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"David Lynch sait si bien raconter des histoires que parfois on a l'impression qu'il en raconte une, alors que ce n'est pas le cas" Roman Polanski

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7 août 2011 7 07 /08 /août /2011 22:26

stanley_kubrick-7-copie-1.jpg

 

STANLEY KUBRICK (1928-1999)

 

 

 

 

 

 

 


Première passion, la photographie

Kubrick_roosevelt_look-copie-1.jpgPassionné de photographie, Kubrick se fait remarquer, à 16 ans, par une photo d'un vendeur de journaux dépité, à la mort du Président Roosevelt. Il vend cette photo à Look, où il sera ensuite engagé.

 

 

 

 

Premiers pas

Après avoir filmé quelques documentaires, dont l'un sur le boxer Walter Cartier, Stanley Kubrick signe son  premier long-métrage avec Fear and Desire (1953), une histoire de guerre. En 1954, il réalise Le baiser du tueur (killer's Kiss), mêlant boxe, sport qui le passionne, et gangsters. A cette époque, Kubrick n'a pas d'argent. Ce film lui permet de se faire remarquer, notamment par James Harris. Ensemble, ils fondent la société de production Harris-Kubrick. Il réalise ensemble L'ultime Razzia (The Killing), en 1956, une histoire de hold-up. Le film n'est pas un succès commercial, mais le duo se fait remarquer par la qualité du scénario.

 

 Un premier film controversé

Paths-of-Glory-copie-3.jpgEn 1957, Kubrick réalise Les sentiers de la gloire (Paths of Glory), un film antimilitariste sur la première guerre mondiale, avec notamment Kirk Douglas. Le film, très critique sur l'armée française, sera interdit en France pendant près de 20 ans. L'histoire principale est celle de 3 soldats, qui doivent être exécutés, à titre d'exemple, parce qu'un régiment à battu en retraite, lors d'une attaque sans victoire possible. C'est sur le tournage que Kubrick rencontre sa future femme, Christiane, qui joue le rôle d'une chanteuse allemande, avec qui il partagera 43 ans. La séquence où celle-ci interprète une balade allemande est parfaitement réalisée, procurrant de grandes émotions. Les soldats, extrêmement durcis par la guerre, apparaissent soudain tellement vulnérables face à cette jeune chanteuse, à la voix si douce et mélancholique. Une très belle scène. Le reste du film est une critique sévère d'une guerre qui a coûté la vie à beaucoup de soldats pour pas grand chose.

 

Spartacus, un péplum qui sort du lot

Spartacus-copie-1.jpgEn 1960, Kirk Douglas produit Spartacus, basé sur l'histoire de l'esclave du même nom, qui mena la Troisième Guerre Servile entre -73 et -71. Dès le début du tournage, Kirk Douglas insatisfait, retire la réalisation à Anthony Mann, pour la confier à Kubrick, avec qui il avait déjà travaillé pour Paths of Glory. Cela fait de lui un des rares acteurs à avoir travaillé sur plusieurs films avec Kubrick. A 32 ans et pour son deuxième film d'importance, Kubrick dirige des acteurs comme Kirk Douglas, Laurence Olivier, Jean Simmons, Peter Ustinov (Oscar du meilleur acteur dans un second rôle) ou Charles Laughton. Ce qui ennuiera beaucoup Kubrick dans ce film et que Kirk Douglas décidait tout, étant producteur. Il dira alors ne plus vouloir faire de film où il n'aurait plus le "final cut", la décision finale au montage. Le film remportera 4 Oscar

 

Des histoires toujours plus controversées, qui divisent

Lolita.jpgEn 1962, il réalise Lolita, l'adaptation d'un livre d'abord publié comme porno, car ne trouvant pas d'éditeurs au Etats-Unis et en Angleterre. Le film n'est pas fidèle au livre, mais le scénario est coécrit par l'auteur même du livre. A sa sortie, Lolita fait évidemment face à des problèmes de censure, notamment à cause des milieux catholiques influents, qui nécessiteront des coupures. Kubrick dira alors que s'il avait su qu'il serait confronté à une censure si sévère, il n'aurait pas tourné ce film. Cependant, la controverse participera au succès du film.

Il en sera de même avec Docteur Folamour (Dr. Strangelove or : How I Dr.-Strangelove-copie-1.jpgLearned to Stop Worrying and Love the Bomb), en 1964. Dr. Strangelove est une satyre incroyable et incroyablement drôle. Le Docteur Folamour est magnifiquement interprété par Peter Sellers (un des trois rôles qu'il joue dans ce film), qui signe là une deuxième collaboration de rang avec Kubrick, après Lolita. Comme la plupart de ses films, Dr. Strangelove fait parler et divise le public, mais au final, tous ses films, celui-là y compris, restent dans les mémoires et deviennent de grands classiques. A ce stade, Kubrick a acquis une liberté totale dans son travail.

 

Un film, une expérience

2001_A_Space_odyssey.gifEn 1968, Stanley Kubrick réalise 2001 : l'Odyssée de l'espace (2001 : Space Odyssey), qui n'est pas tout à fait un film, ni un documentaire, mais quelque chose comme une œuvre, une expérience de science-fiction. La réalisation est marquée par des effets spéciaux révolutionnaires pour l'époque, résultats de beaucoup d'ingéniosité et d'inventivité, qui lui vaudront l'Oscar des meilleurs effets spéciaux, l'unique dans sa carrière. Mais comme toujours, Kubrick aime prendre des risques et expérimenter, ce qui lui réussira toujours. La musique, de grands thèmes de musique classique, est utilisée comme un des éléments principaux pour raconter l'histoire, accordée parfaitement à chaque instant, indissociable de l'image. Cette utilisation remarquable de la musique est une constante chez Kubrick.

 

Encore une prise de risque

Clockwork-Orange.jpgStanley Kubrick ne cesse de prendre des risques tout au long de sa carrière, dans la manière de tourner, en repoussant les limites de ses acteurs et collaborateurs, par son inventivité, par ses expériences et par les sujets qu'il choisit. Avec Orange Mécanique (A Clockwork Orange), en 1971, Kubrick va faire face à une réaction du public qu'il n'avait pas prévue. A la suite de la sortie du film, très violent, beaucoup de méfaits, d'actes de violences, furent mis sur le dos du film, trop "inspirant", et de son réalisateur, que l'on accuse d'appel à la violence. Des attaques sont proférées contre Kubrick et sa famille qui vont jusqu'à recevoir des menaces de morts. Il décide alors, après 61 semaines à l'affiche, de retirer le film des salles britanniques. Cet acte montre également le pouvoir unique qu'avait alors Kubrick, de pouvoir retirer un film des salles, sans que les producteurs ne s'y oppose. Orange mécanique était alors le 2ème succès de la Warner, mais Stanley Kubrick avait leur soutien total (et ceux-ci savaient qu'il serait rentable à long terme).

Malcolm McDowell confia qu'il devint ami avec Kubrick pendant le tournage, et qu'il s'étonnera et sera déçu de ne plus jamais avoir de nouvelles de celui-ci après le film. Les membres du tournage d'un film de Kubrick devenaient vite proches et formaient une petite famille. Mais une fois la production terminée, les liens pouvaient être coupés au même instant.

 

Autre film, autre genre

barry_lyndon.jpgKubrick aura exploré pratiquement tous les genres et toutes les époques, et c'est un des meilleurs films prenant place au XVIIIè siècle qu'il signe avec Barry Lyndon, en 1975. La qualité du résultat, notamment visuelle, est due à l'énorme travail fournit sur l'éclairage (toujours naturel), sur l'utilisation du zoom (écrasant la perspective comme un tableau), sur la recherche de costumes. Malgré tout cet effort, Barry Lyndon n'est pas un succès commercial, mais remporte 4 Oscars.

 

Pas une mauvaise adaptation, juste un Kubrick

Shining.jpgUne œuvre de Kubrick ne peut être comparée à une autre, tout comme une adaptation de sa part ne peut être mise en rapport avec le roman initial. C'est ainsi avec lui, car ses réalisations sont uniques, par l'investissement total qu'il y dédie et la "patte" finale du réalisateur, qui font de ses films des Kubrick. Evidemment, l'adaptation cinématographique de Shining (1980), le roman de Stephen King, a déçu, voir fortement contrarié ce dernier (et certains de ses fans), qui n'a pas admis l'interprétation du réalisateur, ses choix dans les thèmes à mettre en avant et dans ceux à mettre de côté. Le film est bien loin du roman, mais peut-être est-ce plus raisonnable et plus sensé de considérer le film Shining comme une œuvre de Stanley Kubrick, et non pas comme l'adaptation du roman de Stephen King. A partir de là, plus grand-chose à reprocher à ce film à l'atmosphère particulièrement stressante. Cette sensation quelque chose de terrible va arriver est discrètement induite par une musique idéalement choisie, et par le jeu des acteurs très calme, serein.

Pendant le tournage, qui dura plus d'un an, Shelley Duval dira avoir vécu une expérience difficile, dans son jeu d'actrice (pleurer constamment, porter Danny, le garçon, ...), et sous la direction de Stanley Kubrick, très dur, repoussant sans cesse les acteurs dans leurs limites. Elle ajoutant pourtant que c'est également une expérience unique et extrêmement instructive, même si elle ne recommencerait pas.

 

La guerre d'un point de vue neutre

Full-Metal-Jacket.jpgPour Full Metal Jacket (1987), l'adaptation d'un roman The short-timers de Gustav Hasford, Kubrick coécrit le scénario avec l'auteur, comme il l'avait fait pour Lolita (Vladimir Nabokov) et Dr. Strangelove (Peter George). Le scénario est également écrit avec la participation de Michael Herr, un ancien correspondant de guerre au Vietnam. Avec Full Metal jacket, Kubrick voulait montrer la guerre sans prendre parti, contrairement à Paths of Glory, clairement antimilitariste. On voit dans une séquence du film une équipe de reporters de guerre qui film les soldats et les interroge. C'est peut-être une sorte de mise en abîme du film dans sa globalité. Un film quasi documentaire en deux parties, sur la préparation des recrues et leur immersion sur le terrain.

 

Une dernière réalisation

Eyes-wide-shut-copie-1.jpgReclus depuis 10 ans, sans accorder la moindre interview, Stanley Kubrick est l'objet de spéculations les plus farfelues et les plus blessantes. On pouvait parfois lire dans la presse que Kubrick était devenu fou. Il ne répondait pas, mais en était tout de même affecté. A cette époque, plus personne ne savait exactement à quoi il ressemblait. C'est ainsi qu'un homme, Alan Conway, a pu usurper son identité pendant une certaine période. Cette histoire est reprise dans le film Colour me Kubrick, où Conway est interprété par John Malkovitch. Il sort donc de l'ombre pour réaliser, en 1999, Eyes Wide Shut, un film sur les relations de couple comme il ne les connaît pas, lui bon père de famille, mais dont il est curieux.

Le tournage dur 14 mois, environ deux semaines par scène. C'est vraiment très long, et c'est évidemment dû à son perfectionnisme obsessionnel (il regrettait de n'avoir assez de temps pour faire plus de films), mais également aux attentes énormes qui pèse sur lui pour chaque nouveau film qu'il réalise. La sortie du film, tant attendue, le libère d'un poids gigantesque. Il meurt une semaine plus tard.

 

Le projet posthume

A.I-jpgDepuis longtemps, Stanley Kubrick a un projet qui lui tient à cœur, projet qui sortira plus tard sous le titre de A.I. Intelligence Artificielle (A.I. Artificial Intelligence). Cependant, le projet lui paraît si conséquent qu'il pense devoir collaborer avec un autre réalisateur, lui qui a toujours voulu pouvoir tout décider, de A à Z, pour ses films. Il appelle alors Steven Spielberg pour lui en parler. Le projet en reste pourtant là, car ils estiment que les effets spéciaux nécessaires seront si importants qu'il est préférable d'attendre quelques années, étant donné le développement si rapides de ceux-ci. Kubrick mourra avant de pouvoir réaliser son projet, mais Spielberg réalisera A.I. en 2001, avec comme base l'énorme travail qu'avait déjà accompli Kubrick.

 

Projet abandonné

Stanley Kubrick voulait aborder de nombreux thèmes. Il avait par exemple la volonté de faire un film sur la 2ème Guerre Mondiale. Il préparera longuement ce projet qui le tenait à cœur, basé sur le livre Wartime Lies (Louis Begley), qui se serait appelé Aryan Papers. Mais au moment où il était prêt, sortait La Liste de Schindler, de Steven Spielberg. Trouvant que les deux histoires étaient trop similaires, Kubrick abandonna le projet d'Aryan papers.

 

Source : Kubrick - A Life in Pictures, de de Jan Harlan (2001), et tous les films de SK...

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Published by Dr-Strangelove - dans Réalisateurs
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