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"David Lynch sait si bien raconter des histoires que parfois on a l'impression qu'il en raconte une, alors que ce n'est pas le cas" Roman Polanski

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17 octobre 2011 1 17 /10 /octobre /2011 13:53

3/5 - MARTIN (Triste comte)

Cinquième réalisation de Georges A. Romero, 9 ans après La Nuits des morts-vivants. Film à part dans la discographie du maître de l'horreur et dans l'histoire du cinéma. Rien n'a été fait de semblable à ce film qui sous couvert d'une histoire de vampire, traite de faits beaucoup plus terriens. Cette histoire qui pourrait faire penser à un film d'horreur, s'avère finalement être une histoire dramatique. Romero nous livre une œuvre unique, dont la qualité est depuis reconnue, mais qui fut un flop commercial à sa sortie.

Martin (John Amplas) est l'histoire de ce jeune homme de 17 ans, qui vient vivre chez son cousin Cuda, un vieux bigot persuadé que Martin est un vampire, un Nosferatu, maladie transmise dans la famille depuis plusieurs générations. Cuda veut détruire le mal, pour délivrer la petite communauté dans laquelle il vit. Martin lui a fini par se persuadé qu'il est un vampire, et à développé une fascination pour le sang. Il va jusqu'à tuer pour consommer le sang de ses victimes. Cependant, cette nécessité lui déplaît et il prend toujours garde de ne pas faire souffrir ses victimes, en les endormant. Il leur coupe alors une veine, boit de leur sang, et s'enfuit ensuite sans laisser de traces, faisant croire à un suicide. Les victimes de Martin sont toutes de belles femmes, et le vrai problème de Martin est sa timidité. Il n'ose faire l'amour avec une femme éveillée et c'est réellement pour cela qu'il les endort.

Cette histoire explore en fait les angoisses liées à l'adolescence et aux débuts de la sexualité. C'est aussi l'adolescent qui se cherche. Il boit le sang de jeunes femmes, alors qu'il démontre maintes fois à son cousin qu'il n'a rien d'un vampire. L'autre sujet qui fâche, et qui est abordé dans Martin, est évidemment la religion. A travers ce film, Romero signe une critique féroce de la religion et de ses croyances mystiques, démodées. Il y joue d'ailleurs le rôle d'un curé aimant le vin et les digestifs, mais ne croyant pas trop aux démons et aux vampires. Il est le jeune curé qui vient remplacer un confrère vieillissant. Il représente alors la direction que doit suivre l'église, au lieu de s'enfermer dans un conservatisme moyenâgeux.

Evidemment que ce film a pris un coup de vieux. Par exemple, le sang avait à l'époque une couleur et une consistance qui manquait terriblement de crédibilité. Et pourtant, loin de moi l'idée de mettre en doute les immenses qualités de Tom Savini, responsable maquillage et effets spéciaux (également un petit rôle en tant qu'acteur). Une première collaboration entre les deux figures légendaires du cinéma d'horreur, qui sera suivies de nombreuses. Mais c'est seulement la deuxième réalisation sur laquelle Savini travaille en tant que maquilleur. Martin reste tout de même un film violent, immoral et dur, encore actuellement. La note finale est spécialement dure et noire, et totalement inattendue.

 Martin-1.jpgMartin-2.jpg

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Published by Dr-Strangelove - dans Critiques 3 -5-5
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