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"David Lynch sait si bien raconter des histoires que parfois on a l'impression qu'il en raconte une, alors que ce n'est pas le cas" Roman Polanski

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7 mars 2012 3 07 /03 /mars /2012 12:46

3/5 - THE ARTIST (Retour aux bases)

Intéressé par The Artist bien avant le début de la campagne de festivals, et des récompenses qui en découlent, j'ai pourtant attendu que le raz-de-marée soit passé pour aller le voir. Ceci sans raison objective.

J'ai tout de suite été intéressé par le film pour son concept, qui dénote d'un certain culot, et se distingue par son originalité. En plein boum de la 3D, il n'y en avait pas beaucoup pour avoir l'idée de réaliser un film muet en noir blanc, puis d'oser la mettre  à exécution. Michel Hazanavicius l'a fait. Il est même allé plus loin. Il réalise un film muet, qui raconte la manière dont un acteur vit la transition entre le cinéma muet et le parlant. Une idée astucieuse.

Un film sans dialogue doit forcément s'appuyer sur d'autres éléments : le jeu des acteurs, leurs expressions, les décors, la musique, etc.

Pas grand-chose à reprocher aux acteurs. J'ai craint, après les premiers instants, lorsque Dujardin fait l'andouille devant le rideau, que leur jeu ne tombe dans la caricature, pour trop marquer ce retour au muet. Et puis non. La performance est maitrisée. Car on peut réellement parler de performance. Il est sans doute beaucoup plus difficile de faire passer des émotions, de raconter un récit, sans pouvoir parler.

On a beaucoup parlé de Jean Dujardin, sans doute parce qu'on le connaissait mieux au départ, mais c'est sur le couple Dujardin-Béjo que tient le film. La performance de l'un n'est rien sans celle de l'autre. D'ailleurs, si Jean Dujardin a eu l'Oscar du meilleur acteur, Bérénice Béjo a obtenu le César de la meilleure actrice. Le César passa en effet sous le nez de Dujardin au profit d'Omar Sy, pour sa prestation dans le film Intouchables. The Artist marque la deuxième collaboration entre le trio Hazanavicius-Dujardin-Béjo, après OSS 117: Le Caire, nid d'espions (2006) 

En second plan, c'est avec plaisir qu'on voit évoluer deux têtes bien connues du cinéma hollywoodien. John Goodman (Barton Fink, O'Brother, Big Lebowski, Dans la brume électrique), et James Cromwell (L.A. Confidential, La Ligne verte, The Queen, la série TV Six Feet Under). Et n'oublions pas le chien, amusant, parfois touchant.

Au final, Dujardin et Béjo sont les deux seuls acteurs français du film. D'ailleurs le fait que le film soit muet n'était-il pas une rare chance pour un film français, ou non anglophone, de décrocher un Oscar ? Car il est difficile de juger un film lorsqu'on est forcé de suivre des sous-titres. On imagine mal Jean Dujardin obtenir l'Oscar si il avait dû parler l'anglais avec son accent. En réalité c'est tout de même ce qu'il a fait, puisque le film a été tourné en anglais.

Quant aux décors, j'estime qu'ils donnent parfaitement l'illusion d'un film des années 30. Autre élément capital, la musique est belle, juste, en accord avec l'histoire et en cohérence avec l'image.

Quand à l'histoire, rien d'extraordinaire, de transcendant. Une histoire d'amour plutôt classique, mais bien jouée, bien tournée. The Artist est un ensemble d'éléments simples qui globalement donne un beau film. Mais au final, on se dit que c'est l'originalité qui a donc été récompensée. Car, il faut bien l'avouer, avec des dialogues The Artist n'aurait été qu'une banale histoire romantique, sans grand intérêt.

The-Artist-2.jpgPour rappel, The Artist n'a obtenu pas moins de 5 Oscars (acteur, film, réalisateur, costumes, et musique), 6 César (film, réalisateur, actrice, musique, décors, photo), Le prix d'interprétation masculine à Cannes, 7 BAFTA (British Academy of Film and Television Arts), et 3 Golden Globe. A noter que le succès de The Artist outre-Atlantique n'ouvrira sans doute pas encore les portes d'Hollywood à Jean Dujardin. A l'entendre sur le tapis rouge amenant à la cérémonie, obligé de constater que amélioration de son anglais s'avérerait nécessaire, avant de rejoindre un Vincent Cassel, par exemple.

Quant à Michel Hazanavicius, impossible de prévoir ce qu'il va nous réserver. Il a commencé sa carrière avec des films complètement barrés, en nous faisant rire aux larmes, et en implantant dans le langage collectif une série de répliques cultes : Derrick contre Superman, suivi de La Classe américaine. Deux films qui consistent en un montage de scènes de différentes vieilles séries TV pour le premier, et de classiques du cinéma hollywoodien pour le second, sublimées par des doublages hilarants. Une des grandes forces de La Classe américaine est d'avoir repris des doubleurs à la voix emblématique pour toute une génération. Il réalise son premier vrai long-métrage avec la comédie Mes Amis. Puis, il réalise deux épisodes d'OSS 117, comédies d'espionnage qui mettent en scène le "James Bond" français, interprété par Jean Dujardin (comédies pas spécialement drôle, si ce n'est un ou deux bons dialogues). Puis, après l'ultime consécration The Artist, il participe au projet Les Infidèles, en réalisant une partie de ce film à sketch traitant de… l'infidélité masculine. On attend de voir ce que vaut sa partie, car il faut bien l'avouer, la bande-annonce laisse présumer un niveau global relativement bas.

The-Artist-4.jpgThe Artist

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Published by Dr-Strangelove - dans Critiques 3-5
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