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"David Lynch sait si bien raconter des histoires que parfois on a l'impression qu'il en raconte une, alors que ce n'est pas le cas" Roman Polanski

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13 octobre 2011 4 13 /10 /octobre /2011 23:19

Les origines du commencement

Qu'est-ce que c'est que cette nouvelle mode qui est apparue ces dernières années ? Lorsque des sagas arrivent au bout de leur histoire ou lorsque tous les livres d'une saga littéraire ont été adaptés, on revient presque systématiquement aux origines (du mal), au commencement de l'histoire. Pur et simple effet de mode ?

Plutôt le moyen d'exploiter le filon, même lorsqu'il paraît totalement épuisé. Est-ce que cela marche ? Est-ce que c'est toujours bien fait ?

Débutons cette brève et succincte analyse par quelques exemples.

L'Exorciste.  Il y a d'abord eu le mythique et acclamé L'Exorciste (1973), adaptation du roman de William Peter Blatty, de 1971. On a ensuite pensé qu'il suffirait de faire une suite pour se remplir les poches et il y a eu le mauvais L'Exorciste 2 (1977).  Puis, William Peter Blatty a sans doute voulu redresser la barre, en réalisant également une suite, avec le un peu moins mauvais L'Exorciste 3 (1990), avec en français le titre extrêmement original de L'Exorciste, la suite. 13 ans plus tard, alors que remettre de vieux classiques au goût du jour est à la mode, est réalisé L'Exorciste : The Beginning, réalisé par Renny Harlin (58 Minutes pour vivre, Cliffhanger, L'Ile aux pirates), qui reçoit un bien mauvais accueil par la critique et par les spectateurs. Il sera également nominé deux fois aux Razzies Awards (pire réalisateur et Pire suite, prequel, remake ou dérivé). Le tournage fut d'abords débuté par Paul Schrader, scénariste de films comme Taxi Driver ou Raging Bull. Mais on lui retira ensuite la direction, car son film n'était pas assez gore, lui qui voulait favoriser une tension psychologique. cette autre préquel, Exorcist : the original prequel, refusé par les producteurs, sortira une année plus tard.

En 1991, sort Le Silence des agneaux. Comme souvent, le livre a été choisi pour être adapté pour la qualité de son histoire et son potentiel de retranscription au cinéma, soit potentiel financier, ou rentabilité. Pour Le Silence des agneaux, la qualité et le succès sont si importants que l'on ne pouvait déjà pratiquement plus arrêter la machine. En fait, le livre Dragon rouge a déjà été adapté en 1986 par Michael Mann, avec Le Sixième Sens, mais peu de gens s'en rappelle.

La saga de Thomas Harris, tournant autour d'Hannibal Lecter, est entièrement adaptée. Après la réalisation de la suite Hannibal (2000), puis, d'un retour en arrière (soit ce qui se passe juste avant Le Silence des Agneaux), avec Dragon rouge (2002), on assista à la sortie presque inévitable d'un Hannibal Lecter : les origines du mal (2007), où l'on découvre l'enfance d'Hannibal Lecter. Ce dernier film est adapté du roman de Thomas Harris, sorti l'année précédente, qui est d'ailleurs le scénariste du film. Ce dernier épisode s'avère être le moins bon d'une saga qui s'essouffle, et qui a peut-être tiré un coup de trop.

En 1974, sort sur les écrans un des plus grands classique du film d'horreur-épouvante : Massacre à la tronçonneuse, de Tobe Hooper. Il réalise également la suite Massacre à la tronçonneuse 2, en 1986, qui aura un peu moins de succès. Outre la présence de Tom Savini au maquillage et de Denis Hopper en tête d'affiche, on retient les débuts de Bill Moseley, un des acteurs fétiches de Rob Zombie. On le retrouvera peu après dans le remake de La Nuit des morts vivants d'un certain Tom Savini. 1990 voit le jour de Leatherface : Texas Chainsaw Massacre III, de Jeff Burr (l'auteur de films immensément connus et admirés comme Stepfather 2, Puppet Master IV et V, ou encore Pumpkinhead II) et avec un certain Viggo Mortensen pas trop connu à l'époque, faut-il le préciser). Toujours est-il que le grand classique de Tobe Hopper tourne progressivement à la saga, et pas forcément à la saga de grande qualité, puisque le niveau baisse à chaque épisode.

On ne va d'ailleurs pas s'étendre sur Massacre à la tronçonneuse, la nouvelle génération (1994, avec Matthew McConaughey et Renée Zellweger, dans leurs grands débuts. Anecdote amusante, ils avaient déjà tourné ensemble dans My Boyfriend's Back et dans Génération rebelle, tous deux leurs premiers films !). Ce quatrième volet est l'œuvre d'une certaine Kim Henkel, scénariste des 3 premiers volets et du suivant Massacre à la tronçonneuse (2003), le remake du premier film, réalisé par Marcus Nispel (qui s'attaquera quelques années plus tard au remake de Vendredi 13). Un remake qui s'avère être un très bon film, le meilleur, et de loin, depuis le premier film de Tobe Hopper. On y apprécie la participation de R. Lee Ermey, cet ancien instructeur des marines, dont la prestation pour le rôle du Sergent instructeur Hartman dans Full Metal Jacket restera à jamais dans les mémoires. On le retrouvera 3 ans plus tard dans Massacre à la tronçonneuse : le commencement.

Oui, car pour continuer à produire, après la solution A, le remake, la solution B, le retour aux sources. Ce sera fait avec Massacre à la tronçonneuse : le commencement, en 2006. Réalisé par Jonathan Liebesman (depuis, The Killing Room et World Invasion : Battle Los Angeles), ce prequel, il faut bien l'avouer est un très bon film d'horreur-épouvante-qui-fait-sursauter. Le film est centré sur Leatherface, avec son enfance, puis ses débuts à la tronçonneuse.

Pour la suite, on attend prochainement un Leatherface 3D (2012) et Massacre à la tronçonneuse 3D, tous deux dirigé par un certain John Luessenhop (auteur de deux bons films Lockdown (2000) et Takers (2010)).

A noter que Tobe Hooper, créateur et réalisateur des 2 premiers épisodes, sera également co-scénariste du MALT : Nouvelle Génération et du remake, et co-producteur du MALT : Le Commencement.

La Planète des singes. Voilà une histoire qui remonte à 1968, avec le film La Planète des singes (Planet of the Apes), tout simplement. Du moins au cinéma, car La Planète des singes est l'adaptation du livre éponyme, signé Pierre Boulle (également Le Pont de la rivière Kwai). Ce film de science-fiction de Franklin J. Schaffner (Patton, Papillon, Ces garçons qui venaient du Brésil) connaît un succès fou, avec des recettes de 32 mio de dollars, pour un budget inférieur à 6 mio. En haut de l'affiche,  Charlton Heston, déjà une star, avec des films comme Les Dix commandements ou Ben-Hur.

Avec cet énorme succès (amplement mérité), les suites s'enchaînent immédiatement avec Le Secret de la planète des singes (1970), Les Evadés de la planète des singes (1971), La Conquête de la planète des singes (1972), et La Bataille de la planète des singes (1973). 4 films en 4 ans, c'est fort. Mais, imperceptiblement, la saga s'essouffle et l'intérêt du public également. Le deuxième manque de crédibilité mais les décors sont magnifiques. A la fin du deuxième, tout aurait dû se terminer, mais les scénaristes s'en sorte pour arriver au numéro trois. Celui-ci apporte une touche d'humour. Le quatre est une sorte de Spartacus transposé, où les singes sont les esclaves et les humains les tyrans. Il dénonce la cruauté humaine. Le cinquième et dernier volet de la saga est l'épisode de trop, ou du moins celui qui scelle définitivement la fin. A noter que Pierre Boulle a arrêté de participer au scénario après le deuxième épisode, alors que Paul Dehn fut scénariste sur les quatre suites.

Il faudra ensuite attendre un peu moins de 30 ans pour voir un nouvel épisode à la saga. Entre temps, une série, plutôt agréable à suivre, mais qui ne casse pas des briques, est produite le temps d'une saison (44 épisodes). L'année suivante, c'est un dessin animé qui est lancé. Puis donc, en 2001, Tim Burton reprend le flambeau et réalise un remake de La Planète des singes. Des projets de Peter Jackson et James Cameron avaient vu le jour dès la fin des années 80, mais n'avaient pas abouti. Le remake de Tim Burton est un gros succès au box-office, avec des recettes dépassant les 180 moi de dollars (pour un budget de 100 moi de dollars). En plus d'un casting excellent, un amusant clin d'œil au film de 1968 : un caméo de Charlton Heston en singe n'aimant pas les armes (lui qui faisait partie de la NRA, la National Rifle Association…).

Arrive 2011 et La Planète des singes : les origines, de Rupert Wyatt (2ème long métrage après le bon Ultime évasion). Au box-office, le succès est au rendez-vous. Un peu en retrait après 3 semaines, par rapport au film de Tim Burton, il a cependant de grandes chances de le dépasser (sur la ligne de départ, Tim Burton avait l'avantage d'avoir un public acquis). On retrouve au casting Andy Serkis, encore une fois masqué, Tom Felton (Drago Malfoy dans les Harry Potter), James Franco (Aron Ralston dans 127 heures de Danny Boyle), Freida Pinto (Latika de Slumdog Millionaire), John Lithgow (le méchant dans Cliffhanger ou le Dr. Emilio Lizardo dans Les Aventures de Buckaroo Banzaï à travers la 8e dimension), ou encore Brian Cox (Agamemnon dans Troie, Argyle (le grand costaud), dans Braveheart, Dr. Hannibal Lecktor dans Le Sixième sens).

En 2011, dans la bande-annonce de Paranormal Activity 3, on ose nous appâter avec un vulgaire "comment tout a commencé". Après le ridicule Paranoral Activity (2007), puis la suite Paranormal Activity 2 (2010), que je n'ai même pas eu envie de voir, et j'ai semble-t-il bien fait, comment a-t-on pu oser réaliser un troisième ? Le pire c'est que chaque film est l'œuvre de réalisateurs différents. On pourrait comprendre que le même réalisateur s'enfonce dans son erreur, étant persuadé qu'il fait des merveilles que le public ne comprend pas. Mais là, on a plus de mal à comprendre pourquoi ils s'y mettent à plusieurs, pour faire plonger une histoire partie des profondeurs des océans, dès ses débuts. Pour ne pas les nommer, dans l'ordre chronologique : Oren Peli, Tod Williams et le duo Henry Joost/Ariel Schulman. Mais attention, on ne va pas condamner les deux derniers avant d'avoir vu ce Paranormal Activity 3. Car il n'y a pas de raisons, cette réalisation est une première pour ce duo qui pourrait nous surprendre.

Avec X-Men, c'est carrément interminable, mais c'est un peu normal puisque c'est tiré de comics et que les comics, ben y'en a beaucoup. On a donc X-Men Origins: Wolverine, X-Men: Le Commencement et bientôt X-Men Origins: Magneto etX-Men Origins : Deadpool. Bref, il faudra bientôt avoir un fichier Excel pour s'y retrouver dans la chronologie.

Pour finir, en 2000, John Fawcett réalise Ginger Snaps , l'histoire de deux sœurs, dont l'une se transforme en loup-garou, après avoir été mordue par une bête. Quatre ans plus tard sont produits Ginger Snaps : Resurrection (Brett Sullivan, 2004) et un prequel Ginger Snaps : Aux origines du mal (Grant Harvey, 2004). Je ne peux affirmer ou infirmer, n'ayant pas vu, mais la trilogie semble avoir reçu un relativement bon accueil du public.

Prochainement sera réalisé The Thing. Ce qui devait être un remake de l'excellent film de John Carpenter, sera finalement un prequel. Les producteurs pensaient ne pas pouvoir surpasser l'œuvre originale. Une telle humilité est tout à leur honneur.

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Published by Dr-Strangelove - dans Thèmes
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