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"David Lynch sait si bien raconter des histoires que parfois on a l'impression qu'il en raconte une, alors que ce n'est pas le cas" Roman Polanski

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10 mai 2012 4 10 /05 /mai /2012 22:11

4/5 - TAXIDERMIE (trois histoires pour trois générations)

Taxidermie, sorti en 2006, est un film estampillé (ex-)URSS, réalisé par le hongrois György Pálfi. Taxidermie est divisé en trois parties, racontant l'histoire de trois générations d'hommes. Le petit-fils, Lajos, nous raconte une tranche des histoires de son grand-père et de son père. Il termine par sa propre histoire, celle d'un taxidermiste. György Pálfi explore la nature humaine au travers de ces trois histoires, d'une manière qui se situe entre l'art et l'horreur. Trois histoires qui finalement n'en forment qu'une grande.

Le premier, Vendel Morosgoványi (Csaba Czene), est l'ordonnance, soit l'esclave, d'un officier de l'armée, à la fin de la deuxième guerre mondiale. Le pauvre aide de camp vit dans une cabane alors que l'hiver est glacial. Il se réchauffe alors avec ses rêves et ses fantasmes. En le voyant effleurer la flamme d'une bougie avec ses lèvres, on se rend compte que l'on rentre dans le domaine de l'étrange. Surtout qu'il le fait de manière répétée, ressentant apparemment  une certaine excitation, une jouissance. Et puis l'on se rend compte que cet homme est tellement en manque de femme, que le voyeurisme et ses multiples masturbations insolites ne lui suffisent plus. Son désir est si fort, qu'il finit par se donner du plaisir dans un tas de chair porcine, confondu avec un vagin. Glauque, bizarre, déviant, c'est ainsi que l'on débute avec cette première histoire. Morosgoványi finira quand même par toucher une femme, celle de son officier. Elle enfantera Kálmán, un bébé affublé d'une queue de cochon.

Son fils, Kálmán Balatony (Gergely Trócsányi), est un sportif un peu particulier. Ce champion de concours alimentaires est considéré comme un héros national, une gloire de l'union soviétique. Que ce soit un concours de soupe, de tête pressée ou de caviar les règles sont les mêmes. Interdit de manger-vomir-manger (la méthode romaine). Par contre, il va de soi que  la purge est de mise une fois le concours terminé. Adulés, ces hommes et ces femmes pratiquent néanmoins un sport dangereux, qui comporte des risques non négligeables pour la santé. Contrairement à son père, Kálmán est comblé en amour, puisqu'il rencontre une autre championne de nourriture, Gizella (Adél Stanczel). Mais le rêve de Kálmán est avant tout d'être champion olympique, aux jeux de Los Angeles. Malheureusement, à son grand désespoir, ceux-ci seront boycottés par les pays de l'Est. Gizella donne ensuite naissance à Lajos.

Le petit-fils, Lajos Balatony (Marc Bischoff), est taxidermiste, "sculpteur de matériel organique". Talentueux et reconnu, ce succès ne lui suffit pourtant pas. Ce qu'il désire est subsister pour l'éternité. Pour atteindre son rêve, il a imaginé une manière plutôt originale. Son œuvre ultime est tout simplement stupéfiante. A côté de cela, il s'occupe encore de son père. Celui-ci est devenu totalement obsédé par la nourriture. Au point qu'il avale des barres chocolatées sans ôter l'emballage d'aluminium, afin de les ingurgiter à un rythme plus élevé. Et il est devenu si gros qu'il ne peut plus se lever. C'est donc à Lajos de venir nourrir les chats sportifs de son père, que celui-ci nourrit avec des plaques de beurre pour les entrainer. La situation déborde de pathétique.

Pour illustrer son propos, György Pálfi emploie des images marquantes, parfois choquantes, tirées d'une imagination extrêmement fournie et un peu tordue. Le réalisateur s'est totalement lâché. Comme lorsque Morosgoványi se fait surprendre par une poule en train de se masturber au travers d'un mur de sa cabane de planche. Egalement lorsque ce même Morosgoványi laisse échapper de son sexe une flamme gigantesque, tout en éclatant de rire. Ou encore le final scotchant, la dernière œuvre de Lajos. Inutile de préciser qu'il vaut mieux visionner Taxidermie après avoir mangé. Il faut dire que l'on peut se douter de ce qui nous attend avec des sujets comme le sexe frustré, la compétition de nourriture et la taxidermie.

Pour s'exprimer, György Pálfi utilise aussi bien la personnalité que le physique de ces trois hommes. Il est intéressant de constater que chacun possède une caractéristique physique en lien avec  sa personnalité. Vendel a un bec de lièvre, ce qui ne l'avantage pas par rapport à l'attrait des femmes. Kálmán naît avec une queue de cochon et toute sa vie s'empiffrera "comme un porc". Lajos a un teint cadavérique, le comble pour un taxidermiste.

Dans ce film, György Pálfi ne cesse de nous surprendre et de nous faire passer par toutes sortes d'émotions : dégoût, compassion, horreur. Quoiqu'il en soit, s'il utilise des images parfois choquantes ou dures, ce n'est pas de manière gratuite, mais pour appuyer les critiques qu'il adresse, notamment à l'encontre de la période communiste.

 

Deux sites à visiter pour poursuivre le sujet :

 

Le site du film Taxidermie. Un site très bien fait, extrêmement riche en informations se rapportant aux sujets traités dans le film : l'histoire de la Hongrie autour de la deuxième guerre mondiale, les concours de nourriture, la taxidermie. Le site illustres également de nombreux sujets associés : records en tous genres, mythologie, œuvres de Gunther von Hagens, art contemporain ayant pour sujet le corps humain ou animal, …). Ce site est très bien construit et est abondamment illustré (photos, musiques) : http://www.taxidermia.hu/indexfr.htm

 

Fédération internationale de compétition de nourriture (International Federation of Competitive Eating) : www.ifoce.com

 

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Taxidermie-2

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Published by Dr-Strangelove - dans Critiques 4-5
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