaughn - True Detective (2015)

Anthony Hopkins - Westworld (2016)

Ed Harris - Westworld (2016)

Thandie Newton - Westworld (2016)

Jude Law- The young Pope (2016)

Diane Keaton - The young Pope (2016)

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30 avril 2012 1 30 /04 /avril /2012 21:08

5/5 - Une trilogie "skinhead" de Daniel Schweizer

Daniel-Schweizer.jpgLe réalisateur suisse Daniel Schweizer est l'auteur de trois documentaires abordant les skinheads et leurs mouvements : Skin or Die (1998), Skinhead attitude (2003) et White Terror (2005). Dans ce documentaire en trois étape, Daniel Schweizer explore les méandres du mouvement skinhead, ou plutôt des mouvements, en s'appuyant sur des témoignages qu'il recueille en s'immisçant dans la vie de ces groupes underground.

On ne parle en effet pas de un mais de plusieurs mouvements. Derrière le mot "skinhead", la quasi-totalité de la population pense néonazis. Pourtant ceux-ci ne représente qu'une branche sombre du mouvement.

En effet, Skinhead Attitude (2003) explique au grand public l'origine trop peu connue du mouvement skinhead. On apprend que ce mouvement est né à la fin des années 60, en Angleterre, au sein des classes ouvrières. Les skinheads sont nés de la rencontre des rude boys, ouvriers jamaïcains travaillant en Angleterre, et des hard mods, de jeunes ouvriers anglais aux cheveux courts ou rasés. Leur look vient tout simplement de leurs habits de travail : DocMarten's, jean et bretelles.

Ils sont amateurs de ram jam, de soul et de ska, et son rythme syncopé. A ce stade, le mouvement est apolitique. Ce n'est que plus tard qu'une partie du mouvement vire progressivement à droite, toujours plus à droite, et prend position. C'est le groupe Screwdriver, et son chanteur Ian Stuart, qui insère progressivement dans ses chansons des messages nationalistes, puis racistes et néonazis. Un nouveau mouvement est créé. Celui des skinheads néonazis, appelés boneheads. Ils sont à l'origine du mouvement White Power, aujourd'hui mondialement représenté (enfin, surtout dans les pays occidentaux), qui prône la suprématie de la race blanche.

 

C'est d'ailleurs par le versant néonazi que Daniel Schweizer s'est tout d'abords attaqué au sujet. En 1995, Skin or die explore le néonazisme au travers d'interviews de jeunes néonazis de Suisse, et du reste de l'Europe (Pologne, Danemark). On se rend alors compte que ces gens sont avant tout des jeunes gens en manques de repères, des ignorants en marge de la société, et d'une frange pas toujours subtile de celle-ci. Le réalisateur s'immisce alors dans les rangs des membres des mouvements Hammerskin, Blood and Honnor et sa section armée Combat 18 (C18).

 

En 2005, pour White Terror, le dernier volet de sa trilogie, Daniel Schweizer renoue avec l'extrême droite radicale et sans compromis. Il parcourt les rangs des Blood and Honnor qui s'organise pour la guerre racial, de la Russie jusqu'aux Etats-Unis, en passant pas les pays de l'est, les pays nordiques et le reste de l'Europe. Avec internet, le mouvement s'organise et les sous-groupes nationaux communiquent. Aux Etats-Unis, des pactes d'alliances réunissent les skinheads, les milices nationalistes, les puritains d'extrême droite, le Ku Klux Klan, etc. Un regroupement idéologique s'opère naturellement dans le but de sauver la race blanche.

 

Dans ses reportages, Daniel Schweizer a réussi l'exploit de se faire accepter par des groupes parfois hostiles, dont il ne partageait pas du tout l'idéologie. Il réussit alors un autre exploit : celui de rester toujours objectif, alors qu'il devait être constamment révolté par ce qu'il entendait et voyait. Mais rien ne transparait dans ses reportages. Le principe même du journalisme je vous l'accorde. Cependant, tous n'arrivent pas toujours à respecter ces règles. Quoi qu'il en soit, Daniel Schweizer parvient à tenir son rôle de journaliste tout au long de ses trois documentaires d'un grand intérêt.

White Terror (2005)

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Skin or Die (1995)

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Skinhead Attitude (2003)

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White Terror (2005)

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30 avril 2012 1 30 /04 /avril /2012 20:31

Cigarette burns - brûlure de cigarette

C'est le nom donné à la marque signalant à l'opérateur un prochain changement de bobines. C'est un repère, rond ou ovale, situé en haut à droite de l'écran, ayant l'apparence d'une brûlure de cigarette, d'où il tire son nom. La marque était faite à même la pellicule. Elle apparaissait deux fois et avertissait l'opérateur de la fin prochaine de la bobine. Celui-ci faisait alors basculer le projecteur sur la bobine suivante, quand la deuxième brûlure de cigarette apparaissait.

Actuellement, la plupart des projecteurs sont automatique. Pourtant la technique utilisant deux projecteurs, nécessitant de changer de bobine, continue à être parfois utilisée.

 

trou-de-cigarette-1--Dracula-.jpg

trou-de-cigarette-2--Dracula-.jpgIci, les deux brûlures de cigarette annonçant le changement d'une bobine du film Dracula.

 

Dracula, réalisé en 1932 par Tod Browning, est considéré comme le premier film d'horreur parlant. Bela Lugosi, magnifique en compte Dracula, interprète là son rôle le plus connu de sa grande carrière. Tod Browning (Le Club des trois, L'Inconnu, Freaks), réalise également la meilleure adaptation du roman de Bram Stoker, jusqu'à celle de Francis Ford Coppola, en 1992. Deux films totalement incomparables, mais qui restent deux grandes œuvres intemporelles.

 

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28 avril 2012 6 28 /04 /avril /2012 16:53

4/5 - CONTAGION (Epidémie mondiale)

16 ans après Alerte! (Outbreak), Contagion nous sert un nouveau scénario catastrophe, mais réaliste, de l'expansion d'une épidémie hautement mortelle. En 1995, Alerte! faisait écho à l'épidémie du virus Ebola. Parmi les symptômes, on retient notamment des diarrhées, des vomissements et des hémorragies internes et externes. Le décès survient au bout d'environ deux semaines au maximum, lorsque le patient ne guérit pas. Ce virus était apparu en 1976 au Soudan, puis au Zaïre, faisant plus de 400 victimes. En 1989, il était arrivé aux Etat-Unis, contaminant des singes, par voies aériennes. On craint alors le pire. En 1992, autres cas recensés sur des singes, en Italie cette fois. Mais les victimes humaines ne dépasseront pas les frontières de l'Afrique. On continue ensuite à dénombrer, année après année, des victimes par dizaines, dans différents pays du continent africain (1994 : 31 au Gabon, 1995 : 251 au Zaïre, 1996 : 21 au Gabon, etc.).

Dans des conditions semblables, Contagion suit de près la menace du virus H5N1, prise très (trop ?) au sérieux par l'OMS. Pour rappel, le virus H5N1 est un virus grippal, apparu en 1997, à Hong Kong. C'est d'ailleurs également à Hong Kong que le Docteur Leonora Orantes (Marion Cotillard), experte de l'OMS, recherche la source du virus, dans le film de Soderbergh, de 2011.

Steven Soderbergh signe là un très bon film. Ce n'est absolument pas un film sensationnel construit avec l'objectif de faire paniquer le spectateur. Au contraire, il montre comment les choses se passeraient et comment les gens réagiraient, en réaction à une telle épidémie. Il illustre le sujet par différents points de vue, par un large panel des acteurs impliqués : une experte de l'OMS (Marion Cotillard), deux chercheurs en génétique du CDC - Centers for Disease Control and Prevention (Laurence Fishburne et Jennifer Ehle), une scientifique du CDC enquêtant sur le terrain et essayant de limiter l'expansion du virus (Kate Winslet), un père de famille dont ses proches sont victimes de l'épidémie (Matt Damon), la première personne infectée (Gwyneth Paltrow), ou encore un journaliste bloggeur indépendant qui veut dénoncer les mensonges du gouvernement (Jude Law).

La réalisation de Contagion est comparable avec celle de Traffic, qui traitait le sujet compliqué de la drogue et de ses multiples facettes (trafique, consommation, combat, répression, etc). La construction de ces deux films les rend très crédibles, objectifs, complets, et donc très agréables à regarder.

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Alerte! (Outbreak, 1995)

Film réalisé par Wolfgang Petersen (L'Histoire sans fin, Dans la ligne de mire, En pleine tempête, Troie), avec Dustin Hoffman, Morgan Freeman, Rene Russo, Kevin Spacey, Cuba Gooding Jr., Donald Sutherland.

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27 avril 2012 5 27 /04 /avril /2012 21:29

En attendant (avril 2012)

 

Cosmopolis, le dernier Cronenberg

A peine trois mois sont passés depuis A Dangerous Method et on lorgne déjà sur le prochain Cronenberg. En plus, je dis trois mois, mais cela fait déjà un temps qu'on l'attendait. En fait, un fan de Cronenberg n'attend pas son prochain film, mais se ronge les doigts en pensant au projet qui sortiront encore plus tard.

Il faut dire que Cosmopolis représente un retour du Cronenberg explorateur, et du retour de son univers et des thèmes qui y sont associés. Après  plus de 10 ans, et des films plus posés, moins "strange", on retrouve plusieurs de ses thèmes favoris : sexe, violence, cyber-biologie, mutation, etc. Dans l'intervalle, il nous a offert des films fabuleux, tels que Spider, A History of violence, Les Promesses de l'ombre, A Dangerous Method. Mais eXistenZ était le dernier film en date estampillé AUCC (Appellation Univers Cronenberg Contrôlée). On se réjouit donc de se replonger dans cet univers de folie, à tous points de vue, l'univers de Cronenberg , que naturellement lui seul maîtrise.

Bande-annonce 1 : http://www.youtube.com/watch?v=ptb5jCyt8nw
Bande-annonce 2 : http://www.youtube.com/watch?v=Xrwp8gxyZb4 

 

The Cabin in the Woods (la Cabane dans les bois)

Un film d'horreur plutôt prometteur. On a d'abords l'impression que l'on va rentrer dans un scénario de film d'épouvante on ne peut plus classique, avec un groupe de jeunes qui part en weekend dans un endroit isolé. Souvent, comme c'est le cas dans The Cabin in the Woods, le lieu de repos est une cabane isolée, dans les bois, au bord d'un lac. Et le nombre de films débutant par ce schéma, du groupe de potes partant en weekend, est légion (Evil Dead, Dead Snow, Vertige, Wrong Turn, Cabin Fever, …). Généralement tous les personnages meurent, sauf parfois un ultime survivant (quoique finalement, sa mort est souvent suggérée au moment du générique de fin).

Mais on se rend compte rapidement que The Cabin in the Woods, va bien plus loin dans la complexité. La cabane n'est que la pointe de l'iceberg. L'histoire est a priori beaucoup plus recherchée que le standard du film d'épouvante. Il faut dire que le réalisateur Drew Goddard, qui signe là son premier film, fut précédemment scénariste de Cloverfield, une référence intéressante. Il scénarisa également des épisodes de Buffy contre les vampires, Angel, Alias, et surtout de Lost, une série que je trouve écrite de manière extraordinaire.

Au niveau du casting, on retrouve notamment, pour le plaisir de ces demoiselles (enfin j'imagine), Chris Hemsworth, vu récemment dans le rôle de Thor.

Bande-annonce : http://www.youtube.com/watch?v=rOmW9MSxo0M

 

Dark Shadows, le dernier Tim Burton

Toute œuvre de Tim Burton est attendue et toute œuvre de Johnny Depp est attendue. On est donc d'autant plus impatient quand la sortie d'un film réunissant le réalisateur et l'acteur approche. Dark Shadows marque la 8ème collaboration entre les deux talentueux personnages.

Cette fois, c'est pour une histoire de malédiction et de vampire qu'ils nous emmènent. Dark Shadows est l'adaptation de la série réalisée par Dan Curtis entre 1966 et 1971, puis reprise en 1991. Barnabas Collins, interprété par Johnny Depp, est un vampire victime d'une malédiction.ette malédiction lui tombe dessus lorsqu'il repousse la femme qui l'aime. Il se réveille deux cents ans plus tard vampirisé. Dark Shadows est une comédie horrifique mettant en scène la famille Collins et ses mésaventures.

Aux côtés de Johnny Depp, les charmantes Eva Green, Michelle Pfeiffer et Helena Bonham Carter. En guest, on retrouvera Christopher Lee, pour une nouvelle collaboration avec Tim Burton, et Jonathan Frid, l'acteur qui jouait le rôle principal de Barnabas Collins, dans la série originale.

Bande-annonce : http://www.youtube.com/watch?v=3NVa7GHVnzA

 

Babycall, un film avec Noomi Rapace

On retrouve l'héroïne de Millenium, dans un thriller d'épouvante qui a priori devrait tenir le spectateur en haleine, grâce à une bonne dose de suspens et une tension mettant les nerfs à rude épreuve (pour Millenium on parle de la version originale de Niels Arden Oplev, pas du remake américain oscarisé (meilleur montage) de David Fincher). Tout commence lorsqu'Anna (Noomi Rapace) se refugie dans un appartement avec son fils de huit, pour échapper à son mari violent. Par sécurité, elle installe un babycall, ces sortes de talkie-walkie qui permettent de garder une oreille sur les bébés la nuit, dans la chambre de son fils. Tout s'enchaine lorsqu'elle commence à entendre, ou croit entendre, un enfant hurler dans le babycall. Difficile d'imaginer la suite, si ce n'est que l'ambiance promet d'être tendue et que l'on n'est pas au bout de nos surprises (enfin, on l'espère !). On ne saura sans doute pas avant la fin si Anna sombre dans la folie ou si elle est réellement des raisons de s'inquiéter.

Babycall est réalisé par le norvégien Pål Sletaune, qui signe là un quatrième long-métrage.

Bande-annonce : http://www.youtube.com/watch?v=mmez-TnN9uA

 

The Theatre Bizarre, 7 histoires grand-guignolesques

The Theatre Bizarre est un recueil de 7 histoires rendant hommage au Grand Guignol, un genre de spectacle d'horreur macabres, mêlant hémoglobine, torture, folie, meurtres. Il fut inventé en 1897, dans un théâtre parisien, par Oscar Méténier. Le Grand Guignol, c'est une haute dose de mauvais goût, arrosé aux globules rouges.

La bande-annonce de The Theatre Bizarre donne le ton. Ames sensibles s'abstenir, c'est une évidence. Amateur du genre, trépignez d'impatience, cela promet. Mais attention tout de même, car une bande-annonce peut parfois être bien trompeuse. Il faut alors se pencher sur les réalisateurs et acteurs en cause (un œil sur les producteurs également).

Au niveau des acteurs, pas de star du grand écran, si ce n'est Udo Kier. On l'a vu dernièrement dans Melancholia, dans le remake d'Halloween, ou encore dans la fausse bande-annonce grindhouse Werewolf Women of the SS. Quant aux réalisateurs, il sont issus du cinéma indépendant américain : David Gregory, réalisateur de nombreux documentaires, notamment sur le cinéma d'horreur, Jeremy Kasten, Douglas Buck, Buddy Giovinazzo, Tom Savini, le célèbre maquilleur, qui a beaucoup travaillé avec George Romero, et qui a réalisé un remake de La Nuit des morts-vivants, et le canadien Karim Hussain, qui nous a dernièrement offert le jouissif film d'exploitation Hobo wiht a Shotgun. Bref, de l'underground, de l'indépendant, du louche, du graveleux, du bon. Quoiqu'il en soit, le résultat semble vraiment bon, étant donné le budget de 500'000 dollars dont disposait chaque réalisateur.

Dans les festivals, peut-on lire sur le site d'Allocine, le film aurait entrainé évanouissements, vomissements et saignements de nez, dans les salles…

Bande-annonce : http://www.dailymotion.com/video/xqewd6_the-theatre-bizarre-bande-annonce_shortfilms 

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23 avril 2012 1 23 /04 /avril /2012 22:32

4,5/5 - SCARFACE (How to be a gangster)

Année de production :1983

Réalisation : Brian De Palma (Les Incorruptibles, L'impasse, Mission : Impossible), avec un scénario d'Oliver Stone (réalisateur de Platoon, JFK, Tueurs nés)

Avec : Al Pacino (Le Parrain, Donnie Brasco, L'associé du Diable), Michelle Pfeiffer (Les sorcières d'Eastwick, Batman, le Défi, Sam, je suis Sam), Steven Bauer (révélé par ce film, puis vu dans L'Esprit de Caïn, Le 11ème commandement, Traffic), Mary Elizabeth Mastrantonio (Abyss, Robin des bois : prince des voleurs, En pleine tempête)

Grand Film de gangster signé Brian De Palma, un remake du Scarface, de 1932, réalisé par Howard Hawks et scénarisé par Ben Hecht. C'est d'ailleurs à ces deux hommes que De Palma dédie son film.

Scarface met en scène l'évolution fulgurante de Tony Montana, un Cubain rentré illégalement aux Etats-Unis, en 1980, pour fuir Castro. Au grand dam de sa mère, la petite frappe va s'élever au rang d'homme de main, puis de caïd, pour finalement se trouver à la tête d'une puissante organisation de trafique de drogue. Tony va monter les échelons grâce à ses énormes ambitions, sa très grande gueule et une assurance hors du commun.

Il débute avec son ami Manny Ribera (Steven Bauer), en travaillant pour un certain Frank Lopez (Robert Loggia, L'honneur des Prizzi, Lost Highway), trafiquant de drogue. Mais Tony le trouve trop peu ambitieux. En plus, il tombe amoureux de sa compagne Elvira (Michelle Pfeiffer). Il décide donc de se mettre à son compte, et emporte Elvira avec lui. La vie est alors magnifique, Tony vit avec la femme qu'il convoitait tant, il croule sous l'argent, sniffe un peu de coke.

Mais plus le statut d'un truand est élevé et plus les dangers deviennent nombreux. L'intérêt de la police s'accroît de manière exponentielle, l'ivresse du pouvoir menace, les rivaux veulent vous éliminer, et on ne peut plus se permettre la moindre faute d'écart, la moindre erreur. Difficile de garder la tête froide au milieu de tout ça. Le pouvoir, Tony veut l'exercer sur tout et tout le monde, même sur sa sœur Gina (Mary Elizabeth Mastrantonio), aux dépends de sa liberté. Cette soif de pouvoir et cette assurance démesurée vont finir pas lui jouer des tours.

Al Pacino interprète Tony Montana de manière vraiment géniale. Son personnage et son accent, resteront à jamais dans les annales du cinéma. Ce rôle est un des meilleurs d'Al Pacino, après celui de Michael Corleone dans Le Parrain, tout comme Scarface est un des plus grands films de gangsters qui soient. A voir et à revoir.

Pour la petite histoire, le premier Scarface, de 1932, n'était pas l'œuvre originale. Il était basé sur le roman du même nom de Maurice Coon (1902-1930), qui l'écrivit sous le pseudonyme Armitage Trail. Le titre Scarface, vient du surnom donné à Al Capone, grand mafieux de l'époque, qui avait des cicatrices au visage récoltées au cours d'une bagarre. Coon l'écrivit en 1929, une année avant de mourir subitement d'une crise cardiaque.

Dernier mot sur le nom du héro. Celui qui s'appelait Tony Guarino dans le roman de Coon, devient Tony Camonte dans le film d'Howard Hawks. Oliver Stone, dans son scénario, donne au héro le nom de Tony Montana en l'honneur du joueur de football qu'il préfère, Joe Montana.

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20 avril 2012 5 20 /04 /avril /2012 16:49

3/5 - LA DERNIERE TENTATION DU CHRIST (Conte d'antant)

Pourquoi regarder un film datant de 1988 et retraçant la fin de la vie de Jesus, lorsque l'on ne croit absolument pas en Dieu, aux textes bibliques, et que l'on a même une certaine aversion pour (presque) tout ce qui caractérise les religions ? C'est la question que je me suis posée, moi qui refuse toute aliénation, individuelle ou collective, toute soumission aveugle, et qui condamne le dicta des chefs religieux, soi-disant plus en connexion avec le tout-puissant que le croyant lambda débordant de foi. Je respecte ceux qui croient en quelque chose, même si ce n'est pas mon cas, mais ne crois ni à l'authenticité des textes bibliques, ni à la relation privilégiée que revendiquent les religieux de métier, et encore moins qu'un Dieu miséricordieux attache de l'importance à la grandeur et à l'opulence des lieux de culte.

Mais je m'éloigne du sujet et de la question initiale : Pourquoi regarder La dernière tentation du Christ ?

Premièrement, parce que réalisateur est Martin Scorsese, un des Dieux du cinéma, justement. La liste des films de Scorcese que l'on a envie de citer est interminable : Taxi Driver, Raging Bull, La Valse des pantins, Les Affranchis, Les Nerfs à vif, Casino, Gangs of New York, Aviator, Les Infiltrés, Shine a Light, Shutter Island, Hugo Cabret, … et pour ne citer que les plus connus. En 2010, il a également réalisé le premier épisode de la série Boardwalk Empire.

Deuxièmement, pour en apprendre un peu plus sur l'histoire biblique, mais d'une façon ludique. En tout cas plus ludique que de lire la Bible. Cela dit, il est bien précisé que le film est basé sur le livre de l'écrivain grec Nikos Kazantzakis, intitulé La Dernière tentation, et non pas sur les textes sacrés.

Voilà donc déjà deux bonnes raisons de se lancer. Il ne m'en a pas fallu plus. J'ai vu et je ne sais ma foi pas quoi penser de La dernière tentation du Christ, une sorte de road movie biblique, ou plutôt spirituel.

Jésus (Willem Dafoe) est un homme tourmenté. Celui qui fabrique des croix pour les romains entend sans cesse Dieu s'adresser à lui. Il se présente en premier lieu comme un révolutionnaire. Contrairement à Judas (Harvey Keitel) qui veut lutter contre les romains par les armes, Jésus veut lui changer l'homme. Il aspire à ce que les violents et les riches, modifient leur comportement par Amour, au profit des pauvres et des malades. Il se découvre un talent d'orateur. C'est par ses discours d'Amour qu'il arrive à réunir des fidèles autour de lui. Il a des idées bien arrêtées et arriver à convaincre son entourage. En fait, le Messie s'apparente à une sorte de hippie avant l'heure, croyant à l'Amour universel et à sa force bénéfique.

Il a d'ailleurs des hallucinations, qui ne sont en l'occurrence pas provoquées par des stupéfiants en tous genres, mais par un jeûne de plusieurs jours. Pour l'instant rien de surnaturel, et encore moins de divin. Par contre, ces apparitions (son cœur, sous la forme d'un lion, Satan sous celle d'une flamme ardente), diminuent sa foi en l'Amour et l'incite à prendre la hache pour se battre.

Personnellement je ne peux comparer ce film avec la Bible, tant mon ignorance du texte n'a d'égal que mon désintérêt. Je le juge simplement sur le peux que j'y connais, sur l'histoire en tant que conte, et sur la manière dont elle est racontée par Scorcese.

Quoi qu'il en soit, Jésus réalise tout de même quelques miracles. Il commence par soigner un aveugle (ou peut-être que celui-ci avait juste les yeux encroûtés après une longue nuit de sommeil). Ensuite, il change de l'eau en vin (mais il est tout a fait plausible que le vin manque parce que l'organisateur de la fête en a bien assez bu, et qu'il s'est trompé sur le contenu de deux cruches). Puis, il ressuscite Lazare. Là encore, on a pu croire qu'il était mort, alors qu'il était inconscient, ou qu'il avait fait un arrêt cardiaque temporaire. Non mais stop, que l'on m'arrête, je blasphème de manière outrancière. Tout ce que je soutiens, c'est qu'une explication raisonnable est sûrement imputable aux miracles attribué à Jésus de Nazareth. Peut-être ont-ils tout simplement été inventés pour ajouter quelques lettres de noblesse à son CV, afin de lui donner encore plus de crédit.

Finalement, Scorcese nous le présente comme un homme, tout simplement. Pas un surhomme. Un homme qui veut servir Dieu, mais qui ne sait pas vraiment ce qu'il doit faire. Jusque sur la croix, Jésus est tiraillé entre le désir d'être un homme comme les autres, avec une vie paisible, une femme et des enfants, ou être le Messie, et mourir pour son Dieu. Personnellement je retiendrai ce message de Jésus : "peu importe la vérité, seul ce que les gens croient compte". Je pense que cette phrase définit parfaitement la notion de foi. Pour moi, les écritures religieuses sont à considérer comme des contes. Des histoires avec des idéologies, que l'on a réussi à vendre, siècles après siècles, peut-être parce qu'elles donnent tout simplement de l'espoir.

A l'affiche, on retrouve un grand Willem Dafoe (Platoon, Sailor & Lula, Animal Factory, Spider-Man), dans le rôle de Jésus, soutenu de près par Harvey Keitel (Thelma & Louise, La Leçon de Piano, Reservoir Dogs, Pulp Fiction), dans le rôle de Judas. On retient également les présences remarquées d' Harry Dean Stanton (Paul) et de David Bowie (Ponce Pilate).

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Pour la petite histoire, Scorcese est de ces réalisateurs qui témoignent une certaine fidélité avec ses acteurs. Ceux qui ont le plus tourné avec lui sont :

Harvey Keitel : débute sa carrière cinématographique avec I call first, Mean Streets, Alice n'est plus ici, trois films de Scorcese, puis dans Taxi Driver, La dernière tentation du Christ.

Robert de Niro : Mean Streets, Taxi Driver, New York, New York, Raging Bull, La Valse des pantins, Les Affranchis, Les Nerfs à vif, Casino,

Leonardo DiCaprio : Gangs of New York, Aviator, Les Infiltrés, Shutter Island et prochainement The Wolf of Wall Street (2013).

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17 avril 2012 2 17 /04 /avril /2012 21:31

Le Cross-over

Un cross-over est une figure de style du monde du divertissement représentant la rencontre, dans un même épisode, de deux personnages issus de deux franchises/séries différentes.

 

Au cinéma, dans les années 2000, on a eu droit à trois cross-over d'horreur mettant en scène quatre superstars du genre :

Freddy vs. Jason (2003), réalisé par Ronny Yu, et avec la présence immuable de Robert Englund

Alien vs. Predator (2004), réalisé par Paul W.S. Anderson.

Alien vs. Predator : requiem (2007), réalisé par les frères Colin et Greg Strause.

 

Au niveau de la télé, les cross-over sont relativement fréquents et font à chaque fois plaisir. C'est toujours amusant de voir des personnages, que l'on a l'habitude de voir dans des séries différentes, se rencontrer. Cela arrive souvent avec des séries policières, où deux équipes sont amenées à collaborer sur une affaire. Par exemple :

Mulder et Scully (X-files) collaborent, le temps d'un épisode, avec Frank Black, le flic charismatique de la série Millennium.

L'équipe des Experts Miami, travail sur une affaire avec leurs collègues de Manhattan.

Pour les épisodes 6 ans de recherche (Les Experts Las Vegas) et Après 6 ans de recherche (FBI : portés disparus), Gil Grissom et Jack Malone font chacun une apparition dans la série dont l'autre est leader.

 

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16 avril 2012 1 16 /04 /avril /2012 21:55

 

La saga Alien

La quadrilogie Alien fait partie des plus grandes œuvres de science-fiction et d'horreur. L'ensemble de ces quatre films présente une grande richesse, grâce à ses quatre excellents réalisateurs, qui chacun amène sa touche particulière (Ridley Scott, James Cameron, David Fincher, Jean-Pierre Jeunet). Deux autres ingrédients participent à la puissance des films Alien, deux personnages. Le premier, c'est Ellen Ripley, interprétée de manière fidèle, tout au long des quadrilogie, par la guerrière Sigourney Weaver. Le second, c'est évidemment la créature, l'Alien, créée par l'artiste suisse H. R. Giger. Je recommande d'ailleurs beaucoup de visiter le musée Giger, situé dans le petit village de Gruyère, qui rassemble un grand nombre de ses œuvres. Et c'est une bonne occasion pour manger une bonne fondue.

 

Alien (1979), de Ridley Scott.

Alien.jpgDeuxième réalisation après Les Duellistes, dans la carrière d'un réalisateur qui abordera toutes les époques et tous les genres. De manière succincte et dans le désordre, avec Blade Runner (science-fiction), Legend (heroic fantasy), Thelma & Louise (Road movie façon gangster), 1492: Christophe Colomb et Gladiator (historique), ou encore American Gangster (film de gangsters des années 70). La liste des (très bons) films de Ridley Scott est imposante, et la diversité des sujets traités, toujours avec un niveau élevé, l'est tout autant.

Dans ce film introduisant la créature dans le monde du cinéma, Ridley Scott nous a concocté un huis clos à déconseiller aux claustrophobes. En 2122, le Nostromo, un vaisseau commercial, se dirige vers la Terre lorsqu'il capte un signal d'une planète inconnue (mais baptisée plus tard LV-426). L'intelligence artificielle contrôlant le vaisseau réveille alors l'équipage de son hibernation. Celui-ci est composé du capitaine Dallas (Tom Skeritt), du second Kane (John Hurt), du lieutenant Ripley (Sigourney Weaver), du pilote Lambert (Veronica Cartwright), du scientifique Ash (Ian Holm) et des ingénieurs Brett (Harry Dean Stanton) et Parker (Yaphet Kotto). Une fois posé, une sortie de reconnaissance est organisée. Les trois membres du groupe explorateur (Dallas, Lambert, et Kane), découvrent alors un énorme vaisseau d'origine inconnue, dont tous les occupants semblent morts. C'est alors que Kane se fait attaquer par une créature qui s'agrippe à son visage. Le reste de l'histoire se déroule ensuite dans le vaisseau. L'angoisse grimpe de minutes en minutes. Le danger est omniprésent dans les dédales sombres du Nostromo.

Un casting plein de caractère, pour ce grand classique du cinéma de science-fiction (du cinéma en général), avec des gueules expressives, des personnalités de poids, des acteurs de talent :

Sigourney Weaver (Copycat, Le Village, Avatar), qui explose réellement à la face du monde, avec ce film, son troisième seulement.

Tom Skeritt (M.A.S.H., Dead Zone, Contact)

Veronica Cartwright (Les Oiseaux, L'Etoffe des héros, Les Sorcières d'Eastwick)

John Hurt (1984, V pour Vendetta, Melancholia)

Ian Holm (Le Festin nu, Le Cinquième élément, Le Seigneur des anneaux)

Harry Dean Stanton (Pat Garrett et Billy le Kid, Sailor & Lula, La Ligne verte)

Yaphet Kotto (Vivre et laisser mourir, Running Man, Midnight Run)

Le film remporta l'Oscar des meilleurs effets visuels.

 

Aliens (1986), de James Cameron.

Alien-2.jpgTroisième long-métrage de monsieur Cameron après Pirahna 2 et Terminator. Ensuite, outre la suite Terminator 2: Le Jugement dernier, on lui doit notamment les énormes succès Titanic (1997, 11 Oscars) et Avatar (2009, 3 Oscars).

Dans cette suite d'Alien, Sigourney Weaver reprend son rôle de Ripley, dans cette suite qui la voit revenir sur la planète LV-426, où son équipe s'était faite décimée dans Alien. Après son retour sur Terre, personne n'a tenu compte de ses mises en garde. Personne ne l'écoute quand elle évoque un organisme extraterrestre dont la propagation pourrait s'apparenter à un virus, et qui menacerait de décimer l'espèce humaine. Des colons ont donc été envoyés sur la planète découverte par Ripley et son équipe. Cependant, quelques temps plus tard, un groupe de Marines, est envoyé pour secourir les colons qui ne donnent plus signes de vie. Ripley décide alors de les accompagner.

Dans Alien, le retour (titre français), aux côtés de Sigourney Weaver, la petite Carrie Henn qu'on ne reverra plus, malgré sa bonne performance (elle remporte le Saturn de la meilleure jeune actrice).

Michael Biehn, vu deux ans plus tôt dans Terminator, dans le rôle de Kyle Reese, chargé de protéger Sarah Connor.

Lance Henriksen, dans le rôle du robot Bishop. Vu précédemment dans des films comme L'Etoffe des héros ou Terminator. Cependant, malgré ses nombreux rôles, Lance Henriksen restera pour beaucoup dans les mémoires pour son interprétation de Frank Black, le flic emblématique de la série Millenium.

Bill Paxton (Terminator, Aux Frontières de l'aube, Apollo 13)

Alien, le retour, remporta les Oscars du meilleur son et des meilleurs effets visuels.

 

Alien 3 (1992), de David Fincher.

Alien-3.jpgPremier long-métrage de celui qui réalisera, pour n'en citer que quelques uns, Seven, Fight Club, L'étrange histoire de Benjamin Button, ou plus dernièrement The Social Network.

Après s'être in extremis échappée de la planète LV-426, Ripley s'écrase sur Fiorina 16. Cette planète est uniquement occupée par un grand centre pénitentiaire, où une vingtaine d'hommes y vivent encore. Malheureusement pour eux, Ripley n'arrive pas seule. Peut-être l'épisode le plus sombre de la saga, avec ces innombrables couloirs obscurs, formant un labyrinthe infernal. Impression accentuée par l'éclairage, tantôt assumé par de faibles lumières orangées, tantôt par le métal en fusion de la fonderie. Pour détruire l'Alien, Ripley va d'abords devoir s'imposer au sein du groupe de prisonniers. Ensemble, ils vont ensuite élaborer plusieurs stratagèmes pour piéger la créature. Pour Ripley, la nécessité de la tuer est capitale, car elle soupçonne la société qui l'emploie de vouloir récupérer un spécimen pour l'étudier. Elle pense que la race humaine courrait à sa perte, dans un tel cas de figure. C'est pourquoi elle ira jusqu'au bout pour l'éviter.

Outre l'éternelle Sigourney Weaver, on retrouve quelques têtes connues, comme, Pete Postlethwaite, acteur au nom imprononçable, décédé d'un cancer en 2011. Natif d'Angleterre, Alien 3 correspond à son départ vers Hollywood. Sa carrière décolle 1 année plus tard avec Au nom du père (nomination au Oscars). On le voit ensuite dans des films comme Usual Suspects, Roméo + Juliette, Les Virtuoses, ou encore Amistad.

On retrouve également Lance Henriksen, qui interprète les restes d'un deuxième Bishop, en sale état.

 

Alien : resurrection (1997), de Jean-Pierre Jeunet.

Alien-resurrection.jpgLes films de Jean-Pierre Jeunet se caractérisent par un style particulier, et par la présence récurrente de certains acteurs. Pour ces deux principales raisons, les réalisations de Jeunet sont reconnaissables entre toutes. Il signe ce quatrième épisode de la franchise Alien, après deux excellentissimes premiers longs-métrages : Delicatessen (1991) et La Cité des enfants perdus (1995). Puis, il réalise Le fabuleux destin d'Amélie Poulain (2001), cet immense succès qui révélera Audrey Tautou, Un long dimanche de fiançailles (2004), et Micmacs à tire-larigot (2009). Jeunet met donc du temps à tourner un film, mais pour un résultat si bien pensé, avec énormément de détails et des dialogues de qualité. Avec Alien, on obtient la fantaisie et la créativité de Jeunet, tout en cohérence avec les contraintes inévitables dont on doit tenir compte pour la réalisation d'un quatrième opus. Pour moi, Jeunet réalise là le meilleur épisode depuis l'œuvre de Ridley Scott. C'est un film très riche en mises en scène diversifiées, soutenues par des décors magnifiques. Entre le mess, la salle d'expérimentation, où Ripley découvre de tristes vestiges d'expériences, celle où les premiers œufs éclosent, la cuisine inondées, ou encore celle abritant la Reine et son dernier rejeton, on est vraiment comblé. Jeunet ajoute également une dimension sentimentale, tout au long du film. Il termine même sur une note d'espoir (d'ailleurs, pour une fois, tout le monde ne meurt pas). Quant à Ripley, elle a gagné en force physique, mais montre par contre plus de sentiments qu'à son habitude.

Dans Alien, la résurrection, Jeunet commence des les premières secondes par deux coups d'éclat. On apprend que 200 ans après la mort de Ripley, des scientifiques l'ont ressuscité, ou plutôt clonée à partir de sang récupéré sur Fiorina 16. Et pourquoi se donner tant de mal ? Pour recréer le dernier spécimen Alien vivant, celui qui se trouvait dans son ventre. L'opération est un succès total. Ils en retirent immédiatement un Alien, une reine. Paf, dans ta tronche. Le film peut alors commencer sur de solides bases. Des scientifiques qui ont décidé de faire un élevage, pas très officiel, d'Aliens. Malheureusement, 200 ans plus tard, certains n'ont donc toujours pas compris que l'on ne peut pas maitriser des Aliens. A côté de ça, la nouvelle Ripley montre des capacités accrues, bénéfices apportés par sa part Alien,  et possède des souvenirs de son ancienne vie, transmis génétiquement.

Aux côtés de Sigourney, la jeune et jolie Winona Ryder, que l'on avait connue dans des films comme Beetlejuice, Edward aux mains d'argent ou Dracula. Elle est revenue dernièrement sur le devant de la scène avec des rôles dans Star Trek (2009) et Black Swan (2010).

On retrouve également un habitué des films de Jeunet (et Caro) : Dominique Pinon. L'acteur a été vu dans tous les films de Jeunet, depuis le court-métrage Foutaises (1989), soit Delicatessen (1991), La Cité des enfants perdus (1995), Le fabuleux destin d'Amélie Poulain (2001), Un long dimanche de fiançailles.

A l'affiche une autre "gueule", déjà vue dans La cité des enfants perdus : Ron Perlman. Découvert dans La Guerre du feu, l'acteur a souvent trouvé des rôles grâce à sa tronche. Dernièrement, il a notamment interprété Hellboy, dans l'adaptation cinématographique du comic, et le chef du club de motards, les Sons of Anarchy, dans l'excellente série du même nom.

Brad Dourif, révélé par son rôle de Billy Bibbit, dans Vol au-dessus d'un nid de coucou. On le verra, entre autres, dans des réalisations de David Lynch, donnant sa voix à la poupée Chucky, dans ses apparitions cinés et télés, puis plus récemment dans Le Seigneur des Anneaux, où il interprète le rôle de Grima Langue-de-Serpent.

Gary Dourdan, qui joue là dans un de ses plus gros longs-métrages, trois ans avant d'intégrer l'équipe des Experts Las Vegas.

 

Plus tard, deux autres épisodes d'Alien ont été réalisés : deux cross-over mettant aux prises des Aliens et des Predators, les deux extraterrestres les plus connus et surtout les plus dangereux.

Alien vs. Predator (2004), de Paul W.S. Anderson

Alien vs. Predator : requiem (2007), des frères Colin et Greg Strause

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