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"David Lynch sait si bien raconter des histoires que parfois on a l'impression qu'il en raconte une, alors que ce n'est pas le cas" Roman Polanski

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2 août 2012 4 02 /08 /août /2012 22:59

KING KONG : 1933 vs. 2005

Deux films à deux époques séparées de plus de 70 ans. On passe alors d'un budget d'environ 670'000$ pour le premier à environ 207'000'000$ pour le second, soit 309 fois plus. Plus de moyens financiers signifient aussi plus de moyens techniques pour raconter plus d'histoires. C'est ainsi que l'on passe de 100 minutes pour l'original à 187 minutes pour le remake.

 

4/5 - KING KONG (1933)

En 1933, Merian C. Cooper et Ernest B. Schoedsack mettent en scène King Kong, qui, encore aujourd'hui, fait partie des grands classiques du fantastique. King Kong est un film au bestiaire impressionnant, qui ne se résume pas au grand singe, et qui nous entraine dans un monde sauvage et effrayant. Les effets spéciaux sont excellents, pour l'époque évidemment, mais toujours aussi beaux à regarder actuellement. La moitié du temps, on voit au premier coup d'œil que les acteurs jouent devant des écrans, diffusant des images en arrière-plan. Cela permet, par exemple, de faire apparaître très simplement les héros devant un singe gigantesque.

Quant aux combats filmés en stop motion, ils sont d'une complexité qui laisse présumer les heures qui ont du être consacrées pour les monter. Le combat King Kong vs. Tyrannosaure, très brutal, fait penser à d'autres combats de géants tels qu'au Cyclope vs. Dragon du septième voyage de Sinbad (Nathan Juran, 1958), également réalisé en stop motion, ou de Mega Shark vs. Giant Octopus (non, je déconne).

A part cela, du point de vue sociologique, King Kong reflète parfaitement le machisme de l'époque. La femme tient un rôle purement décoratif. En fait pas tout à fait. Elle symbolise la faiblesse, la "belle", fragile créature qui s'oppose à la bête. On retrouve cette symbolique dans L'étrange créature du lac noir (Jack Arnold, 1954), par exemple. La belle Kay (Julie Adams) fait partie de l'expédition, mais ne participe en rien aux investigations. La scène principale pour Kay est celle où elle nage dans le lac, avec le Gil-man qui nage juste en-dessous d'elle. La scène est magnifiquement filmée et parfaitement terrifiante. Il faut dire que la créature, le Gil-man, est spécialement crédible, le costume étant vraiment bien fait. Les scènes sous-marines du film sont superbes, au point qu'on regrette un peu la couleur à ces moments-là.

Pour en revenir au machisme ambiant, celui-ci est totalement naturel à cette époque et le sera encore de longues années. Aujourd'hui la femme symbolise encore parfois la faiblesse, même si cela tend à disparaître.

Pour finir, King Kong, c'est aussi les yeux de Kong, exprimant une tristesse totalement bouleversante, reste gravée dans la tête de ceux qui ont vu le film.

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3/5 - KING KONG (2005)

En 2005, Peter Jackson, le célébrissime réalisateur de la trilogie du Seigneur des annaux, mets en scène un remake. Comme dit plus haut, plus de budget et plus de longueur pour ce remake, mais à part ça, c'est bien la même trame de fond. Enfin, à quelques détails près.

L'histoire débute dans les années 30, à New York, avec la rencontre d'un cinéaste et d'une actrice sur le déclin. Dans le 1933, Ann Darrow (Fay Wray) est une actrice au chômage, sans le sou. Dans le 2005, même chose, mais la situation du personnage est plus développée. Ann Darrow, cette fois interprétée par Naomi Watts, cherche à passer au cinéma, lorsque sa carrière au théâtre semble désormais compromise. La rencontre des deux personnages est quand à elle reprise à l'identique par Peter Jackson, avec l'épisode de la pomme volée.

Le réalisateur, c'est Carl Denham. Dans l'original, Denham (Robert Armstrong) veut dépasser ses reportages habituels en ajoutant de la romance. Mais il peine à trouver une actrice qui osera faire le voyage vers les contrées sauvages qui compte visiter. Dans le remake, Carl Denham (Jack Black) n'arrive plus à séduire les producteurs. Il organise tout de même son voyage, sans obtenir leur accord, et à moins d'une heure pour trouver une actrice. Il tombe alors sur Ann Darrow. Dans les deux cas, Denham veut se rendre sur une île, l'île du crâne, inexplorée et dont il a obtenu la carte lors de son dernier voyage.

Une histoire d'amour va en effet prendre forme dans le film, mais l'homme qui tombe amoureux d'Ann va singulièrement changé d'un film à l'autre. A l'époque, elle réussissait à adoucir le second du bateau, John Driscoll (Bruce Cabot), qui à la base ne voulait pas de femme sur son navire, les trouvant ennuyeuses et encombrantes. Dans le nouveau, Ann Darrow tombe sous le charme de Jack Driscoll (Adrien Brody), peut-être le frère de John, écrivain de pièces de théâtre.

Au finale certaines choses sont totalement modifiées alors que d'autres sont inchangées. Par exemple l'accent asiatique stéréotypé du cuisinier asiatique, dont la reprise tient plus du clin d'œil que d'autre chose. Comme la scène que joue Ann et l'acteur Bruce Baxter (Kyle Chandler) sur le bateau, pendant l'allé du voyage. Ils interprètent alors les dialogues presque identiques d'une scène du film de 1933.

Naomi Watts est parfaite pour reprendre le rôle d'Ann Darrow, on la croirait toute droite sortie des années 30. Par contre ce n'est de loin pas le rôle qui montre le mieux ses talents d'actrice.

Kong est lui interprété par Andy Serkis. Serkis avait déjà joué "masqué" dans ses interprétations de Gollum, déjà sous la direction de Peter Jackson. Il a remis le masque depuis, en 2011, pour interpéter Ceasar (La Planète des singes) et le Capitaine Haddock (Les aventures de Tintin: Le secret de la licorne). Cependant, celui-ci à cette fois l'occasion de montrer son visage puisqu'il joue également le rôle d'un marin. On le retrouvera le 12/12/12 pour la sortie de Bilbo le Hobbit. Il y reprend son rôle de Gollum et à participé à la réalisation en tant que réalisateur de la seconde équipe.

Pour en revenir au film, les millions investis dans le film ne sont pas vint, même si la version originale prouve qu'ils ne sont pas indispensables. Les décors et les créatures, tout est boosté par des effets spéciaux magnifiques et nous en met plein les yeux. On peut même dire que ceux-ci ont été utilisés avec parfois un peu trop de zèle. Paradoxalement, seul Kong ne bénéficie pas vraiment des effets spéciaux numériques. Son regard, si prenant à l'origine, perd même de son éclat. Par contre le bestiaire monstrueux en bénéficie par sa diversité et son réalisme. La fuite des diplodocus est par exemple très impressionnante. Ce King Kong devient un prétexte pour créer un monde fantastique aux milles créatures bizarres et effrayantes, mythologiques, jurassiques ou autres totalement imaginaires. Le résultat est visuellement très agréable, mais on s'éloigne par moment de la trame de base. Parfois les scénaristes se sont même laissé aller à la surenchère, comme lorsque Kong doit affronter pas un, ni deux, mais trois tyrannosaure. Parfois, c'est la fantaisie américaine qui prend le pas, comme lorsque Naomi Watts fait l'andouille en improvisant des pas de danse devant le primate. Celui-ci en est d'ailleurs très amusé!

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Published by Dr-Strangelove - dans Critiques 3 -5-5
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