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25 janvier 2012 3 25 /01 /janvier /2012 22:08

2,5/5 - CRIMES OF THE FUTURE (Spécial et conceptuel)

Crimes of the future (1970), est le deuxième long-métrage de David Cronenberg après Stéréo (1969). Ce film se situe à l'orée du long-métrage, avec une durée de 70 minutes. La conception de Crimes of the future est carrément artisanale, tout comme dans Stéréo. Quelques amis en guise d'acteurs, dont plusieurs déjà présents dans Stéréo, pas de prise de son, mais uniquement des bruits et le commentaire ajouté d'Adrien Tripod, et un Cronenberg homme à tout faire (scénariste, producteur, réalisateur, …). Adrien Tripod est interprété par Ronald Mlodzik, déjà vu dans Stéréo, et qui aura encore un petit rôle dans Frissons et Rage. 

Dès le début, on aborde le thème de l'identité de l'homme. Le docteur Tripod parle de sa réincarnation actuelle, générée par un dermatologue fou, Antoine Rouge. L'hôpital psychiatrique accueillait au préalable une clientèle riche victimes de problème de peau, provoqués par des produits cosmétiques modernes : la transformation de l'homme avec l'aide de la technologie, et ses effets.

L'histoire continue ensuite sur les thèmes de la maladie et de la mutation. Tripod explique que Rouge a attrapé une maladie, "la maladie de Rouge", et que depuis, des organes étranges, sans utilités apparentes, lui poussent sur le corps. Cette maladie est également à l'origine de la mort de milliers de femmes. Les références sexuelles sont presque toujours présentes chez Cronenberg. Crimes of the Futures n'y manque pas. Aussi bien dans l'attrait sensuel dégagé par le malade du début du film, que dans la technique de soin par les pieds, abordée plus tard, qui mène à la jouissance. Les allusions sexuelles sont multiples, dans ce film ou la présence féminine est réduite à une unique fillette.

Dans cet hôpital, comme partout ailleurs, on se sait pas trop qui est le plus fou, entre l'unique patient, les deux stagiaires du personnel, ou encore le directeur, qui narre les événements sur un ton monocorde, récitant une longue litanie sans émotion. Pas de dialogue pour ce film, mais uniquement le commentaire peu expressif de Tripod, faisant penser à un scientifique énonçant les résultats d'une expérience, listant des observations faites sur sa propre existence, parlant de lui tantôt à la première personne, tantôt à la troisième. Mais Tripod ne serait-il pas qu'un énième fou, souffrant de délires paranoïaques, comme lorsqu'il dit avoir été invité dans une conspiration de pédophiles hétérosexuels ? On retrouve des thèmes chers au cinéaste, lorsque Tripod, dans cette secte, rencontre le gourou, qui suggère une nouvelle sexualité pour l'homme, sur la base d'une évolution biochimique génétique. Au final, Adrien Tripod, n'est-il pas tout simplement Antoine Rouge devenu fou ?

Dans ce film au rythme très lent, Cronenberg joue énormément avec les bruits, les sons, tantôt dérangeants, tantôt intrigants. Cronenberg nous montre toute l'importance des sons dans la perception de l'image. On reconnaît le style de Cronenberg, par les thèmes abordés, par l'ambiance, et l'étrangeté générale de l'histoire. Attention tout de même, c'est un film très conceptuel qu'il réalisait à l'heure de ses débuts. Rien à voir avec les œuvres majeures qui suivront, et bon nombre d'adeptes du grand cinéaste n'apprécieront que modérément Crimes of the Future. Certains le qualifieront même de masturbation intellectuelle.

Crimes-of-the-future.jpgCrimes-of-the-future-2.jpg

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Published by Dr-Strangelove - dans Critiques 2 -5-5
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