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"David Lynch sait si bien raconter des histoires que parfois on a l'impression qu'il en raconte une, alors que ce n'est pas le cas" Roman Polanski

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7 janvier 2012 6 07 /01 /janvier /2012 01:12

4/5 - TROIS ENTERREMENTS (Chemin de croix)

Trois Enterrements (The Three Burials of Melquiades Estrada) est la première réalisation pour le cinéma de Tommy Lee Jones (2005), dans lequel il tient aussi la tête d'affiche.

On retrouve TLJ dans un rôle qu'il a l'habitude d'interpréter, et pour lequel il est très bon. Le rôle de celui qui enquête après la découverte d'un meurtre. Ainsi, il mena l'enquête tantôt du côté des forces de l'ordre (No Country for old men, Dans la brume électrique, Le Fugitif), tantôt en tant que particulier, cherchant le meurtrier d'un proche (Dans la vallée d'Elah, Trois Enterrements). Mais, dans Trois Enterrements, cette recherche de la vérité ne constitue que la première partie de l'histoire. En effet, L'histoire peut être divisée en deux chapitres (même si en réalité, le film l'est en trois, comme les trois enterrements de Melquiades Estrada). D'abords les investigations qui mènent au meurtrier, puis l'expiation et le deuil. La seconde partie du film, sans vouloir en dévoiler trop, est une sorte de road movie, où le voyage représente à la fois le processus de deuil, et un mélange de punition et de quête de rachat par la douleur. L'un est vécu par Pete Perkins (TLJ), ami de la victime, l'autre par Mike Norton (Barry Pepper, La Ligne verte, plus récemment True Grit), le meurtrier.

L'histoire prend place dans le grand état du Texas, dans la grande Amérique, mais le monde est pourtant très petit dans cette affaire. C'est autour d'une poignée de personnages que va se construire une histoire de meurtre et ses suites. Elle va d'abords se reconstituer sous nos yeux, dans la première partie, puisque TLJ a choisi de nous raconter cette histoire par une succession de zigzags temporels. Les événements tournent autour de trois personnages principalement. Un immigrés mexicain, Melquiades Estrada (Julio Cedillo, The Mist, Dans la brume électrique, Cowboys & envahisseurs), celui qui l'a recueillit et qui lui a donné un travail, Pete Perkins, et celui qui va le tuer par erreur, Mike Norton (Barry Pepper), une nouvelle recrue des gardes-frontière. On comprend alors petit à petit les tenants et aboutissements dramatiques de cette histoire. Enfin, on croit avoir tout compris, jusqu'à ce que tout d'un coup l'histoire s'emballe, et le spectateur est ainsi entrainé dans un long voyage. Ce périple représente le salut des deux personnes restant du trio initial, l'ami et le tueur.

Film bourré d'émotions et d'humanité, si la première partie est plus emprunte d'idées politiques, s'attaquant au préjugé du méchant immigré mexicain, la deuxième partie est beaucoup plus chargée en émotions. Ces idées politiques et humanistes ne sont pas sans nous rappeler, dans la filmographie récente de TLJ, la critique féroce de l'armée dans Dans la vallée d'Elah, ou le regard porté sur les suites de l'ouragan Katrina et la condition des noirs américains, à la Nouvelle Orléans, dans Dans la brume électrique.

Aux côtés du trio de personnages principaux, rien n'est vraiment rose non plus. Il y a la serveuse du café du coin, Rachel (Melissa Leo, 21 grammes, Trouble jeu) qui, en plus de son mari le tenancier, se tape le shérif Belmont et Mike. Il y a le shérif Belmont (Dwight Yoakam,  Sling Blade, Panic Room. Egalement compositeur et interprète de musique country, dont l'un des morceaux figure dans la bande originale de Terminator 2), que son travail ne motive que modérément (et qui se tape la serveuse pré-citée). Et il y a la femme de Mike, Lou Ann (January Jones, Love Actually, Good Morning England), qui s'ennuie tellement qu'elle passe son temps dans le café, aux côté de Rachel.

Au final, ce film nous en met plein la vue, pendant près de 2 heures, à coup de petits détails accompagnant la trame principale. Rien n'est vraiment exagéré, tout y est mesuré. Pas de dialogue inutile, mais constamment les mots justes. La scène finale est tout bonnement extraordinaire. Un film à voir absolument en version originale, pour le plaisir des accents, des langues, et pour plus d'authenticité.

Trois Enterrements fut notamment récompensé à Cannes, en 2005, avec le prix d'interprétation masculine pour Tommy Lee Jones, et le prix du scénario pour Guillermo Arriaga (scénariste pour Amours chiennes, 21 grammes et Babel et scénariste et réalisateur de Loin de la terre brûlée).

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Published by Dr-Strangelove - dans Critiques 4-5
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